Allocution du Président Moubarak devant le Groupe du Sahel et du Sahara 18/06/2008

Prononcé en son nom par M. Amin Abaza ministre de l'Agriculture et de la Bonification agricole.

Son Excellence Dr. Bonnie Yayi, président de la République du Bénin
Chers frères chefs d'Etat et de gouvernement

Mesdames et Messieurs

Je voudrais tout d'abord remercier Son Excellence le Président Dr. Bonnie Yayi et exprimer ma conviction que ce groupe sera en mesure de réaliser un grand succès au cours de son mandat Je voudrais également remercier le peuple du bénin pour l'accueil chaleureux qu'il m'a réservé.

Je désire également exprimer mes sincères remerciements au colonel Mouammar Al Gaddafi, commandant de la révolution libyenne qui a déployé d'énormes efforts pour réaliser la sécurité, la stabilité et la prospérité à nos peuples.
Je tiens surtout à vous féliciter pour le 10ème anniversaire de formation de notre groupe qui devenu actuellement l'une des principales institutions de l'Afrique.

Mesdames et Messieurs

Les mutations mondiales actuelles exigent que l'accélération de nos pas pour l'élaboration et l'exécution de nouvelles politiques et stratégies régionales et continentales pour affronter les effets néfastes de la hausse des prix des produits alimentaires.

Le continent noir est le plus touché par les retombées de cette crise dont les effets sont prévus se poursuivre dans les prochaines années car selon les estimations internationales le taux de la hausse des prix des céréales s'élèvera à plus de 74%, au moment où près de 33 millions d'enfants africains se trouvent priés de nourriture. Il est à noter que les États membres du groupe du Sahel et du Sahara sont ceux qui souffrent le plus des effets néfastes de la sécheresse et de la désertification au développement agricole.

Parmi les principaux facteurs qui ont contribué à l'aggravation de cette crise figurent:

Premièrement: La hausse continue des conditions de vie des peuples dans les Etats développés, et leur demandes croissantes de produits alimentaires.

Deuxièmement: La hausse des prix des produits pétroliers a provoqué évidement la hausse des frais de transport des produits agricoles des sites de production vers les centres de consommation, ainsi que la hausse des prix des engrais et des coûts de production.

Troisièmement: La baisse du volume des investissements dans le secteur agricole a causé la réduction du niveau de production agricole dans le monde entier.

Quatrièmement: La dépendance de la communauté internationale sur la production des biocarburants à partir de l'emploi des récoltes agricoles d'où la réduction du volume des récoltes mises à l'usage des êtres humains.

Cinquièmement: Retard de la communauté internationale dans la prise de fermes mesures pour réduire les effets néfastes du changement climatique qui ont causé la faiblesse du niveau des pluies, la désertification et la baisse du volume de production agricole mondiale, en particulier dans les pays en développement, les plus touchés par ce phénomène.

Mesdames et Messieurs

Dans mon allocution au Forum économique " Davos" et la Conférence de l'Organisation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture concernant la sécurité alimentaire mondiale et les effets néfastes des changements climatiques, j'ai demandé qu'un dialogue international soit effectué pour la prise de mesures sérieuses favorisant l'affrontement de cette crise et à tous les niveaux:

- Inciter les pays développés à assumer leurs responsabilités vis-à-vis des pays en développement, tout leur assurant des aides alimentaires en mesure de satisfaire leurs besoins et à des prix convenables.

- Encourager les agriculteurs africains à augmenter leur production agricole tout en leur assurant les procédés techniques nécessaires à la réalisation de cet objectif.

- Les groupes économiques régionaux doivent formuler et mettre en œuvre les stratégies et les programmes nécessaires à la progression de l'application et du soutien du plan de l'Union africaine pour accroître la productivité agricole du continent à 6% d'ici à l'an 2015.

- Assurer des mécanismes de financement adéquats au niveau international, continental et régional pour soutenir le secteur agricole du continent.

- Attirer davantage d'investissements en faveur du secteur agricole auquel s'engagent plus de 70% des peuples du continent, et qui contribue à environ 25% du PIB de l'Afrique.

- Développer la coopération des cadres et des stratégies agricoles et productives intégrées en s'appuyant sur les méthodes et techniques modernes qui s'adaptent aux conditions du continent africain, et à la mise en œuvre de programmes spécifiques pour le développement de l'infrastructure de base, et du secteur agricole.

Mesdames et Messieurs,

L'économie des pays africains n'est pas à la hauteur de l'économie mondiale, sachant que les exportations ne représentaient que 2,5% des exportations mondiales en 2004, alors qu'elles étaient de 9% en 1980, et les importations avaient atteint 2,2% des importations mondiales en 2004 contre 4,6 % en 1980, cette situation est incompatible avec la croissance économique réalisée par le continent et qui était de 5,4% dans les dernières années.

Je vous invite, par conséquent à développer nos relations économiques à travers une coopération plus forte dans le cadre des groupes économiques régionaux, ainsi que nos produits et nos industries par la mise en vigueur et le plus rapidement possible des résolutions prises au cours du dernier sommet de l'UA tenu à Addis-Abeba sur le développement industriel du continent, et de nous appuyer sur le soutien de nos partenaires dans le but de créer un climat approprié à l'amélioration de l'accès de nos produits sur les marchés mondiaux.

Nous accueillons les nouveaux mécanismes du dialogue entre l'Afrique et la communauté internationale, comme nous cherchons à renforcer les mécanismes du dialogue en cours avec les partenaires internationaux de l'Afrique, et de bien les orienter de manière à pouvoir réaliser les priorités actuelles du continent et à prendre dans l'avenir des mesures systématiques qui consolident ces cadres de partenariat et leur ajoutent de nouveaux en faveur d'une coopération stratégique solide tout en veillant à les enregistrer pour éviter la dispersions de nos efforts et de nos ressources.

Mesdames et Messieurs,

Le continent ravagé par les problèmes politiques, par les conflits armés et par les dangers du terrorisme, affronte de graves défis que nous devons surmonter, et qui exigent la concentration de nos efforts sur l'augmentation des taux de croissance, sur la hausse du niveau de l'enseignement et celui des soins sanitaires, aussi bien que les requis du processus de développement global. Il est donc important de travailler ensemble pour développer et soutenir les centres de formation, pour le maintien de la paix dans le continent à travers une coopération bilatérale ou multilatérale et au sein des Nations Unies et des groupes régionaux, et assurer des fonds aux missions africaines de maintien de la paix via les mécanismes africains et les institutions internationales, ainsi que le déploiement rapide de ces forces et l'exercice optima de leurs fonctions.

Ces paramètres sont basés sur le fait que les questions africaines, selon les statistiques des institutions internationales, occupent près de 60% de l'ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations Unies, ainsi que les relations stratégiques entre le succès des efforts de développement et l'instauration de la sécurité et de la stabilité en Afrique. Ces efforts ne porteront leurs fruits qu'après l'assurance de la stabilité désirée des pays et des peuples du continent, tel que le conçoit l'Egypte. L'Egypte a toujours œuvré en vue de créer les cadres stratégiques nécessaires à la coordination des efforts des pays africains et internationaux face aux zones de conflit et d'instabilité.

À cette fin, l'Égypte a lancé sa propre initiative portant sur l'élaboration d'un cadre de coordination et de consultation entre le conseil africain de paix et de sécurité et le Conseil de sécurité international pour activer les principes mentionnés dans la Charte des Nations Unies, dans l'Acte constitutif de l'Union africaine, dans le Protocole de paix et de sécurité, et les résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité sur la coopération avec les organisations régionales, et l'accord-cadre de coopération entre l'Union africaine et les Nations Unies.

Mesdames et Messieurs,

Au cours des dix dernières années, le groupe a œuvré selon un rythme actif pour réaliser ses objectifs. Je suis sûr que nous pourrons ensemble affronter les perspectives de l'avenir grâce à notre ferme détermination et à nos efforts sincères en faveur d'un meilleur avenir à nos peuples.

Que Dieu Le Tout–Puissant guide nos pas vers le bien de notre continent et celui de nos peuples!
Que la paix, la miséricorde et la bénédiction de Dieu vous soient agréées !

 
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