
Situé à la place El Tahrir, ce musée se trouvait au début à Boulac, où il était fondé en 1858, L'actuel Musée égyptien fut conçu en 1896 d'après les plans de l'architecte français Marcel Dourgnon dans un style néo-classique qui s'adapte aux monuments anciens et classiques mais qui ne rivalise pas avec l'ancienne architecture égyptienne toujours existante.
Les galeries internes sont spacieuses et les murs élevés. La lumière du jour entre dans cet édifice à travers des panneaux en verre placés au plafond et à travers les fenêtres du rez-de-chaussée. La partie la plus haute de ce musée est l'atrium central où les monuments furent installés comme dans les anciens temples égyptiens. Les plans de ce bâtiment en T ont pris en considération la possibilité d'ultérieurs agrandissements. De plus, ils permettent aux visiteurs de déambuler de manière relativement fluide entre les diverses galeries.
Les objets sont répartis sur deux étages principaux. Au rez-de-chaussée se trouvent les monuments lourds tels que les statues, les sarcophages, les stèles et les reliefs muraux. Au premier étage, des expositions thématiques nous présentent, entre autres, des manuscrits, des statues de divinités, des momies royales, des objets de la vie quotidienne, des portraits de momies, des sculptures inachevées, des statuettes et vases gréco-romains ainsi que des objets destinés à être utilisés dans la vie après la mort.

Ce masque fait partie d'un cercueil momiforme en bois doré du roi Amenemopé.
Il se compose d'épaisses feuilles d'or modelées d'après les traits du visage du roi. Le visage rond d'Amenemopé est surmonté d'un uræus, ou cobra royal, fixé sur son front.
Le long corps sinueux du cobra descend depuis le haut de la coiffe avant de relever la tête. Ce serpent est en or massif incrusté de pierres rouges et de turquoises bleues. Les pupilles, les sourcils et le contour des yeux du roi sont en bronze.
Dimensions : Hauteur 56 cm Largeur 48 cm
Statue de Toutânkhamon tenant l'insigne d'Osiris
Cette statue est une des six statues qui a survécu parmi onze autres figures en grés de Osiride attribuées à Toutânkhamon. Elles étaient érigées il y a longtemps face au somptueux sphinx à tête de bélier qui pavaient l'avenue à partir du dixième pylône de Karnak jusqu'au temple Mut dans une zone proche.
Les statues du roi suggéraient le respect du dieu et sa protection. Cette statue représente le roi, ses bras croisés sur sa poitrine, tenant l'insigne d'Osiris, dieu des morts, le sceptre Heka et le fléau Nekhekh de dignité. Le roi porte le Nemès, étoffe en lin sur la tête, qui laisse ses oreilles découvertes afin d'écouter les prières.
Dans cette sculpture, le roi est identifié au dieu Osiris, sous sa protection. Il pourra ensuite partager les offrandes et les prières accordées au dieu.
Des centaines de statues en pierre et des milliers de statuettes en bronze ont été retrouvées dissimulées pendant trois millénaires dans une cachette dans la cour du septième pylône de Karnak. Parmi elles, quelques sculptures arrondies représentant le jeune roi Toutânkhamon ont été retrouvées.
Dimensions : Hauteur 64 cm
Naos de Nectanebo Premier avec le dieu Horus
Ce naos de Nectanebo Premier est une oeuvre d'art taillée dans un seul bloc de granit. Le dessus de ce naos est en forme de pyramide et une statue du dieu faucon Horus se tient debout à l'intérieur.

Le symbole du disque solaire protecteur apparaît à la fois sur le devant de la partie supérieure du naos et sur le cadre sous la pyramide. Des deux côtés, des colonnes de hiéroglyphes sont gravées et indiquent les noms et les titres du roi Nectanebo Premier, en commençant par le nom de Horus.
Dimensions : Hauteur 152 cm Longueur 76 cm Largeur 76 cm
Coupe aux motifs semi-circulaires
Cette coupe rouge finement décorée et polie est ornée d'un motif intéressant. La décoration, qui encercle la partie supérieure de la coupe, se compose d'un motif répétitif simple composé de demi-cercles.
Les motifs semi-circulaires sont séparés par les lignes verticales relativement larges. Les contours sont en noir et les espaces entre eux sont peints en blanc.
Dimensions : Hauteur 9 cm
Innovateurs et artisans qualifiés
De la construction des gigantesques pyramides aux détails soigneusement incrustés des vases décoratifs, les anciens Egyptiens relevèrent les nombreux défis de la vie quotidienne. Pour ce faire, ils développèrent des innovations à la fois pratiques et esthétiques. Admirez quelques exemples de leurs réalisations dans des domaines tels que les arts décoratifs, la guerre, les communications et la mesure du temps.
Décoration et production du verre
Les Egyptiens décorèrent les murs des galeries souterraines du complexe funéraire de Djéser (troisième dynastie) avec des carreaux de faïence.
Ils réalisèrent également des statues, des vases et des amulettes à partir de faïence colorée. De plus, les reliefs et les décorations des murs ainsi que les pièces de mobilier étaient incrustés de fritte ou de pâte de verre colorée.
La fritte est un mélange obtenu par fusion de différents matériaux utilisés dans la préparation du verre. Dans un premier temps, les vases en verre polychrome, ou multicolore, furent vraisemblablement fabriqués en Syrie. En effet, au début du Nouvel Empire, ils étaient rapportés en tant que cadeaux offerts par d'autres nations aux souverains égyptiens ou échangés contre des produits égyptiens.
Toutefois, les Egyptiens parvinrent rapidement à fabriquer ces vases en verre polychrome dans leurs propres ateliers. Réalisés d'après les techniques importées des pays étrangers, les vases arboraient les mêmes motifs.
La mesure du temps dans l'Egypte ancienne
Afin de définir la période des cultures et des moissons, les anciens Egyptiens s'intéressèrent au cycle annuel des saisons.
En outre, pour certains individus, le temps revêtait une importance encore plus grande. En effet, les astronomes et les prêtres devaient déterminer l'heure exacte des rituels journaliers et des fêtes religieuses. Les cadrans solaires, quant à eux, permirent aux astronomes et aux prêtres de calculer l'écoulement de douze heures. Toutefois, ce type de cadran ne pouvait être utilisé pendant la nuit.
Heureusement, à l'époque du roi Amenhotep trois, Amenemhet inventa la première horloge à eau. Cette dernière permit de mesurer l'écoulement de douze heures, et ce de jour comme de nuit, tant en hiver qu'en été.
Produire du feu
Les Egyptiens furent l'un des premiers peuples de l'ancien monde à produire du feu. D'ailleurs, bon nombre d'éléments datant du début de l'époque prédynastique étayent cette théorie : des restes de pains et de divers autres aliments cuits au four furent retrouvés. On découvrit même des traces d'argile destinée à la fabrication de poteries.
L'allume-feu, quant à lui, était l'un des outils les plus intéressants. Afin de produire du feu, un individu devait faire tourner un morceau de bois à vive allure dans des trous contenant de la résine. Pour ce faire, il se servait de ses mains ou d'un arc muni d'une lanière. Ainsi, la friction résultant de la rotation du bois dans le trou provoquait des étincelles. Ces dernières étaient alors dirigées grâce à une fente verticale vers du petit bois qui s'enflammait.
Les travaux des architectes de l'Egypte ancienne
Les architectes de l'Egypte ancienne étaient appelés « chefs de construction ». Ils étaient experts dans la conception de grands bâtiments religieux, funéraires et municipaux.
Les plus célèbres d'entre eux sont notamment : Imhotep pour les pyramides à degrés, Hem-iunu pour la grande pyramide de Gizeh et Senenmout pour le site de Deir el-Bahari. On peut également citer Inemi, architecte de Thoutmosis Trois, et Amenhotep, fils de Hapou, responsable des constructions à Thèbes au cours du règne d'Amenhotep Trois.

Outre les monuments qui nous sont parvenus, des ébauches de plans de maisons et de tombes furent mises à jour. Elles étaient dessinées sur les murs des temples et des tombes. On retrouva également deux ébauches de plans dessinées sur du papyrus et sur des éclats de pierre. Toutes deux témoignent de la précision du travail des architectes.
En outre, le plan de la tombe de Ramsès Quatre fut réalisé sur une seule pièce de papyrus. Cette dernière se trouve actuellement au musée égyptien de Turin, en Italie. Par ailleurs, les éléments architecturaux, les couleurs et les légendes relatifs aux dessins de cette tombe furent représentés avec minutie sur le papyrus.
Le mobilier de Toutânkhamon
Des lits pour l'usage quotidien, pour les cérémonies ou les rituels, des lits pliants ou de camps, des chaises et des tabourets de différentes formes et dimensions et, pour des occasions spéciales, des coffres, des pots, des tables et des repose-pieds furent retrouvés en grand nombre dans la tombe de Toutânkhamon.
Même une boîte à perruque en bois contenant une tête de mannequin sur laquelle on plaçait la perruque, faisait partie des objets de valeur. Plusieurs genres de bois, local et importé, recouvert et doré, furent utilisés. Les meubles furent fabriqués à l'aide de techniques avancées.
Des boîtes en bois et d'autres articles étaient incrustés d'ivoire de couleur naturelle ou teinté, de pierres semi-précieuses et de pâte de verre, ou décorées à l'aide de reliefs incisés remplis de frittes colorées sur du bois. La fritte est un mélange obtenu par fusion de différents matériaux utilisés dans la préparation du verre. Les surfaces furent également décorées à l'aide de techniques de dorure et d'argentage, ainsi que de reliefs incrustés de feuilles d'or. Des images et des symboles furent créés sur bois à l'aide de la technique ajourée. Cette dernière permet de réaliser des décorations contenant de nombreuses ouvertures, généralement en forme de motifs.
Des charnières en cuivre et en bronze furent utilisées pour les couvercles, les portes, les lits pliants et les baldaquins pliants en bois.
Les éléments du mobilier furent assemblés à l'aide de tenons, ou projections, et de mortaises, ou cavités, ainsi qu'avec des épingles en bois, en cuivre ou en bronze. Des tabourets furent fabriqués suivant un style original imitant des tabourets pliants mais avec des pieds rigides ornés de têtes de canards aux extrémités.
Des sièges et des lits furent recouverts de nattes en roseaux ou en lin.
Certains coffrets et certaines boîtes disposaient de barres latérales en bois et de poignées rétractables afin de faciliter leur transport.
Parasol pliant
Au début de l'Ancien Empire, les hauts fonctionnaires étaient habitués à ce que des serviteurs portent des parasols afin de les protéger de la chaleur du soleil.
Ce parasol se composait d'un grand bâton et d'un auvent pliant en bois sur lequel reposait une couche de tissu ou des planches en bois léger.
Le serviteur ajustait le parasol de manière à protéger le haut fonctionnaire de la chaleur de l'astre incandescent.
L'écriture
Bien avant le trentième siècle avant notre ère, les Egyptiens avaient commencé à utiliser une écriture picturale pour transcrire d'une façon simple ce qu'ils pensaient et disaient.
Ils n'avaient pas recours à un alphabet. Ils utilisaient des signes phonétiques et des idéogrammes, c'est-à-dire des images incarnant des concepts, pour expliquer des éléments de leur environnement, comme des humains et des animaux, des plantes et des arbres, des corps célestes, des meubles et des bâtiments, ainsi que des outils sacrés et profanes et des emblèmes.
Les mots n'étaient pas séparés. Des déterminatifs étaient ajoutés afin de marquer la fin d'un mot et d'en faciliter la compréhension.
Les mots étaient écrits en groupes et dans des carrés, verticalement de haut en bas, ou horizontalement de gauche à droite, ou inversement, et suivant une disposition symétrique. Les Egyptiens utilisaient des plumes de roseau et écrivaient sur du papyrus. Ils utilisaient des encres noires et rouges sous forme de pains ou de poudre.
Quatre écritures anciennes étaient utilisées. La première était les hiéroglyphes, ou gravure sacrée, une écriture picturale inscrite sur les parois des temples et des tombeaux. Les signes étaient écrits artistiquement, très détaillés, et sont faciles à reconnaître. L'écriture hiéroglyphique fut utilisée à partir du début de l'ère dynastique.
La deuxième écriture était appelée hiératique. Il s'agissait d'une écriture sacrée rapide et cursive. Elle était principalement tracée sur du papyrus par les prêtres dans les textes religieux et funéraires. Elle était également utilisée dans les lettres, les textes littéraires et les documents commerciaux. Elle fut utilisée à partir de l'Ancien Empire.
La troisième écriture était appelée démotique. Il s'agissait de la plus cursive et la plus rapide. Elle était utilisée dans tous les types de documents au cours des périodes pharaoniques et gréco-romaines ultérieures. L'écriture démotique fut utilisée du neuvième siècle avant Jésus-Christ jusqu'au quatrième siècle après Jésus-Christ.
La quatrième écriture était le copte. Elle fut utilisée à partir du quatrième siècle avant Jésus-Christ. Il s'agit de la dernière utilisée pour écrire la langue de l'Egypte ancienne au cours des périodes suivantes. L'écriture copte se basait sur l'alphabet grec. Sept caractères dérivés de l'écriture démotique furent ajoutés pour exprimer des valeurs phonétiques qui n'existaient pas en grec.
Armes provenant de la tombe de Toutânkhamon
Grâce aux nombreux objets artisanaux retrouvés dans la tombe de Toutânkhamon, nous en savons désormais davantage sur les armes égyptiennes utilisées au cours des cérémonies et en temps de guerre.
Parmi ces objets artisanaux, on trouve notamment des épées, des haches, des cimeterres, des arcs simples et doubles, des frondes, des flèches, des lances, des bâtons, des boucliers, des chars, des massues, des couteaux, des dagues et des trompettes.
Toutânkhamon est représenté au cours d'une bataille dans des scènes panoramiques en miniature. Par ailleurs, ces scènes sont peintes sur un coffre en bois découvert dans la tombe du roi.
Avant le Nouvel Empire, les types d'armes ainsi que leurs formes étaient limités. Souvent, il s'agissait de bâtons, de couteaux, de dagues, de haches, d'arcs simples, de flèches et de lances. Toutes ces armes étaient fabriquées en bois, en cuivre et en silex.
Cependant, après l'invasion des Hyksos et les nombreuses campagnes guerrières menées par Thoutmosis Trois, la fabrication des armes fut améliorée. Ainsi, les lames et les poignées en fer de roche et en bronze remplacèrent le cuivre. En outre, l'arc double, les chars tirés par des chevaux et d'autres objets originaires des régions de l'Asie occidentale furent adoptés.
Ces armes permirent de rétablir l'équilibre des forces dans l'ancien Proche-orient et ce, en faveur de l'Egypte.
Four à température variable
Ce four fonctionnait de manière particulière: un feu placé en dessous réchauffait la surface située au-dessus. La chaleur circulait à travers quatre trous alignés et à travers huit autres de forme circulaire. Ces huit derniers étaient de tailles et d'épaisseurs différentes.
Ces « différences » permettaient de faire varier la température d'une rangée et donc, d'obtenir la bonne température afin de cuire toute sorte d'aliments destinés aux offrandes.
Les outils de construction
Afin de bâtir des bâtiments religieux, militaires, funéraires et municipaux, les artisans de l'Egypte ancienne créèrent un grand nombre d'outils. Ceux-ci leur permirent d'exécuter à la perfection les tâches qui leur étaient confiées.
Des briques de boue furent aussi utilisées dans la construction des bâtiments. En outre, des outils tels que des niveaux, des fils à plomb et des équerres furent utilisés pour aligner verticalement ou horizontalement les murs des divers édifices. Par ailleurs, on retrouva certains de ces outils parmi le mobilier funéraire présent dans les tombes des chefs des ouvriers.
Foyers miniatures
La tombe en pierre sans inscription du chancelier Meketrê, qui appartenait à la onzième dynastie, fut découverte en 1919-1920 après Jésus-Christ, près du complexe funéraire de Mentouhotep Deux à Deir El-Bahari.
De magnifiques représentations en bois du foyer du chancelier furent réalisées en miniature afin de représenter ses différents ateliers, ses domaines, son jardin ainsi que ses navires et ses bateaux de pêche.
Ces miniatures furent placées dans le puits de la tombe pour servir le défunt dans l'au-delà.
La collection fut partagée entre le Musée égyptien du Caire et le « Metropolitan Museum » de New York.