16 juillet 2019 12:38

Allocution et discours

Allocution de Sissi sur la Libye

samedi، 23 septembre 2017 - 12:35

Le Président a participé à la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur la Libye, à laquelle ont participé plusieurs Chefs d'État et de gouvernement, dont le Président de la France, les Chefs de gouvernement d'Italie et de Grande-Bretagne, ainsi que M. Fayez Al-Sarraj, Président du Conseil présidentiel du Gouvernement de réconciliation nationale, en sus du Secrétaire général des Nations Unies et du Président de la Commission de l'Union africaine. A cette occasion, Le Président a prononcé le discours suivant:

 

Son Excellence M. Antonio Guterres
Secrétaire général des Nations Unies
Mesdames et messieurs,

je tiens tout d'abord,  à exprimer mon plaisir de participer à ce forum important, qui vise à faire avancer les efforts déployés pour parvenir à un règlement politique de la crise qui  persiste dans la Libye notre sœur depuis plus de six ans, afin de  permettre à son peuple  de récupérer ses ressources, reconstruire sa nation et faire face à la menace du terrorisme.

     

Toute évaluation des récents événements survenus en Libye  prouve  clairement que les éléments de la solution pour ce pays existent et sont disponibles. Nous avons un accord politique, seule base acceptable pour un règlement global en Libye. D'autre part,  un déclin significatif de l'activité des organisations terroristes y a été récemment  noté en raison, principalement, du faible soutien apporté par certaines parties à ces organisations ces derniers mois, en sus des progrès réalisés par l'armée nationale libyenne à cet égard, ce qui offre une véritable opportunité de diriger des coups terribles au terrorisme et rétablir la stabilité en Libye, si les intentions sont sincères et les efforts coordonnés.

 

Aussi, la situation est-elle favorable, tant sur le plan politique que sur le terrain, pour réaliser la percée souhaitée en Libye, tourner cette page douloureuse de l'histoire du peuple libyen frère et entamer  la phase de reconstruction. Toutefois,  la réalisation d'une telle tâche historique est soumise à quatre conditions ou principes fondamentaux, à savoir:

 

Premièrement: Assurer le soutien de la communauté internationale  aux efforts menés par les Nations Unies pour parvenir à un règlement politique global en Libye, atteint par les Libyens eux-mêmes et d'un commun accord, sans nulle tentative d'aucune  partie d'imposer sa tutelle. Toute multiplicité de chemins et de références au règlement en Libye ne serait pas à sa place, une seule base acceptable pour mettre fin à la crise libyenne étant l'Accord de Skhirat, dans lequel pourraient être insérés quelques amendements  en réponse aux préoccupations des différentes parties libyennes,  par le mécanisme prévu à l'article XII dudit  Accord, sous les auspices de l'ONU.

 

Deuxièmement: travailler pour parvenir rapidement à un règlement global avant le terme de la période de transition fixé pour le 17 décembre par l'Accord politique, afin d'éviter les possibilités sérieuses de glisser dans un vide politique et sécuritaire. Le but de ce règlement global est de traiter toutes les questions en suspens dans l'Accord et établir un cadre légitime et constitutionnel consenti par les Libyens pour gérer le reste de la phase de transition sur le plan politique, économique et de sécurité, en prévision  de la tenue des élections présidentielles et parlementaires en Libye en 2018,  qui marqueront la fin de la phase de transition et la restructuration du pouvoir politique d'une manière stable permettant d'entamer le début de la phase de reconstruction.

 

Ici, il convient de souligner qu'il n'y a pas lieu de fragmenter  les éléments de la solution en Libye,  la sortie de la crise politique actuelle ne pouvant se faire qu'à travers un ensemble d'ententes portant sur des questions de gouvernance, liées au Conseil présidentiel et au gouvernement de Réconciliation nationale, à la gestion de la phase de transition, à l'unification de l'institution militaire sous son commandement légitime, à un consensus sur la loi et la gestion des élections législatives et présidentielles, le tout devant être inclus dans une réforme constitutionnelle émise par la Chambre des représentants.

 

Aucun consensus ne peut, certes, être obtenu sur l'un ou l'autre des éléments précités, sans un règlement global incluant tous ces éléments réunis.

 

Troisièmement: Encourager les dirigeants des institutions libyennes légitimes à communiquer davantage, faire preuve de souplesse politique, parvenir à des règlements historiques sur toutes les questions précédentes et  s'abstenir de prendre toute mesure unilatérale qui compliquerait la situation et aggraverait la crise de confiance entre  les dirigeants libyens.

 

Quatrièmement: Augmenter les efforts déployés pour lutter contre le terrorisme en Libye. Aucune  chance réelle pour un règlement en Libye ne peut exister sans confrontation complète et décisive avec les organisations extrémistes et toutes les parties régionales et internationales qui les soutiennent politiquement ou financièrement ou leur fournissent des armes et des combattants.

 

Rendant hommage au récents succès dans la lutte contre les groupes terroristes extrémistes dans plusieurs régions libyennes, notamment à Benghazi et à Syrte, je dois également mettre l'accent sur l'importance primordiale de travailler à soutenir les capacités de l'armée nationale libyenne et  compléter les efforts déployés pour son unification, en parallèle avec la pression continue sur tous les groupes terroristes et ceux qui les soutiennent.

 

Mesdames et messieurs,
      

    Dans le contexte des profondes relations historiques, sociales et politiques entre les peuples frères en Egypte et en Libye, l'Égypte continue à organiser une série de réunions avec les dirigeants libyens, membres de la Chambre des représentants, du Conseil présidentiel et du Conseil suprême de l'État en vue de rapprocher leurs points de vue, en parallèle avec les réunions organisées  au Caire visant la réunification de l'institution militaire ainsi que les réunions axées sur  la réconciliation sociale et tribale entre le peuple libyen frère appartenant aux différentes villes et régions.

 

Ces réunions ont abouti à un consensus croissant parmi les frères en Libye quant à l'importance de préserver les termes de référence de l'Accord politique, avec l'insertion nécessaire d'un nombre limité d'amendements et l'engagement unanime à travailler sous l'égide de l'ONU, tous les autres efforts devant être solidaires et complémentaires  à l'effort de cette organisation découlant de la volonté des Libyens eux-mêmes, sans aucune interférence extérieure. Il existe également un désir certain de créer les conditions favorables  permettant aux institutions engendrées par l'Accord politique de s'acquitter de leurs responsabilités nationales dans un environnement sûr et sécurisé.

 

A cet égard, j'aimerais noter en particulier le succès de la réunion tenue au Caire avant hier, réunissant des militaires de toute la Libye, et le plein consensus sur l'importance de soutenir l'unité de l'institution militaire libyenne, d'en maintenir le professionnalisme et renforcer les capacités afin qu'elle puisse accomplir ses tâches au maximum, pour la protection de l'Etat libyen et de ses institutions légitimes. Au cours de la réunion, il a été convenu de former un comité technique qui se réunira pendant la période à venir pour activer ces principes. Bien sûr, l'Égypte continuera de fournir tout son appui à tout effort visant à soutenir les capacités de l'armée nationale libyenne.

 

Je suis convaincu que les efforts concertés, sous les auspices des Nations Unies,  seront en mesure d'établir le cadre politique global capable d'arrêter l'effusion du sang en Libye, d'éviter le fléau des conflits et des divisions et de permettre au peuple libyen et à ses dirigeants de lutter contre le terrorisme, de reprendre le contrôle de ses ressources et
de reconstruire son Etat.

 Les éléments de la solution sont, comme je l'ai déjà dit, disponibles en Libye, de même que les ressources nécessaires à la reconstruction de l'Etat libyen. Tout ce dont nous avons besoin, c'est la sincérité des intentions et l'unification des efforts pour parvenir au règlement global tant espéré en Libye. Je tiens à vous assurer que l'Egypte est à la tête des Etats qui soutiennent les efforts déployés par les Nations Unies à cet égard.

Merci


Related Stories

Les plus visités

From To