Le Caire

Le Caire, capitale de l'õEgypte, est une ville extrêmement contrastée où coexistent l'ancien et le moderne. Le site du Caire, sur les berges du Nil, fut habité pendant des milliers d'années, mais ce n'est qu'au Xème siècle, sous le règne des Fatimides, que cette ville entourée de remparts fut choisie comme capitale. Le nom arabe du Caire, al-Qahira, signifie "la Victorieuse".
Le rôle-clé qu'elle joua au Moyen Age dans le commerce lucratif des épices contribua à la hisser parmi les cités de premier plan. A la splendeur succéda une période d'invasions et de décadence qui dura jusqu'à la fin du XIXe siècle. Une ville nouvelle, de style européen, inspirée des plans grandioses qu'avaient dressés le baron Georges Haussmann pour la rénovation de Paris, fut élevée aux côtés de l'ancienne. Au XXe siècle, pour faire face à une augmentation spectaculaire du nombre de ses habitants, il fallut construire des villes nouvelles en plein désert.
ensemble forme à présent ce que l'on appelle le Grand Caire. La partie occidentale du Caire, particulièrement animée, se distingue par son architecture moderne, contrastant avec les vieux quartiers qui composent un dédale de rues étroites, parsemées de mosquées au riche passé historique, de bazars animés, et encombrées de lents chariots tirés par des ânes. Le Caire n'ayant pas réussi à faire face à la rapide augmentation de sa population, les plus pauvres de ses habitants se sont installés dans des demeures de fortune. Plus de deux cent mille personnes se sont ainsi réfugiées dans la cité des Morts, vaste région du Caire abritant les mausolées et les tombes des premiers chefs religieux.
, ces problèmes urbains n'affectent pas l'incomparable vitalité du Caire qui a toujours connu une vie culturelle intense et demeure une des premières destinations touristiques au monde, en raison des merveilles inestimables comme le Sphinx et les Grandes Pyramides qui se dressent non loin des portes du désert. La population, en plus de l'agglomération urbaine, s'élevait à environ 6,2 millions d'habitants en 1995.
Le vieux Caire
Depuis l'époque d'Auguste, une forteresse établie près de la rive orientale du Nil, en face de l'île de Rodah, commandait la vallée et le delta. Elle fut élargie à l'époque de Trajan (98-117) et fortifiée par Arcadius (395-408). Elle est constituée de tours rondes et de bastions reliés par un mur en moellons et en briques. C'est là que s'édifièrent les premiers témoins de la foi chrétienne, et après la conquête arabe, cette forteresse, à laquelle on a donné le nom de Babylone, devint une cité religieuse qui réunit toutes les confessions. La datation de ces édifices, caractérisés par leur petitesse et leur simplicité, est toujours très hypothétique. C'est en partie sur les deux bastions sud-ouest de la forteresse qu'est construite l'église de la Vierge (Set Mariam). Sa nef, suspendue entre les deux, lui a value le surnom de Al-Mo'allaqa, « la suspendue ». C'est une basilique à quatre nefs inégales séparées par trois rangées de colonnes en marbre blanc (une est en basalte noir : symbole de Judas ;) et terminée par trois sanctuaires à absides rentrantes. L'église primitive est probablement à rechercher dans l'appendice sud-est daté entre le IIIème et le VIème siècle.
La grande église dont les premières constructions dateraient des Vème/VIIème siècles, a subi d'importantes restaurations aux XVIème et XVIIème siècles. L'église Saint Serge est située à trois mètres sous le niveau de la rue. Elle est la plus ancienne église de Babylone (IVème siècle). Construite sur le site où la tradition situe la visite de la Sainte Famille, elle présente un plan de type basilical à nef et bas-côtés supportant une galerie formée de six paires de colonnettes.
Les douze colonnes de la nef, en marbre blanc (une est en granit rouge), conservent encore les figurations peintes des douze apôtres. De part et d'autre du chœur, on accède par un escalier à la crypte de la Sainte Famille : elle est composée d'une nef séparée des bas-côtés par trois paires de colonnes. Toutes les travées sont couvertes d'une voûte. Les parois est, nord et sud sont occupées par une niche ; chacune contient une dalle de marbre sur laquelle aurait reposé l'Enfant Jésus, où la Vierge aurait lavé le linge et où la Sainte Famille aurait pris ses repas. Au centre, un puits leur aurait permis de se désaltérer. Dans le collatéral sud est placée une cuve en marbre servant de fonts baptismaux.
L'église de Sainte Barbara est un édifice à deux sanctuaires. La partie sud- est consacrée aux reliques de la sainte, transférées de l'église de la Vierge avant 1072-1073, époque de la reconstruction. La partie nord, consacrée aux saints Cyr et Jean, est une petite chapelle ouverte sur le chœur de l'église Sainte Barbara.
Les plans sont toujours identiques : narthex, nef à bas-côtés, abside rentrante. Notons également l'existence de la synagogue des Beni Ezra, ancienne église SAINT-MICHEL vendue aux Juifs au IXième siècle, d'une seconde église de la Vierge Marie, enfin du couvent des religieuses dédié à saint Georges (il en subsiste une grande salle communiquant avec une chapelle abritant les reliques du saint). L'intérêt de tous ces monuments réside également dans le mobilier que l'on a retrouvé et qui a souvent été transféré au Musée copte situé à l'intérieur de Babylone, sur un terrain appartenant primitivement à l'Église copte : iconostase de Set Barbara, porte et linteau de Set Mariam, autel et panneaux d'iconostase d'Abou Sergah...
À l'extérieur des murailles de Babylone, au nord et au sud, s'élèvent d'autres constructions coptes : l'église de Saint Mina ; le monastère de Saint Mercure, composé d'un ancien couvent de religieuses et de trois églises (églises de Saint Mercure, de Saint-Shenouda qui est l'une des plus anciennes du Caire) les églises de la Vierge à Babylone ad-Darag, de Saint Théodore, des Saints Cyr et Jean.
Le Caire est la plus grande ville islamique du monde, et constitue à tous les peuples de langue arabe un modèle et un centre culturel de référence. Elle compte de nombreuses universités, des musées et des institutions culturelles de haut niveau. Le Musée égyptien du Caire est l'un des plus importants du monde. Il est unique en son genre et ne renferme pas de vestiges provenant d'un autre pays. Au rez-de-chaussée du musée se trouvent de grands sarcophages et des statues de toutes les époques.
Dans les salles, des sarcophages de plusieurs pharaons du Nouvel Empire, des momies de Ramsès II, de son père Séthi Ier et d'Aménophis III, ainsi que des momies d'animaux, non seulement de chiens et de chats mais aussi de poissons, de crocodiles et d'ichneumons y sont exposés. Le musée possède la célèbre "tablette de Narmer" qui objet d'une grande importance historique et qui représente le premier pharaon d'Egypte, qui a unifié le pays. Mais la collection la plus célèbre du musée est le trésor de Toutankhamon, le pharaon du Nouvel Empire dont la tombe fut retrouvée presque intacte dans la Vallée des Rois par l'archéologue américain Howard Carter en 1922.
Le trésor de Toutankhamon comprend 1 700 objets, exposés dans 12 pièces au premier étage du musée. Même une vue aérienne ne permet pas de se rendre compte de la capitale gigantesque d'Égypte, ni du labyrinthe qu'elle constitue. Là, des routes nationales à plusieurs voies, là-bas, de hauts immeubles modernes qui se dressent au-dessus des avenues de la ville. Cependant, on rencontre encore fréquemment des chariots tirés par des ânes et on voit des bâtiments en briques de boue séchée le long de rues isolées.
L'époque pharaonique:
Les sites archéologiques pharaoniques:
Les pyramides d'Egypte:
Aux portes de la ville du Caire se dresse la plus ancienne et la seule survivante des sept merveilles du monde antique: les trois pyramides de Gizeh. Témoignage extraordinaire du génie humain cet ensemble fut élevé par des pharaons en quête d'éternité. Les pyramides sont situées à Gizeh près du Caire, en Egypte.
Ces merveilles étaient des monuments funéraires pour les pharaons, elles renfermaient leur tombeau. Leur construction a duré des générations et nécessité la main d'oeuvre de dizaines de milliers d'ouvriers maçons. Elles étaient déjà considérées comme des monuments antiques au moment où Hérodote les a visitées plusieurs siècles avant J.C.
La pyramide de Khéops
La perfection, les Egyptiens l'atteignirent avec le monument que fit élever le pharaon Khéops (v. 2538 - v. 2516 av. J-C.) et que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de grande pyramide de Gizeh. Exceptionnelle, cette pyramide l'est par ses dimensions (232 m de côté et 146 m de hauteur) et par ses aménagements intérieurs : pas moins de trois chambres, dont deux sont construites dans la masse de pierre, et, pour mener à la chambre du roi, une galerie longue de 47 m et haute de 8,50 m.
La pyramide de Képhren
La pyramide de Képhren se trouve à 300 m au sud-ouest de la pyramide de Khéops, à un endroit où le plateau calcaire qui constitue le site de Guizèh s'élève de quelques mètres. Ainsi, bien qu'elle soit de dimensions légèrement inférieures à celle de Khéops (215 m de côté et 114 m de haut) paraît-elle plus élevée. Cette impression est renforcée par son angle en pente (52°20'), supérieur à celui de Khéops. Ce qui frappe à première vue c'est qu'elle a gardé une partie de son revêtement dans son quart supérieur. Ajoutons que, tout comme Khéops et les pyramides antérieures, elle était l'aboutissement d'un complexe funéraire comportant un temple bas (dont une grande partie a été conservée). Un temple haut (dont il reste quelques traces, suffisantes pour en reconstituer la disposition), les deux étant reliés par une "chaussée sacrée" dont subsiste la partie inférieure. Là s'arrêtent les ressemblances entre les deux complexes funéraires. L'intérieur de Képhren est, en effet, très différent de celui de Khéops. Et beaucoup moins «spectaculaire». Képhren comporte deux entrées, toutes deux situées dans sa partie nord,
La pyramide de Mykérinos
La plus petite des trois pyramides est celle du pharaon Mykérinos, flanquée des trois pyramides dites "des reines". Elle occupe moins du quart de la surface recouverte par la Grande Pyramide. Chaque côté mesure environ 108 mètres à la base et la hauteur à la verticale est aujourd'hui de 62 mètres, soit 4 mètres de moins qu'à l'origine; la partie supérieure est revêtue de calcaire fin, mais les seize assises inférieures ont un parement de granite rouge qui n'a pas été entièrement ravalé. Il est possible que Mykérinos ait eu l'intention d'employer le granite partout, auquel cas le changement de matériau pourrait indiquer le stade atteint par les travaux à sa mort. Mais la combinaison du granite et du calcaire peut avoir été voulue et le parement non ravalé à la base constitue le seul indice d'une mort prématurée.
Sphinx de Gizeh
Le terme sphinx dérive du mot grec de l'ancien égyptien « Shesepankh » qui signifie « statue vivante ». Le sphinx est aussi surnommé par les Arabes Abou-El-Hôl (père de la terreur).
D'une longueur de 73 mètres, d'une hauteur de 20 mètres et d'une largeur de 14 mètres, le sphinx a la tête tournée vers le levant. C'est une sculpture monumentale taillée dans un promontoire naturel dans le roc. Le sphinx se trouve en effet au milieu d'une grande carrière qui fournissait une partie des blocs destinés à la construction de la pyramide. Le corps est celui d'un lion couché et la tête celle d'un souverain (Khephren) portant la coiffure royale. Il était chargé de veiller sur le site.
Si le corps et la tête sont taillés à même le roc. Les pattes tendues, elles, ont été ajoutées en maçonnerie. À l'origine, le sphinx avait une couverture de plâtre peint dont il ne reste que quelques traces. On a trouvé aussi les restes d'une statue en pied d'un roi devant son poitrail. Il s'agit sans doute là d'un ajout tardif. Devant le sphinx, l'on constate les fondations d'un temple qui fut sans doute construit à la même époque.
Une stèle de granit rose a été placée entre les pattes du Sphinx par Thoutmosis IV. Taillée directement dans le roc, elle raconte le songe de Thoutmosis IV. Le futur pharaon de la XVIIIème dynastie se reposant à l'ombre d'une pierre, lors d'une partie de chasse, aurait entendu dans un songe une divinité lui promettre la couronne d'Égypte s'il débarrassait le Sphinx du sable qui menaçait de le recouvrir. Thoutmosis, se pliant à la demande, utilisera ce songe pour justifier sa légitimité.
Le texte de la stèle serait le suivant : « Un jour il advint que le fils royal Thoutmosis, qui allait se promener à l'heure de midi, se reposa à l'ombre de ce grand dieu ; la torpeur du sommeil le saisit, au moment où le soleil était à son zénith. Il s'aperçut alors que la Majesté de ce dieu auguste lui parlait, de sa bouche même, comme un père parle à son fils, disant : regarde-moi, contemple-moi, ô mon fils Thoutmosis ; je suis ton père, Horakhety - Khepri-Râ-Atoum ; je te donnerai la royauté sur terre, et tu te tiendras à la tête des vivants, tu porteras la couronne blanche et la couronne rouge sur le trône de Geb, le prince (des dieux). La terre t'appartiendra dans toute sa longueur et sa largeur, et tout ce qu'illumine l'œil brillant du maître de l'Univers. (...) Voilà que maintenant le sable du désert me tourmente, aussi hâte-toi de m'en libérer afin que tu puisses accomplir tout ce que je désire. »
Il représente le pharaon Képhren qui monte la garde à l'entrée de sa nécropole funéraire pour en interdire l'accès aux profanes.
Le temps a, bien entendu, gravement abîmé le grand Sphinx, en particulier a cause de l'érosion provoquée par le sable qui s'amoncelle constamment et qui a provoqué les « vagues de sable » qui recouvrent maintenant tout le corps. L'homme est également responsable de ses mutilations.
Son sourire énigmatique fut abîmé par des coups de canon ordonnés par un cheikh du XIVème siècle. Ces tirs au cannons cassèrent la barbe postiche et le nez. La barbe est au British Muséum qui ne veut pas le restituer à l'Égypte, et le nez n'a pas été retrouvé . Actuellement, les pattes sont en cours de restauration.
Sakkarah:
(vers 2700 avant J.C.) La pyramide à étages de Sakkarah fut construite vers -2700 sur ordre du pharaon Djoser par l'architecte Imhotep. Ce dernier inventa l'architecture en pierre et imagina le principe de la pyramide en "empilant" des tombeaux (mastabas) traditionnels rectangulaires. Imhotep fut divinisé sous la Basse Epoque, et ce culte est à l'origine du dieu grec Asclépios
L'époque copte:
L'Egypte a embrassé le Christianisme vers la moitié du premier siècle ap.J.C. La première église copte en Egypte a été édifiée lors de l'arrivée de Saint Marc à Alexandrie en l'an 65 ap.J.C.
Les Chrétiens ont été torturés sous l'époque de l'empereur Déclédanios à la fin du 3ème siècle ap.J.C. Cette période fut surnommée période des martyrs en raison du grand nombre de coptes martyrisés. L'année où Déclédanios accéda au trône (284 ap.J.C) fut consacrée comme début du calendrier copte.
L'aspect prédominant de cette époque avait été celui de la tendance des Chrétiens à vivre en ermites. Cette tendance se développa par la suite et se transforma en monachisme. La construction des monastères se propagea alors dans toute l'Egypte.
* Aspects de la civilisation copte en Egypte:

L'architecture copte a réalisé la renaissance de l'ancien art pharaonique et a complété un des anneaux de la chaîne continue de l'art depuis la civilisation pharaonique, grecque et romaine en Egypte. Les églises, fondées au Vème siècle. Le dessin à l'époque copte, perpétuait celui des siècles précédents en Egypte, tel l'usage des couleurs oxydées, les fresques, sur les murs couverts d'une couche de plâtre.
Les anciens Egyptiens ayant connu la musique, l'ère copte se distingua également par la musique cléricale qui se conforme avec la tendance artistique musicale des anciennes notes égyptiennes. Les notes jouées actuellement dans l'église copte portent jusqu'à présent des noms pharaoniques telles la note Sengari et la note Atribi.
L'époque islamique:
La conquête de l'Egypte par Amrou Ibn El-Ass eut lieu sous l'époque de Omar Ibn El-Khattab, en l'an 20 de l'hégire (641 ap.J.C). A partir de cette date, l'Egypte commença une étape historique des plus importantes, au cours de laquelle elle assuma un rôle important dans l'histoire en passant par différentes époques omeyyade, abbasside, fatimide, Ayoubite, mamelouk et enfin ottomane. L'Egypte a été une des provinces de l'empire ottoman pendant 300 ans.
Aspects de la civilisation islamique en Egypte:

Sous le pouvoir islamique, l'Egypte a connu une renaissance globale dans l'architecture et les arts et s'est illustrée par la construction d'un grand nombre de mosquées, de citadelles, de forteresses et de murailles. Il en est de même pour les arts décoratifs, qui ont pris de l'essor à Al-Fostat, la première capitale islamique d'Egypte où se trouve la mosquée de Amr Ibn El-Ass. Le Nilomètre dans l'île de Roda est considéré comme l'un des plus anciens vestiges de l'Egypte islamique et fut construit sous le règne du Calife abbasside El Mutawakel Bellah en 245 de l'Hégire.
La prospérité de l'architecture islamique s'est clairement manifestée dans la ville d'Al Kataea et dans la mosquée d'Ahmed Ibn Touloun, édifiée sur l'exemple de la mosquée de Amr Ibn Al Ass avec en plus la fontaine, le minaret, les piliers, l'ornement et la plaque structurale.
Le minaret de la mosquée d'Ahmed Ibn Touloun est exceptionnel et est inspiré des temples persans, connus sous le nom de Ziggourat.
L'architecture islamique a progressé sous l'époque fatimide, de caractère local dans un cadre islamique. L'exemple le plus remarquable est la mosquée d'Al Azhar, un des célèbres modèles de l'architecture fatimide en Egypte, aussi bien que les mosquées d'Al Anwar, d'Al Hakem Bi Amr Allah et d'Al Aqmar. Le monument d'El Goyouchi nous offre un modèle de la construction des coupoles et des mosquées.
L'époque ayyoubide s'est distinguée par le progrès de l'architecture. Parmi ses célèbres monuments, citons la citadelle de Salah Eddiene qui représente l'architecture islamique depuis l'Etat ayyoubide et jusqu'à l'époque de Mohamed Ali.
Les Mamelouks nous ont laissé une grande richesse artistique représentée par les mosquées, les coupoles, les maisons de soufisme, les palais, les écoles, les magasins, les citadelles et les fontaines publiques.
La Citadelle de Salah El Dine
Construite entre 1176 et 1882 la citadelle, qui comprend la mosquée d'albâtre, offre une vue panoramique du Caire, du haut du Moqattam.
La Mosquée et l'Ecole du Sultan Hassan
Un des plus beaux exemples de l'architecture mamelouk, aux portes de bronze, incrustées d'or, d'argent et de marbre, et une fontaine d'où coulait une boisson sucrée lors des grandes occasions.
Le complexe de Qalawuan, El Nasser Barquq
Un complexe médiéval de mosquées, de mausolées et d'écoles construit par trois sultans mamelouks.
la Mosquée d'Al Azhar
Fondée en 970, c'est la première mosquée fatimide et la plus vieille université islamique du monde.
Bab Zuweyla
Cette porte fait partie des fortifications de la ville. Le pont date de 1092. Lieu des exécutions publiques, on y décapitait les criminels. Les minarets furent rajoutés aux tours au XV ème siècle.
La Mosquée bleue (Mosquée Al Aqsunqur)
Célèbre par les carreaux indigo et turquoise qui décorent son intérieur.
La Mosquée d'lbn Touloun
La plus vielle mosquée du Caire (876-879 de notre ère) est encore utilisée de nos jours. Non loin se trouve la maison d'un esthète anglais excentrique, celle de Gayer Anderson , de style ottoman, restaurée et meublée dans le style de l'époque elle abrite une belle collection d'art islamique.
L'époque moderne:
Mohamed Ali est considéré comme le véritable fondateur de l'Egypte moderne grâce aux réformes entreprises sous son règne et qui ont englobé tous les aspects de la vie, et selon l'esprit de l'époque moderne. Il a commencé par former une armée forte comme il a fondé l'école militaire.
L'industrie des navires a commencé à Boulaq et à l'arsenal maritime d'Alexandrie. Pour développer l'agriculture et assurer l'irrigation, il a construit les barrages et les canaux. Il a construit les usines et les laboratoires pour subvenir aux besoins de l'armée et pour que les habitants profitent de l'excédent. Dans le domaine du commerce, Mohamed Ali a essayé d'assurer la sécurité aux voies internes du commerce, comme il a créé une flotte pour assurer le commerce extérieur qui avait prospéré en Egypte.
En même temps, il s'attachait à l'expansion de l'enseignement pour subvenir aux besoins des cabinets gouvernementaux. Il a construit les écoles de tout niveau et spécialisation et a envoyé les missions en Europe pour transférer les sciences modernes. Suivant ses pas, ses fils ont essayé de rattraper la civilisation européenne. Sous le règne d'Ismail Pacha, l'Egypte a connu une réforme concrétisée par le redressement administratif, par le développement de l'industrie et de l'agriculture qui ont connu une grande prospérité.
Il s'est intéressé à la construction et à l'architecture. Il a édifié l'ancienne Opéra et a étendu les lignes de chemins de fer. En 1869, le Canal de Suez a été inauguré à la navigation maritime internationale.
L'Egypte a été témoin de plusieurs révolutions contre l'ingérence étrangère. L'action nationale s'est trouvée renforcée surtout par la révolution d'Orabi en 1882, qui s'est terminée par l'occupation de l'Egypte par la Grande-Bretagne et la déclaration du protectorat britannique sur l'Egypte en 1914. La dépendance de l'Egypte à l'Empire ottoman prenait ainsi fin.
L'Egypte est entrée ainsi au XXéme siècle accablée sous le poids du colonialisme britannique. C'est sous l'égide de Moustafa Kamel et de Mohamed Farid que prit naissance la résistance populaire et bien vite l'action nationale contre l'occupant s'est développée et a pris de graves mesures. Les révolutions de 1919 renforcèrent le sentiment national qui devint plus vif dans sa revendication de l'indépendance. Le protectorat britannique sur l'Egypte prit fin en 1922, son indépendance fut déclarée et la première Constitution égyptienne connut le jour en 1923.
Les sites Coptes:
Cette partie du Caire, pleine de charme, est le plus ancien quartier de la ville. La forteresse de Babylone, construite par les Romains, s'est vite transformée en enclave chrétienne et juive. Ce quartier renferme la synagogue Ben Ezra, fondée en 1115, et comptait une vingtaine d'églises dont il ne subsiste que cinq dont, notamment : l'église suspendue consacrée à la Vierge, probablement l'église chrétienne la plus ancienne en Égypte, datant du IVème siècle, l'église Saint Serge construite à la fin du IVème siècle au dessus d'une crypte où la sainte Famille se serait réfugiée lors de la fuite en Égypte et l'église Sainte Barbara, du nom d'une jeune fille martyrisée pour avoir essayé de convertir son père au christianisme, reconstruite au XIème siècle.
Il est à noter que les églises se distinguent non pas par leur ornementation extérieure mais par un intérieur très riche
Les sites Islamiques:
Le Caire abrite, enserré dans l'agglomération moderne, l'une des plus anciennes villes islamiques du monde, avec ses prestigieuses mosquées, ses médrasas, ses hammams et ses fontaines. Fondé au Xème siècle, il est devenu le nouveau centre du monde islamique, atteignant son âge d'or au XIVème siècle.
Principaux sites :
Mosquée Al Azhar:
La mosquée Al Azhar, fondée en 970, est une des plus anciennes mosquées du Caire et le siège de l'Université d'Al Azhar, la plus ancienne université encore active dans le monde.Dès son arrivée en Égypte, Jawhar al-Siqilli, le général qui venait de conquérir le pays en 969, pour le quatrième calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah, entama la construction d'une nouvelle capitale, Al-Mansûriyyah, au nord d' al-Fustât, l'ancien fleuron de l'empire abbasside. Lorsque al-Muizz se rendit sur place pour visiter sa nouvelle conquête, il décida que la capitale prenne le nom de Al-Qâhirah (c'est-à-dire la victorieuse),Lorsque Jawhar al-Siqilli, posa la première pierre de la nouvelle capitale, il avait prévu la construction d'une grande mosquée où serait célébrée la prière sous le règne de son maître al-Muizz. Cette mosquée fut d'abord appelée Jâmic Al-Qâhirah (La Mosquée du Caire).
La mosquée comprenait à l'origine une cour entourée de trois bas-côtés. Elle avait un seul minaret et occupait la moitié de l'espace qu'elle occupe aujourd'hui. Elle a par la suite été nommée « Al Azhar » pour rendre hommage à Fatima AL Zahra, fille du prophète Mohamed. Elle est située au sud du Khan el Khalili, dans le Caire islamique
Sa construction a commencé le 14 Ramadan 359 de l'Hégire (21 juillet 970). Elle dura deux ans. La première prière y a eu lieu le 22 juin 972. Après sa construction, Al Azhar fut directement financée par les califes fatimides, et devint la mosquée officielle pour la prière du vendredi. Les habitants des villes à proximité du Caire, comme Misr ou Al-Qatai' se dirigeaient tous les vendredi vers Al Azhar pour écouter le sermon (Al-Khutbah), donné par le calife fatimide, et accomplir la prière en congrégation.
Par ailleurs, des Égyptiens aisés participaient à son financement en lui léguant une partie de leur fortune ou des propriétés privées. En 988, elle devint également une université où étaient enseignées différentes sciences et la religion. L'éducation à Al Azhar incluait la jurisprudence chiite-ismaélite, la grammaire arabe, la littérature et l'histoire.
Elle devient alors le centre de diffusion de la da'wa (l'Appel à l'Islam ) chiite fatimide.A la fin de la dynastie des Fatimides (VIe siècle de l'Hégire - XIIe siècle), la partie couverte de la mosquée a été élargie. Un couloir fut ajouté de chaque côté de la cour intérieure, dont les arcades reposent sur des colonnes de marbre
Description de la mosquée Al Azhar:
Al Azhar possède aujourd'hui cinq minarets. Le premier date de la fin du XVe siècle, pendant le règne de Ka‘it Bay, sultan d'Égypte et de Syrie de 1468 à 1496, qui ajouta également à l'édifice un mihrâb. Le second fut construit au début du XVIe siècle, pendant sous le pouvoir de l'avant-dernier sultan mamelouk Kansaouh al-Ghaouri (1501-1516).L'entrée que l'on peut voir de nos jours date de la période ottomane (1753).L'imam d'Al Azhar
L'imam de la mosquée égyptienne Al Azhar - actuellement le cheikh Mohammed Tantaoui - est considéré comme la plus haute autorité de l' islam sunnite. Considéré comme un porte-parole du gouvernement, dont il est fonctionnaire, ses positions ne font pas toujours l'unanimité au sein d'Al Azhar.
la mosquée d'Ibn Tulun
la mosquée d'Ibn Tulun, une des plus anciennes du Caire, construite entre 876 et 879.
le minaret d'Ibn Tulun est bien plus modeste que son illustre prédécesseur. Tant au niveau des dimensions, que de la forme
Les architectes ont ici réalisé une variante assez étonnante du modèle hélicoïdal avec une base carrée surmontée d'une rampe en spirale permettant d'atteindre le sommet. Le résultat est donc une fusion entre deux formes géométriques, le carré et le cercle ou la spirale. Deux formes que l'on retrouve également dans la cour de la mosquée. Cette dernière, de plan carré – c'est une rareté, la majorité des cours de grandes mosquées, de Damas à Kairouan, en passant par Samarra, sont rectangulaires – est encadrée par une galerie à portique.
Au centre de la cour, un bassin aux ablutions – rituels purificateurs indispensables aux fidèles avant la prière – est abrité par une petite construction carrée coiffée d'une coupole. Ce superbe objet dont la symétrie est absolument parfaite assure une continuité sémantique avec le minaret à base carrée, et le sommet circulaire hasard fait peut-être bien les choses. Impossible de parler de hasard dans des architectures où chaque détail, chaque proportion et chaque forme ont été savamment pensés. Les deux éléments les plus visibles commencent en carré. Pourquoi un carré? Car dans le langage graphique et géométrique musulman, le carré est la représentation conceptuelle du monde terrestre. Non que les arabes de l'époque croyaient que la terre était carrée.
Mais le carré étant une forme finie, limitée, il permettait d'exprimer l'idée de monde terrestre comme cadre de la condition humaine par opposition au monde céleste qui lui est idéal et infini. Qui est représenté par un cercle, forme géométrique parfaite à un seul coté ou à une infinité de cotés... D'où les coupoles qui coiffent les sommets.
Et entre le carré et le cercle, une forme intermédiaire dont le but est d'illustrer le passage du monde La mosquée d'Ibn Tulun est une architecture qui se veut spirituelle.
Les jeux d'ombre et de lumière contribuent également à cet accomplissement, entrent dans la cour qui se trouve baignée de soleil, et la salle de prière, beaucoup plus sombre est plus appropriée au recueillement. Entre les deux, règne une grande simplicité. L'ornement ici se réduit à sa plus simple expression. Des motifs circulaires viennent s'insérer entre les arcades, sur les murs enduits qui ont été récemment restaurés.
La mosquée a été construite en briques crues, une singularité qui s'explique par l'influence abbaside d'Irak sachant que ce matériau a toujours été employé en Mésopotamie. La rénovation a redonné vie et fraîcheur à l'édifice mais a fait disparaître les empreintes des lignes sur le sol qui se concentraient vers la fontaine des ablutions terrestre vers le monde céleste notamment pendant la prière. La spirale était consacré au minaret, et l'octogone à la fontaine des ablutions.
Les murailles du Caire:
La ville du Caire a été fondée en 969 par une dynastie chiite venue de Tunisie, les Fatimides. Implantée au nord de l'agglomération ancienne de Fostât, la nouvelle ville nouvelle d'al-Qâhira fut entourée d'un rempart de briques crues dès 971.
Cet enclos orthogonal représentait les limites de la ville califale et en assurait sa protection. En 1090, au nom du Calife fatimide al-Mustansir, son vizir Badr al-Gamâlî entreprit la construction d'une deuxième fortification, comportant les célèbres portes monumentales de Bâb al-Futuh, Bâb al-Nasr au nord, Bâb Zuwayla au sud, et la moins célèbre Bâb al-Tawfiq à l'est. Le tracé de cette muraille reprend en partie le plan de l'enceinte urbaine primitive.
Les opinions divergent quant à la position exacte de ce mur de près de six mètres d'épaisseur, bâti directement sur le tracé initial du mur en briques crues et conservant parfois leurs noms comme Bâb Zuwayla.
L'architecture militaire cairote est remaniée de façon significative à la fin du XIIe siècle. En 1169, le Calife fatimide Al-Aded nomma comme vizir, un jeune général kurde, Salah Ad-Dîn Al Ayyubi, plus célèbre sous le nom de Saladin. Ce dernier a restauré une partie de l'enceinte fatimide, les portes de Bâb Al-Futuh, Bâb Al-Nasr et Bâb Zuwayla comme faisant partie de son programme de rénovation. En 1171, Saladin est devenu Sultan de Syrie et d'Egypte, et héros incontesté de l'Islam face aux Croisés.
Saladin entrepris l'exécution d'un rêve d'unification architecturale, celui du programme étendu de fortification de la métropole du Caire.
Il voulait réunir le centre économique, l'ancienne cité du sud, à la ville califale d'al-Qâhira, au nord. Les deux ensembles de Fostât, ont été unifiés en une seule muraille de plus de vingt kilomètres de long, et l'ensemble commandé par une citadelle, construite au pied du plateau rocheux de Muqattam. Entre 1171 et 1176, Bahâ'Ad-dîn Qarâqûsh, émir et maréchal à la cour de Saladin, s'est vu chargé de cette tâche d'envergure. Un fossé est creusé sur le pourtour de l'enceinte, depuis Bâb Al-Futuh jusqu'à Bâb Al-Barqiyya. : Le célèbre chroniqueur égyptien Al-Maqrîzî mentionne des traces de ce fossé, à moitié comblé au XVe siècle. Il semble que les courtines et les tours sont en place lorsque le fossé est aménagé en 1192. La muraille est étendue vers le sud en direction de la citadelle, la portion vers Bâb al-Wazir est achevée à ce moment. Enfin, la grande enceinte est améliorée et achevée entre 1200 et 1218, sous les règnes des successeurs de Saladin, Al-Adel et son fils Al-Kamel.
Très rapidement, dès la fin du XIIIe siècle, la muraille n'est plus utilisée en tant qu'élément défensif. Déjà au XIe siècle, l'amoncellement des ordures en périphérie de la cité avait fait l'objet de remarques de la part des chroniqueurs arabes
Tout cela a conduit à des ruptures majeures dans la continuité de cette muraille orientale. Ainsi, certains segments de courtine ont été réemployés pour la construction des habitations, les aménagements internes ont été détruits et des pans entiers de murs furent ensevelis sous les déchets et les gravats du Caire.
C'est cet ensevelissement qui explique sans doute le bon état de conservation de toute une portion de l'enceinte ayyoubide dégagée fortuitement en 1998, au sud de la rue dAl-Azhar. Ces travaux de terrassement furent entrepris par la Fondation Aga Khan afin de créer un grand parc panoramique sur les collines de Darassa et de Darb Al-Ahmar. La fondation pour la Culture de l'Aga Khan a immédiatement mis en place un projet de restauration de la muraille de Saladin en 1999.