L'Eden de Ra'as Mohamed

RAS MOHAMED PROTECTED

A quelques encablures de Charm El-Cheikh, le deuxième parc naturel du monde est une aubaine pour les plongeurs, qui peuvent y découvrir des espèces rares de poissons.
Il suffit de faire quelques pas dans les eaux de la mer Rouge pour voir: par dizaines, les poissons multicolores du parc naturel de Ras Mohamed, "le paradis des plongeurs", filent entre les jambes.
 
 Un peu plus loin, les touristes venus en minibus de la ville de Charm El-Cheikh, la cité balnéaire voisine, suivent les moniteurs à quelques mètres du rivage et, équipés de simples masques et de tubas, contemplent, la faune de cet Eden, et aussi sa flore: des coraux uniques au monde.
 
Celui de Ras Mohammed, à la pointe sud de la péninsule, à l'endroit exact où se joignent les eaux du golfe de Suez, celles du golfe d'Aqaba et de la mer Rouge, reçoit un million de touristes chaque année. Une fréquentation qui fait de Ras Mohammed le deuxième parc national du monde.
 
 Mais attention, on n'y pénètre que solidement encadré par des guides et après avoir passé plusieurs postes de garde! Ensuite, dans ce désert de rocaille qui s'ouvre parfois sur les eaux bleutées, c'est la piste, jusqu'aux plages et lagons où les plongeurs amateurs vont découvrir des espèces rares de poissons.
 
 Les professionnels choisissent, eux, de plonger des bateaux. Ici, même la pêche est interdite, et les guides préviennent les inconscients: tous ceux qui oseraient briser un corail pour le rapporter comme souvenir de vacances risquent de lourdes amendes.
 
Pour accueillir les touristes, les Egyptiens ont dû faire sortir du sol une ville champignon, Charm El-Cheikh. Une sorte de "Touristland" qui débute dès la sortie de l'aéroport. On est d'abord surpris par les taxis qui, contrairement à ceux du Caire, ne sont pas des épaves déglinguées et ne jouent pas pour avancer du klaxon
 
 Normal, ici l'usage de l'avertisseur est interdit et la bande d'asphalte qui file dans le désert est soigneusement signalée et régulièrement traversée de ralentisseurs pour éviter les pointes de vitesses.
 
 De chaque côté, des dizaines d'hôtels et de casinos s'élèvent.
Tout a été conçu pour les touristes, une grande majorité d'Italiens, beaucoup de Français et, nouveaux venus, des Russes.
 
 Une fois installés dans leurs hôtels, ils ont le choix de l'escalade jusqu'au monastère de Sainte Catherine à la visite des trois parcs naturels de la région, non sans dégâts pour l'environnement, malgré toutes les précautions prises par les autorités égyptiennes. Du tourisme pour initiés on est passé aujourd'hui à un tourisme de masse dont  se plaignent les professionnels.
 
 Mais le mouvement semble inexorable, car, tout au long de la route du golfe d'Aqaba, les chantiers de construction se mutplient. Seul moyen de ne pas trop subir la marée humaine, choisir la bonne période, c'est à dire les mois de novembre et de décembre, où, traditionnellement, la fréquentation est au plus bas.
 
 
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