Mardi 13 Mai 2008

Allocution du Président Mohamed Hosni Moubarak

Enseignants et éminents savants,

Frères et sœurs,

Je m'adresse à vous à l'occasion de l'inauguration d'une conférence nationale importante… qui examine des problèmes ayant trait au présent et à l'avenir de la patrie, qui cherche à relever les défis réels qui menacent notre société et qui s'engage à promouvoir les stratégies de l'enseignement.

Nous nous élançons depuis des années vers cette voie, convaincus que l'évolution de l'enseignement représente un pilier de base à la réforme et au développement et un facteur vital à la renaissance de la patrie et une dimension de grande importance à la sécurité nationale de l'Egypte.

Vous vous rappelez qu'en l'an 2000, j'avais convoqué à une conférence nationale pour l'évolution de l'enseignement supérieur et en 2005 à une conférence similaire sur la recherche scientifique. Nous avons abouti à une stratégie nationale qui repose sur l'amalgame de deux concepts : favoriser l'enseignement et rehausser sa qualité… Nous nous sommes engagés à l'exécuter et nous avons réussi à réaliser de multiples acquis.

La réforme des divers cycles du système éducatif est un tout indivisible et un processus continu. La conférence nationale dont nous inaugurons les travaux aujourd'hui, intervient à temps pour parachever les acquis des deux autres conférences et pour traiter un des volets importants de ce système.

J'ai chargé le gouvernement de tenir une conférence sur la réforme de l'enseignement pré-universitaire et sa corrélation avec le développement de l'enseignement supérieur… Je l'ai appelé à exposer la question du (baccalauréat) objet de grave tension aux familles et sa relation avec la réforme du système actuel d'admission aux universités.

J'ai convoqué à la tenue de la conférence, convaincu du besoin urgent de cette évolution… qui doit répondre aux requis du secteur du développement économique, du progrès et de nos aspirations futures…un système évolué… qui assure de nouvelles promotions qualifiées, capables de satisfaire les nouveaux requis du marché de travail, qui jouissent d'habiletés qui les aident à affronter la concurrence à l'intérieur et à l'extérieur.

J'ai demandé au gouvernement de prendre en considération tous ces critères et de bien préparer cette conférence pour lui assurer tout le succès possible. J'ai fait le suivi de la coordination, entre les ministères de l'enseignement supérieur, de la force laborieuse, du commerce et de l'industrie et les représentants du secteur privé, les fédérations industrielles et les hommes d'affaires. J'ai également fait le suivi des discussions qui se sont déroulées au cours des séances d'audience y afférant… au Caire, à Alexandrie, à Assiout et autres.

Frères et Sœurs…

Cette conférence est tenue de diagnostiquer la situation déséquilibrée, de déterminer les démarches du développement requis pour les rectifier. D'ailleurs les causes qu'y sont exposées suscitent nombre de questions…
Le système actuel du baccalauréat et de l'admission aux universités a trop duré…
Ce système est-il en mesure de subvenir aux besoins actuels de notre société? Ce système correspond-t-il aux nouvelles données de la réalité égyptienne: ses besoins, ses défis et ses ambitions? Avons-nous un dispositif flexible capable de réaliser la complémentarité entre l'enseignement secondaire, technique et universitaire, et de relier les diplômés- vu leur nombre et leur spécialisation- au marché du travail?

Ce système est-il favorable aux détenteurs du baccalauréat de poursuivre leurs études supérieures plusieurs années plus tard?

Le pourcentage demeure-t-il le seul critère d'admission à l'enseignement supérieur? Ce critère reflète-t-il les facultés, les talents et les tendances de nos fils?

Il est à noter que 37% des détenteurs du certificat du cycle préparatoire adhèrent à l'enseignement secondaire et que 70% d'entre eux s'orientent vers les études littéraires et 30% seulement vers les études des sciences et des mathématiques… Est-ce là le requis de la société? Le certificat du baccalauréat favorise-t-il à ses détenteurs la chance d'atteindre le marché du travail?

63% de ceux qui ont terminé le cycle préparatoire s'orientent vers l'enseignement technique commercial, industriel ou agricole…connaissent-ils de conditions meilleures et en harmonie ave les besoins du marché?

N'est-il pas vrai que nous avons un besoin impérieux de voir se réaliser un développement similaire dans l'enseignement technique? Un développement qui le relie aux secteurs de production et des services, censés promouvoir l'entrainement professionnel, assurer les habiletés requises, permettre aux diplômés techniques de poursuivre des études universitaires…N'est-il pas vrai que nous avons besoin d'évoluer la culture de la société et sa conception vis-à-vis l'enseignement technique et ses diplômés?

Il est temps de réduire sérieusement le fossé qui sépare entre le système de l'enseignement pré-universitaire, les besoins et les nouveaux requis du marché du travail.
Nous avons un grand besoin de diplômés spécialisés dans le secteur du tourisme, de l'industrie et de la construction y compris les spécifications et les industries alimentaires qui en relèvent.

Nous avons sur le plan local un excès en médecins et en pharmaciens promus contrairement aux infirmiers… Nous avons également des nombres croissant de détenteurs de licences des facultés du Commerce, du Droit et des Lettres alors que ceux des facultés d'Agriculture sont limités.

Certes, le fait de réduire le grand écart représente un défi primordial que nous devrions affronter… et la réforme continue du système de l'enseignement secondaire et universitaire en particulier est la seule voie à suivre et le thème le plus important abordé dans cette conférence.

Frères et Sœurs...

La promotion de la qualité de l'enseignement et la réalisation de la décentralisation du processus éducatif demeurent l'objectif visé.

Nous ne partons pas du vide et nous devrions profiter des expériences louables du système éducatif suivi par les Etats du monde avancé.

Le nombre d'inscrits dans l'enseignement pré-universitaire, l'an dernier, a atteint 17 millions d'étudiants (es) dont 3 millions seulement dans le cycle secondaire.

Le nombre d'étudiants (es) inscrits dans l'enseignement supérieur se chiffre à 2,8 millions soit 30% des jeunes dont l'âge varie entre 18 et 23 ans... ce nombre sera doublé dans les 20 prochaines années pour confronter la croissance démographique et accorder plus d'opportunités à l'enseignement supérieur.

Nous avons entamé des projets ambitieux pour créer un nombre de complexes technologiques en coopération avec quelques facultés de technologie avancée dans le monde, prévus être financés par le Fonds consacré à la promotion de l'enseignement. Les complexes comprendront chacun une faculté pour l'enseignement industriel et une autre pour la technologie, une école secondaire technique et un centre de formation professionnelle.

Nous poursuivons la création de nouveaux centres d'entrainement professionnel au sein des agglomérations industrielles à (Al Amreya), à (Helw?n), au (10 Ramadan) à (Borg Al Arab) et autres… En plus de programmes de réhabilitation de 250 mille jeunes diplômés aux fins de les entraîner à des spécialisations déterminées leur favorisant le travail immédiat après la fin du recyclage…

D'autre part, une loi consacrée à la fondation de l'Organisme national a été promulguée pour assurer la bonne qualité de l'enseignement et les crédits à son statut exécutif…L'Organisme a rempli sa tâche et les crédits nécessaires ont été alloués pour aménager les institutions éducatives pour qu'elles puissent répondre aux normes de l'enseignement de qualité.

Nous avons amorcé un cadre spécial des enseignants en reconnaissance à leur rôle et à leurs missions afin de transformer l'enseignement de simple profession en un métier tablé sur des critères professionnels déterminés alors que des mesures ont été prises en vue d'améliorer les salaires et le prestige des membres du corps enseignant des universités.

Nous progressons actuellement dans la création de l'Académie professionnelle des enseignants pour qu'ils puissent assumer leurs rôles dans les domaines éducatif et professionnel, comme nous avons créé plusieurs centres internationaux dans les universités égyptiennes dont le rôle est de développer les potentialités des membres du corps enseignant ainsi que leur habilité.

Certes, nous ne partons pas du vide… nous avons déployé beaucoup d'efforts pour développer le système de l'éducation et pour améliorer la performance de l'enseignant et la qualité des services éducatifs … cette conférence vient à temps pour assurer plus de démarches sur cette voie.

Frères et Sœurs...

Mesdames et Messieurs…

Tous les participants à cette conférence sont des professeurs, des savants et des experts, je les invite tous à cristalliser un cadre exécutif pour le développement de l'enseignement secondaire et pour l'admission aux universités.

J'aimerais bien entendre quelques propositions pratiques susceptibles de mettre en relief les indices de ce cadre et son développement tout en prenant en considération quelques facteurs importants :

Premièrement: Une telle modernisation, devrait reposer sur une entente concernant les objectifs et le mécanisme d'exécution, sur les politiques et les programmes proposés sur les horaires de son exécution et devrait s'attacher à l'adoption de la transparence dans le jugement et dans l'évaluation des résultats.

Deuxièmement: Cette modernisation devrait être bénéfique à l'économie nationale et aux efforts de développement qui sont prévus se refléter sur la société, sur ses membres et sur les organisations.
Troisièmement: Il faudrait assurer l'égalité des chances afin d'atténuer le fardeau moral et matériel pesant sur la famille égyptienne et essayer de l'assurer sur l'avenir de ses enfants.

Quatrièmement: L'école devrait à nouveau remplir son rôle éducatif aussi bien que pédagogique tout en améliorant la compétence de l'enseignant et en
modernisant les programmes conformément aux objectifs nationaux
escomptés.

Cinquièmement: Veiller à accorder un grand intérêt aux sciences, aux mathématiques et aux langues étrangères, aux sciences de l'informatique et de la technologie des données,
en ouvrant la porte aux activités estudiantines, sociales et culturelles.

Sixièmement: Essayer de réaliser la flexibilité et la complémentarité entre l'enseignement secondaire général, technique et azharite et faciliter la présence sur le marché de travail des dives niveaux d'enseignement.

Septièmement: Promouvoir la qualité de l'enseignement technique dans ses divers cycles, et modifier la culture et la conception de la société à l'égard de cet enseignement et de ses gradués. Dans ce contexte, le gouvernement est appelé à relier ce genre d'enseignement à l'octroi du permis d'exercice de la profession dans les différentes spécialisations techniques, et à améliorer le cadre fonctionnel et le traitement financier de ses gradués, afin qu'il puisse attirer les étudiants et les étudiantes.

Huitièmement: Evoluer le cycle secondaire, tout en allégeant le fardeau moral et matériel pesant sur les familles égyptiennes en conséquence des systèmes traditionnels d'examens basés sur l'étude par cœur et les remplacer par des systèmes d'évaluation modernes en mesure de développer les capacités, de réaliser la justice et l'objectivité, de prendre en considération la supériorité et de protéger les personnes handicapées.

Neuvièmement: Créer des critères supplémentaires pour l'évaluation du niveau des étudiants désirant adhérer à l'enseignement supérieur, et ne pas se contenter du pourcentage atteint au baccalauréat comme seul critère. Créer des mécanismes supplémentaires pour évaluer les habiletés et les capacités de nos fils dans un cadre de transparence, de justice et de parité de chances.

Dixièmement: Evoluer le système d'admission à l'enseignement universitaire, et le relier aux désirs, aux capacités des étudiants et aux requis du marché de travail, et favoriser aux jeunes davantage de chances d'enseignement supérieur évolué.

Onzièmement: Traiter le sujet de financement en tant que question essentielle de la réforme et du développement visé, tout en mettant l'accent sur les objectifs de l'Etat, du secteur privé et de la société civile.

Frères et sœurs,

Je soumets à cette conférence nationale et au peuple les problèmes de la situation actuelle, en souhaitant que vos délibérations puissent aboutir à des résultats tangibles susceptibles de redresser les déséquilibres existants et placer l'enseignement au service de la société.

Quels que soient les résultats atteints, il est indispensable de sensibiliser et de convaincre les familles égyptiennes et les institutions éducationnelles de leur nécessité, car telle est la voie véritable pour leur mise en exécution.

La continuité de l'évolution de l'enseignement pré-universitaire et supérieur représente un grand défi dont nous devons être conscients de ses dimensions et de son importance.
Nous sommes parvenus à réaliser des normes élevés d'investissement, de croissance économique et de fonctionnement.. Nous nous efforçons de les sauvegarder et de les continuer. Il existe toujours de nouveaux requis de plus en plus exigeant sur le marché du travail et notre économie connaît de nombreuses mutations et des données de plus en plus variées.

J'invite nos jeunes, garçons et filles, à prendre en considération tous ces critères, en choisissant l'itinéraire approprié de leurs études et en déterminant leur voie au début de leur carrière.

Je leur dis ainsi qu'à leurs parents que l'Egypte change car le monde autour d'elle est en perpétuelle mutation. J'affirme que les transformations et les nouveaux défis que nous témoignons et que nos espoirs et nos ambitions exigent que la reconsidération des multiples portées de la culture de la société et le reclassement des priorités et des chances d'études ainsi que l'enracinement de l'avenir pratique dans les esprits de nos jeunes et de nos nouvelles générations.

Que Dieu nous guide tous vers le bien de l'Egypte et de son peuple !


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