16 juillet 2019 04:45

Allocution et discours

Discours du Président al-Sissi à la Conférence de Munich sur la Sécurité

dimanche، 17 février 2019 - 05:39

Chère assistance,

Permettez-moi au départ de rendre hommage au président de la Conférence, l’ambassadeur Wolgang Ischinger, qui m’a invité à prendre part à cet important Forum. Et ce, non seulement en ma qualité de président d’un État qui réagit activement avec son environnement régional afro-arabe et qui joue un rôle principal dans l’établissement de la sécurité, de la stabilité et du développement au Moyen-Orient et au Continent africain, mais aussi parce que l’Égypte vient de prendre, depuis quelques jours, la relève à la présidence tournante de l’UA pour l’année 2019. Et parce que l’Égypte tend, à son habitude, à exprimer les soucis des peuples africains frères qui cherchent à réaliser la stabilité et le progrès et à relancer le processus de développement.

Chère assistance,

La Conférence est tenue cette année au milieu de défis et de périls croissants et compliqués, dont la persistance des foyers de tension et de conflit à l’échelle internationale, la propagation des fléaux du terrorisme et de l’extrémisme, et la montée des taux de la criminalité organisée. D’où les pressions exercées sur la notion de l’État national, l’effondrement de ses institutions, et la complication exacerbée du statu quo d’une manière qui menace davantage le sort, la sécurité et la stabilité des peuples. Le poids de ces défis s’est alourdi par la polarisation et les affrontements politiques qui règnent le système international, en plus des défis naturels, dont les changements climatiques, la désertification, la pénurie en eau, etc. Ces difficultés requièrent le renforcement des efforts internationaux, car aucun État ni groupe restreint n’est capable de relever seul les défis contemporains qui ne reconnaissent plus les frontières et dont l’impact est ressenti par tous.

Ces défis sont fort patents aussi bien au Moyen-Orient qu’en Afrique. Nous témoignons de conflits armés, de guerres civiles, de heurts raciaux et sectaires, d’attaques terroristes, en plus des calvaires de l’indigence, du chômage, de la faible productivité, du niveau réduit des différents services, ainsi que les conséquences qui s’y ensuivent, dont les crises économiques, l’instabilité des marchés monétaires, la conditionnalité du flux des capitaux, et l’exacerbation du phénomène de l’endettement. Tous des problèmes qui exigent, pour les régler, une coopération internationale sincère, fondée sur la révision et l’évaluation des modèles de coopération classiques. Une coopération qui contribue à l’extermination des conflits et au redressement de plusieurs domaines à priorité suprême, dont l’enracinement des notion de la bonne gouvernance, de la protection des droits de l’Homme dans son sens global, de l’autonomisation de la femme, la moitié effective de la société, l’optimisation du niveau de l’éducation, de la santé, de l’infrastructure, de l’agriculture et du développement rural, la création de chances d’embauche, l’amplification des investissements et du commerce, et l’appui de l’intégration et de la complémentarité régionale.

Mesdames et messieurs,

À la lueur de ces défis, les priorités de l’UA pour l’année 2019 se focalisent sur la relance de la complémentarité économique régionale sur l’échelon continental, en procédant avec pleine concentration à augmenter les investissements dans le domaine de l’infrastructure, à faciliter le commerce interétatique en accélérant l’entrée en vigueur de la ZLEC, à élaborer sans répit les programmes et plans de développement durable dans le cadre de l’agenda de l’Afrique 2063 et à les mettre graduellement en œuvre, en plus du renforcement des capacités nationales et régionales dans ce sens.

Il est peut-être indispensable de souligner, dans ce contexte, que comme nous sommes au seuil de l’année 2020, année du « silence des canons » au Continent, la reconstruction et le développement après les conflits figurent parmi les priorités des États membres de l’UA. Car cela permettra la restitution de la stabilité au quatre coins du Continent, et aidera les institutions de l’État à assumer leurs responsabilités. Dans le même ordre, l’Égypte œuvre de concert avec le Commissariat de l’UA en vue de baptiser le Centre de l’UA pour la reconstruction et le développement, qui aura son siège au Caire. Espérons qu’il devient un dispositif efficace, susceptible d’assister les États sortant des conflits armés, de définir leurs besoins, et de cristalliser leur perspective nationale vis-à-vis du cap de la reconstruction. De là, l’Égypte est favorable à la coopération avec tous les partenaires internationaux, afin d’ancrer le système de sécurité et de réaliser le développement durable dans le continent africain. Cela peut avoir lieu en consolidant les moyens de la coopération, basée sur la mobilisation de toutes les ressources, et sur le profit tiré des expériences africaines et internationales. En fait, l’investissement dans le Continent africain est un investissement  ipso facto placé dans notre avenir, puisque le nombre de ses habitants se chiffre à un milliard de personne et puisqu’elle possède des ressources, des potentialités et des richesses qui, une fois bien exploitées et employées, feront de l’Afrique le locomotive de la croissance économique mondiale pendant les prochaines décennies.

Mesdames et messieurs,

Le terrorisme est devenu bel et bien un phénomène international à risques très élevés qui peuvent mener à la déstabilisation des communautés. D’où les efforts assidus et sincères que tout le monde doit déployer pour éradiquer ce phénomène odieux, première menace pour la réalisation du développement. Ces efforts consiste, entre autres, à sévir contre les groupes et les organisations terroristes, ou même contre les États qui ferment les yeux ou, dans des cas plus flagrants, soutiennent le terrorisme, dans le dessein d’atteindre des objectifs politiques ou des convoitises régionales.

Il convient de souligner, dans ce contexte, que le non-règlement juste et définitif de la Cause palestinienne constitue la principale source d'instabilité au Moyen-Orient. En fait, cette Cause est le plus ancien conflit politique que nous témoignons tous, et un lourd héritage qui pèse sur notre conscience depuis le début du XXe siècle. La Communauté internationale doit absolument conjuguer ses efforts pour mettre un terme tant attendu à ce conflit, conformément aux références internationales pertinentes et convenues, au principe de la solution des deux États, et au droit des Palestiniens à établir leur État sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale et à voir soulagée leur souffrance quotidienne. Cela constituera le véritable point de départ à l’aboutissement à des solutions efficaces aux autres conflits.

La question de la sécurité en Libye constitue également l’un des problèmes les plus pressants sur la scène africaine. Cette question nous impose d’assurer l’appui nécessaire au processus de règlement politique et aux efforts de l’envoyé spécial des Nations Unies, et de soutenir et de renforcer l’autorité des institutions de l’État, dont l’armée. L’Égypte a toujours été soucieuse de prêter mainforte aux frères libyens pour les aider à se rétablir, à unifier leur institution militaire et à mettre en place un processus politique durable, qui doit exercer une influence positive aussi bien sur le peuple libyen que sur la situation dans la région de l’Afrique du Nord comme dans celle du Sahel.

Je ne manque pas, dans ce contexte, d’aborder la question de l'immigration et des réfugiés, qui exige un traitement global et créatif. Lequel prend en considération les racines des crises qui ont engendré ce problème, et cherche à atténuer la souffrance humaine qui y est associée. En fait, le plus lourd fardeau des conséquences du déplacement est jeté sur les épaules des États voisins, qui accueillent la majorité des migrants et des déplacées en Afrique. Conscients de l'importance de trouver un remède efficace à ce phénomène, les États du Continent africain ont adhéré au processus de la Valette et de Khartoum, et certains d’entre eux ont participé à l'élaboration du Pacte international sur les migrations (OIM), en tant que cadre organisé permettant la coopération et l'action conjointe pour trouver des solutions constructives à ce défi.

Par ailleurs, les efforts et initiatives nationaux, entrepris dans de nombreux pays africains, ont contribué à améliorer le traitement de ce phénomène. Il s’agit par exemple des efforts déployés par l'Égypte qui a réussi à empêcher toute tentative d'immigration clandestine sur ses côtes depuis septembre 2016. L'Égypte a parallèlement entamé des dialogues bilatéraux avec nombre d’États européens pour nouer une coopération bilatérale face à ce phénomène, non seulement du côté de ses répercussions, mais aussi des moyens de remédier à ses causes. Elle a en outre accueilli des millions de réfugiés qui vivent en pleine intégration au sein de la société égyptienne, sans aucune assistance étrangère tangible, et sans que l’Égypte n’en fasse un objet de marchandages, puisqu’il s’agit d’une question humanitaire en premier lieu.

Mesdames et messieurs,

La foi que place l'Égypte dans l'importance du dialogue international lié aux problèmes de la paix et de la sécurité nous a motivés à baptiser le Forum d'Assouan sur la sécurité et le développement durable, dont la première édition aura lieu fin 2019. Ce Forum sera une tribune internationale pour examiner les moyens de consolider le lien entre la paix et le développement, pour cristalliser des notions et des propositions pratiques, relatives à des programmes de développement transitoires susceptibles d’approfondir la culture de la paix, et pour relancer les efforts de la reconstruction post-conflits.

En conclusion, nous pouvons confirmer que l'axe de la sécurité et des politiques que nous cherchons à concrétiser dans son sens global, politique, économique et culturel, restera le point commun sur lequel nous devons tous nous concentrer et à propos duquel nous devons tous coopérer au cours des prochaines années.

Je vous remercie

As-Salâmou 'Alaykoum Wa Rahmatoullâhi Wa Barakâtouh

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