23 août 2019 09:10

Les efforts diplomatiques égyptiens pour régler la crise libyenne

samedi، 09 mai 2015 - 12:00

Les relations avec la Libye acquièrent une importance particulière pour l’Egypte, surtout à la lueur des dernières évolutions au sein de la communauté internationale, dont la reformulation des coalitions politiques, internationales et régionales, en considérant les dimensions géographiques et les intérêts communs. Ces relations bilatérales avec la Libye revêt également d’une importance stratégique, non seulement pour es deux pays voisins, mais aussi pour toute la Nation arabe, surtout pendant cette période critique.

Ces considérations ont amené l’Egypte à prodigué tous les efforts possibles pour restituer la sécurité et la stabilité de la Libye et, du coup, établir des projets de développement durable conformes aux ambitions du peuple libyen, notamment après que le chaos et les troubles sont devenus la description adéquate à la conjoncture libyenne. La décapitation de 21 Égyptiens par les éléments de Daech, le 15 février 2015, serait peut-être un exemple saillant sur la croissance du péril du terrorisme en Libye, sans mentionner les dangers des bandes de l’immigration clandestine.  

Partant, les dernières mutations sur la scène libyenne, qui s’exacerbent de jour en jour, menacent non seulement la sécurité nationale égyptienne, mais aussi la paix et la sécurité mondiale ; un fait confirmé par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, devant le Conseil de Sécurité, le 18 février 2015.

Ces mutations ont entraîné la cristallisation d’une attitude égyptienne vis-à-vis de la crise libyenne ; une attitude qui respecte des constantes définies et des considérations logiques déterminées par les facteurs géo-historiques.
Le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi exprime cette attitude pendant ses entretiens avec les délégations étrangères, dont les derniers ont eu lieu le 4 mai 2015 avec une délégation du Congrès. Au cours de ces derniers entretiens, le président égyptien a affirmé que l’opération de l’OTAN en Libye était incomplète et avait un impact négatif sur le peuple libyen, tout en préconisant le soutien des institutions étatiques libyennes, soit le gouvernement, le parlement et l’armée libyens.

Premièrement : la scène libyenne entre le pouvoir et les conflits des milices :

Depuis la chute du régime du Qadhafi, l’État libyen est devenu incapable de contrôler ses institutions et de protéger ses territoires. Les schismes et les conflits politiques ont généré des entités, métamorphosées plus tard en milices et en factions de tendances religieuses et tribales qui s’entretuent férocement pour enfin arracher une partie des territoires libyens, faisant fi des intérêts et du sort de leur patrie. Ils ont profité de la dégradation de la situation sécuritaire pour répandre les actes de violence et atteindre ainsi leurs objectifs.

À la lueur de cette situation désastreuse, les péripéties qui se déroulent sur la scène libyenne constituent désormais un vrai défi sécuritaire pour l’Egypte, vu que les lignes frontalières communes sont devenues une source de menace directe. En fait, les frontières sont devenues le point d’accès pour les trafiquants qui injectent illégalement des armes en grande quantité dans les territoires égyptiens, et pour les milices qui s’introduisent en Egypte pour exécuter des opérations terroristes sur ses territoires, dont la plus récente étaient l’assassinat de plus de 20 soldats égyptiens par des groupes terroristes armés provenant de la Libye.

C’est cette situation désastreuse qui a amené le Conseil européen pour les relations étrangères d’émettre un communiqué le 6 août 2014, dans lequel il a sonné l’alarme contre la défaite de Libye en tant qu’État, car cela aura des conséquences néfastes sur la sécurité et sur les intérêts européens.

- La Libye : point de départ de la migration clandestine :

Au cœur de cette mer houleuse de crises, une autre commence à poindre : la migration clandestine vers l’Europe. En fait, la Libye est devenue une région d’attraction pour ceux qui désirent émigrer d’une manière illégale vers l’Europe, comme ont affirmé les recensements de l’Organisation internationale pour la Migration (OIM).

Comme les milices et les mercenaires répandus sur les territoires libyens ont contribué dans une large mesure à l’aggravation de cette crise, il est difficiles pour les autorités libyennes de contrôler cette activité. Un aveu de l’ex-premier ministre libyen Ali Zidan, qui a jugé impératif de réactiver les accords conclus avec nombre d’Etats européens, et notamment avec l’Italie, et portant sur la lutte contre la migration clandestine et sur la sécurisation des frontières. 

Vu l’importance de ce dossier et ses effets négatifs sur la sécurité de la région de la Méditerranée et de l’Europe, un Sommet extraordinaire a été tenu à Bruxelles le 23 avril 2015 comme réaction au naufrage de 800 migrants clandestins près des bords libyens. Le Sommet a été conclu par un paquet de procédures à prendre face à la migration clandestine dans la Méditerranée. Tripler le financement de la lutte contre la migration clandestine en Méditerranée et combattre les bandes responsables de cette migration en détruisant leurs réseaux et leurs bateaux figurent parmi ces procédures.

De son côté, le délégué permanent de la Libye auprès de l’ONU, Ibrahim al-Dabbâchi, a déclaré le 3 mai 2015 que les procédures européennes sont inutiles, appelant la communauté internationale à aider le gouvernement libyen pour imposer sa souveraineté sur l’intégralité de ses territoires et pour freiner la migration clandestine en Méditerranée.

Il a ajouté que la restitution de la stabilité en Libye est le seul moyen pour rabattre le phénomène de la migration clandestine, soulignant que le contrôle du gouvernement sur tous les ports de l’Etat et la surveillance des littoraux sont susceptible d’exterminer ces activités illégales. Il a expliqué que l’axe de cette traite est situé dans le littoral libyen de l’ouest, soumis à des groupes extrémistes qui perçoivent des tributs pour soutenir et protéger les trafiquants.
En dépit des crises ramifiées qui envahissent la Libye, le règlement politique reste une option convenable, bien que les rounds des pourparlers de septembre 2014 à janvier 2015 n’aient abouti à aucun résultat concret à cause de la multiplicité des parties en conflit et de leurs intérêts.

Deuxièmement : l’attitude égyptienne vis-à-vis de la crise libyenne :

L’attitude égyptienne vis-à-vis de la crise libyenne et les efforts diplomatiques déployés pour restituer la sécurité et la stabilité dans ce pays voisin ont des traits distincts, que le président al-Sissi a bien cités en points lors de l’inauguration du Sommet arabe, tenu en mars 2015 à Charm el-Cheikh. Il s’agit des points suivants :

-  L’opération entreprise en Libye par l’OTAN n’était pas complète et avait un impact négatif sur le peuple libyen, dont le sort est devenu entre les mains de groupes extrémistes armées, au moment où une armée nationale qui peut le protéger fait défaut.

- Le rétablissement de la sécurité et de la stabilité en Libye est extrêmement important non seulement pour l’Egypte en raison des facteurs géo-historiques prolongés, mais aussi pour la région et les Etats arabes en raison des menaces entrelacées ainsi que de l’objectif et du sort commun. Ajoutons à cela les considérations relatives au maintien de la paix et de la sécurité internationale, influencées par les mutations sur la scène libyenne et l’escalade des menaces terroristes.

- En se fondant sur ce qui précède, la protection de la sécurité nationale égyptienne motive l’action égyptienne, surtout à cause du danger imminent qui menace les frontières égyptiennes. Certes, la contigüité géographique entre la Libye et l’Egypte fait que la dégradation sécuritaire dans la première aura des conséquences négatives sur la seconde, dont le trafic de grandes quantités d’armes vers les territoires égyptiens et les agressions contre la main-d’œuvre égyptienne en Libye qui prennent la forme tantôt de meurtres, tantôt d’enlèvements.

- Le soutien de l’Egypte à la Chambre de députés élue et au gouvernement qui en dérive émane en principe du respect égyptien à la volonté du peuple et à son droit à l’autodétermination, ainsi que du refus à toute ingérence dans les affaires libyennes.

- L’Egypte appuie les deux actions politique et sécuritaire en Libye jusqu’à y réaliser la stabilité aspirée. C’est ce qu’a affirmé le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri, dans son communiqué prononcé le 18 février 2015 devant le Conseil de Sécurité, lorsqu’il a dit : « Le règlement politique est une nécessité, mais qui n’empêche pas de faire front au terrorisme ».

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