24 août 2019 03:49

Allocution et discours

Discours du Président devant le Sommet arabe

mardi، 17 avril 2018 - 12:30
Discours du Président devant le Sommet arabe

Au nom d’Allah, le Clément le Miséricordieux

 

Votre Majesté cher frère, le Roi Salmân ben 'Abd al-'Azîz Âl-Saoud,

Serviteur des deux Mosquées sacrées et Roi du Royaume de l’Arabie saoudite,

Vos Majestés, vos Altesses et vos Excellences,

M. le secrétaire général de la Ligue des États Arabes, Ahmad Aboul-Gheit,

Mesdames et messieurs,

 

Je tiens tout d’abord à exprimer ma joie d’être parmi vous aujourd’hui, et à transmettre ma gratitude et mon estime à mon frère le Roi 'Abdallah ben al-Hussein du Royaume hachémite de la Jordanie pour les efforts assidus qu’il a consentis pendant sa présidence aux travaux de la session précédente du Sommet arabe. Je suis certain que la sagesse du Serviteur des deux Mosquées sacrées, le Roi Salmân ben 'Abd al-'Azîz Âl-Saoud, donnera un grand essor aux mécanismes de l’action arabe conjointe. Je dois affirmer que l’Égypte n’épargnera le moindre effort pour appuyer la présidence du Sommet, les États frères, ainsi que le secrétaire général de la Ligue des États Arabes (LEA), jusqu’à réaliser les intérêts arabes.

 

Vos Majestés, vos Altesses et vos Excellences,

 

Notre réunion intervient cette fois, alors que la sécurité nationale arabe relève de défis inouïs. Il est des États arabes qui, depuis la première fois dans son histoire, affrontent une véritable menace existentielle et des tentatives méthodiques pour faire choir l’institution de l’État national en faveur d’entités sectaires et d’organisations terroristes. Le projet politique de celles-ci constitue une régression civilisationnelle totale des États arabes, après les accomplissements qu’ils ont réalisés depuis la période de libération, et une animosité globale vis-à-vis de toutes les valeurs humaines communes que les religions célestes avaient prêchées.

 

Et il est des États voisins qui violent les droits de voisinage et font des pieds et des mains pour créer des zones d’influence au sein des États arabes, au détriment de leurs institutions nationales.

 

Nous nous réunissons aujourd’hui, alors que l’armée d’un État régional piétine les territoires de deux États arabes, dans une occupation flagrante des territoires de deux États arabes frères. Simultanément, des réunions sont tenues pour déterminer le sort d’un règlement et mettre fin à une guerre civile atroce qui a fait jusqu’alors un bilan de quelque 500 mille morts parmi les Syriens, sans la présence d’aucune partie arabe, comme si le sort et l’avenir du peuple syrien étaient sous les doigts des nations et devenus l’enjeu des équilibres puissances régionales et internationales.

 

Et voilà une autre partie régionale que l’instabilité qu’a vécu la région pendant les quelques dernières années l’a séduite pour établir y des zones d’influence par le biais de leurs caciques locaux au sein de plusieurs États arabes. Pour être franc, il faut admettre, hélas, que certains frères se sont impliqués dans ces complots tramés par ces parties régionales, et ont appuyé et financé les organisations sectaires terroristes.

 

Il ne faut pas oublier aussi la lésion palestinienne saignante, et les martyrs palestiniens qui tombent chaque jour. La cause palestinienne est la cause centrale des Arabes, qui se trouve au bord de l’abîme des résolutions internationales inactivées et des conflits entre les Palestiniens qui usurpent leur force et leurs ressources minimes, qui ouvrent la porte à l’implantation de l’occupation jusqu’à devenir un fait accompli, et qui pulvérisent le rêve du peuple palestinien à la liberté et à l’indépendance.

 

Je n’exagère donc pas si je dis que nos pays et notre région font effectivement face à la crise la plus grave depuis la période de l’indépendance. La responsabilité de freiner la dégringolade de la situation arabe, de récupérer le minimum de coordination requise et de se tenir fermement face à l’attaque la plus dangereuse incombe à tous.

 

Nous avons aujourd’hui besoin d’une stratégie globale pour la sécurité arabe nationale, pour faire front aux menaces existentielles qui mettent notre région arabe en péril. Nous avons besoin de refonder nos relations avec les États voisins aux Arabes sur des bases nettes, qui partent du respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’arabité des États arabes, et de l’abstention totale d’intervenir dans aucune de leurs affaires intérieures. L’Égypte a déjà proposé plusieurs initiatives pour bâtir une stratégie efficace et globale de la sécurité nationale arabe, et pour assurer les facteurs de défense contre toute agression ou tentative d’ingérence dans les États arabes. Je suis certain que l’élaboration de cette stratégie globale est possible, tant qu’existent la volonté politique collective et la détermination à coopérer pour détenir les leviers de l’initiative, de sorte à arrêter la violation récurrente de la souveraineté et de l’indépendance de pays chers de notre nation arabe.

 

Vos Majestés, vos Altesses et vos Excellences,

 

Nous devons commencer par la cause palestinienne. Les sacrifices du peuple palestinien depuis des décennies mettent la conscience humaine en jeu. La cause de la résistance du peuple palestinien est non seulement la cause des Arabes, mais aussi celle de la Vérité face à la force.

 

Le projet de la résolution, que l’Égypte a contribué à élaborer et que l’Assemblée générale de l’ONU a approuvé en décembre dernier avec les voix majoritaire de 128 États, prouve que le droit arabe à al-Qods est immuable et inaltérable et ne peut pas faire l’objet de confiscation. Les Arabes restent attachés au choix de la paix comme le seul choix stratégique plausible, et les initiatives arabes de la paix restent les plus adéquates pour mettre un terme à l’occupation, dépasser des décennies de conflit dévastateur et commencer une période de construction dont il est temps à nos peuples de recueillir les fruits.

 

Il incombe à la communauté internationale en entier, sans équivoque, de faire face aux politiques de perpétuer l’occupation, à la création de nouvelles réalités sur le terrain. Il lui incombe également de faire face aux tentatives de confisquer les droits palestiniens aux territoires occupés et surtout à al-Qods-Est, et de priver le peuple palestinien de ses droits et ses services les plus élémentaires, surtout à cause de la crise à laquelle se heurte l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) suite à la pénurie de l’argent dont il a besoin pour pourvoir aux besoins de la survie de 5 millions de réfugiés palestiniens, ce qui préjudicie donc à un grand secteur du peuple palestinien.

 

Quant à nous, il nous incombe de faire une critique de soi, car le droit palestinien n’aurait jamais été atrocement attaqué et révoqué en cause, si ce n’était la division palestinienne qui dure maintenant depuis deux décennies. Je dois dire franchement que nous ne devons pas permettre que la poursuite de cette division palestinienne soit un prétexte pour la persistance de l’occupation. L’Égypte conjugue ses efforts avec les frères palestiniens pour tourner cette page triste de leur histoire. Il est temps de combler ce fossé injustifié, de passer outre les rivalités partiales pour prévaloir l’intérêt de la patrie, et de restituer l’unité du rang palestinien qui constitue une condition sine qua non pour se lancer dans le combat des négociations, de la paix et de la récupération du droit.

 

Vos Majestés, vos Altesses et vos Excellences,

 

Lorsque nous tournons le regard n’importe où dans la région, de l’Iraq au Yémen, de la Syrie à la Libye, nous nous apercevons du même danger qui envahit tous nos États arabes, celui des organisations terroristes et des entités sectaires. Lesquelles abusent de nos croyances religieuses et de la variété de nos cultures dans la région pour investir les vastes horizons de la coopération, de la tolérance et de l’enrichissement culturel en faveur de leurs imaginations maladives, hostiles à la civilisation humaine, et incapables d’envisager une relation interhumaine à l’abri des conflits sanglants.

 

Je suis certain que vous suivez tous les énormes efforts consentis par les Forces armées et la Police égyptiennes pour mener le combat de la vie et de l’honneur, la Bataille du Sinaï 2018, dont les victoires se succèdent jour après jour jusqu’à écraser les forces du mal et du terrorisme qui menacent non seulement l’Égypte et son peuple, mais aussi la région et la civilisation humaine en entier.

 

Notre combat n’est qu’une partie essentielle d’une guerre globale, que nous devons tous conjuguer nos efforts pour la mener contre les organisations terroristes, où elles se trouvent. Cette guerre globale doit s’étendre sur tous les éléments du terrorisme : l’organisation, l’armement, l’appui politique, la couverture idéologique et médiatique. En fait, celui qui porte l’arme est le dernier anneau de cette chaîne scélérate, précédé par celui qui le finance et qui lui donne l’arme, l’abri sûr, la tribune médiatique et la justification idéologique, mais aussi par celui qui l’utilise comme instrument pour établir des zones d’influence et intervenir dans les affaires intérieures de nos pays arabes. Il n’y a pas moyen de faire des exceptions dans cette chaîne criminelle, car tous ces éléments sont des associés dans le terrorisme, et des responsables des crimes odieux commis par ces organisations terroristes.

 

Au moment où je m’exprime satisfait de la décision proposée par notre Sommet arabe pour promouvoir le système arabe global de lutte antiterroriste, je garde l’espoir de voir retrouver la raison ceux qui insistent à se tenir dans le mauvais côté, à protéger et à étayer le terrorisme d’une manière qui s’oppose catégoriquement aux enseignements de l’Islam, aux liens de fraternité et d’arabité, mais aussi aux valeurs de l’humanité et de la civilisation.

 

Vos Majestés, vos Altesses et vos Excellences,

 

L’Égypte exprime son extrême anxiété vis-à-vis de la présente escalade militaire sur la scène syrienne, compte tenu son impact sur la sûreté du peuple syrien frère, et le péril dans lequel elle met l’exécution des ententes sur la détermination des zones d’apaisement des tensions. À ce titre, l’Égypte affirme son refus absolu à l’usage de toute arme internationalement interdite dans les territoires syriens, et réclame une enquête internationale transparente à ce propos, conformément aux mécanismes et aux références internationales.

 

Il est temps d’agir sérieusement pour arrêter l’effusion du sang syrien, qui a fait jusqu’ici plus de 500 morts, sans mentionner les millions d’expatriés et de réfugiés en Syrie et dans les États arabes et étrangers voisins.

 

Il ne suffit pas de réitérer notre engagement aux références du règlement politique et aux résolutions correspondantes du Conseil de Sécurité. Nous devons adresser un message net et sans équivoque, comme quoi la Syrie est une terre arabe dont le sort et le règlement des problèmes ne peuvent être déterminés que selon la volonté du peuple syrien.

 

Les efforts arabes, et notamment la coopération égypto-saoudienne, ont joué un rôle primordial dans l’union de toutes les organisations de l’opposition syrienne. Nous attendons de l’ONU une action rapide, de concert avec les États arabes, pour commencer le travail du comité de l’élaboration de la constitution syrienne en tant que prélude à la reprise des négociations. Mais il sera inadmissible de former ce comité ou de reprendre les négociations à la lumière de comptes et d’équilibres entre des parties non arabes. Les Syriens eux-mêmes et les Arabes doivent être des principaux partenaires dans les efforts de la paix en Syrie, puisqu’ils ont le véritable intérêt dans la sauvegarde de l’intégrité et de la sécurité régionale de la Syrie.

 

Il en est de même pour la Libye. Il nous incombe tous de sauvegarder l’intégrité, la sécurité et l’arabité de ces États, de barrer la route à toutes les tentatives déployées par les organisations terroristes et de leurs parrains régionaux et internationaux pour déchirer ces patries arabes. Nous ne permettrons pas que ces États frères restent la scène de conflits internationaux et régionaux qui éparpillent les peuples et anéantissent leurs ressources.

 

L’Égypte continue à appuyer tout effort prodigué pour sauvegarder l’intégrité de la Libye et pour rétablir ses institutions. Vous suivez peut-être les efforts égyptiens constants déployés pour unir l’institution militaire libyenne et pour créer une garantie de sécurité sur laquelle table le processus de la restitution de l’État national en Libye et de l’extermination du terrorisme.

 

En outre, l’Égypte est engagée à restituer la stabilité au Yémen et à réaliser la solution politique équitable, qui ne peut avoir lieu sans les principes du respect de l’intégrité et de la souveraineté de l’État yéménite, le refus des tentatives déployées par un groupe politique pour imposer ses ambitions expansionnistes à l’ensemble des Yéménites, tout en tirant force de puissances régionales et étrangères. Le Yémen n’aura pas d’avenir sans un règlement politique, lequel ne peut être que purement yéménite, loin des convoitises régionales et de la logique du plus fort. En même temps, l’Égypte n’acceptera jamais que des éléments yéménites attaquent les territoires saoudiens par des bombes balistiques, car cela passe pour une menace à la sécurité nationale arabe. 

 

Vos Majestés, vos Altesses et vos Excellences,

 

Les défis sont énormes, mais je suis certain que notre détermination est sincère et que les efforts coordonnés entre les États arabes sont capables de les relever. L’Égypte réitère son engagement d’être toujours au cœur de tout effort qui vise à revivifier notre action arabe conjointe et à faire front aux convoitises régionales extérieures dans notre région. En fait, la sécurité nationale arabe est indivisible, et nos peuples attendent beaucoup de ce Sommet. Soyons donc a la hauteur de leurs aspirations et de leurs ambitions.

 

Qu’Allah nous accorde tous le succès à ce qui profite à notre nation arabe.

 

As-Salâmou 'Alaykoum Wa Rahmatoullâhi Wa Barakâtouh.

 

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