18 août 2019 01:34

La mosquée d’Al-Azhar

lundi، 25 avril 2016 - 10:55

Le célèbre foyer d’enseignement traditionnel de l’Egypte et du Proche-Orient

 Al Azhar, grande mosquée qui fut fondée par les Fatimides au Caire en 972, et qui demeure jusqu'à nos jours le plus célèbre foyer d'enseignement traditionnel de l'Egypte et du Proche-Orient arabe.


Le nom d'Al Azhar ou "la brillante" est souvent mis en rapport avec l'épithète Al Zahrâ' appliquée à Fâtima mais rien ne confirme cette interprétation alors que la seconde mosquée édifiée au Caire par les Fatimides s'appelait de façon similaire al-Anwar ou "la lumineuse". Peut-être faudrait-il voir dans ces deux qualificatifs une allusion à l'éclat de la doctrine ismaïlienne sur laquelle reposait la propagande particulière de leur da'wa. 

Les travaux de la nouvelle mosquée, située à proximité du palais du souverain commençèrent en 970 et durèrent deux ans pour faire cet édifice où le calife devait se rendre normalement pour diriger la Prière, le splendide symbole de la ville de gouvernement et le centre d'endoctrinement ismaïlien organisé pour soutenir les positions religieuses des nouveaux maîtres de l'Egypte. Les transformations nombreuses que subit ensuite le bâtiment ont laissé subsister quelques vestiges témoignant, de son ancienne décoration et permettant de reconstituter son ordonnance primitive. On sait qu'en 1975, le fils du cadi al Nu'man y donna des cours defiqh ismaëlien fondés sur les ouvrages de son père et que lui succédèrent des juristes installés par le calife Al-'Aziz dans une demeure voisine ainsi que d'autres savants qui travaillaient dans le Dâr al -Hikma ou "maison de la sagesse" créée un peu plus tard par le calife al Hâkim.

La mosquée al-Azhar fut édifiée dans la nouvelle ville du Caire sur ordre du calife fatimide Al- Mu‘izz. Dès 988-989, elle devintmadrasa et fut dotée, par le calife al-‘Azîz, d’un enseignement chiite, permettant de former des missionnaires. Très importante durant toute l’histoire du Caire, elle a été largement reprise, agrandie, aménagée et restaurée au fil du temps.

De plan arabe, elle se composait à l’origine d’une salle de prière hypostyle rectangulaire à cinq nefs parallèles à la qibla, une travée centrale perpendiculaire plus large, magnifiant le mihrâb. Ce schéma reprenait celui d’Ibn Tulûn et, plus lointainement, celui de la Grande Mosquée de Damas (Syrie, 705 – 715), qui ne présente toutefois que trois nefs parallèles à la qibla. L’allée centrale était bordée de couples de colonnes, comme à Kairouan. Selon Creswell, la cour était alors entourée d’un portique à colonnes sur deux côtés seulement, à l’instar de mosquées de l’Occident musulman, comme celles de Cordoue, Kairouan et Tunis, ce qui pourrait rappeler l’épisode maghrébin de la dynastie fatimide (909 – 969), précédant leur arrivée en Égypte. Il y aurait eu trois dômes, l’un devant lemihrâb, les deux autres aux angles du mur qiblî de la salle de prière. Un nouveau portique à colonnes autour de la cour et un dôme à l’entrée du transept furent ajouté sur ordre du calife Al-Hâfiz (1131 – 1149) ; le revers de l’entrée et l’entrée de la nef centrale furent alors signalés par des groupes de trois colonnes.

La mosquée présente encore par endroits un riche décor de stuc fatimide, où se mêlent des éléments végétaux naturalistes (palmiers) ou stylisés, des motifs géométriques comme des rosaces et des calligraphies en kufique fleuronné. La plupart des motifs de stuc dérivent de ceux des mosquées de Samarra (Irak, deuxième moitié IXe siècle) et Ibn Tulûn, mais d’autres décors rappellent des œuvres byzantines, en particulier les pendentifs de Sainte-Sophie.  

L’édifice fut abandonné sous les Ayyubides, qui désiraient rétablir le sunnisme et supprimer toute trace du chiisme fatimide. Mais sous les Mamlûks, elle retrouva une place prépondérante, grâce aux restaurations du sultan al-Zâhir Baybars en 1266, qui lui donna le privilège de la prière du Vendredi. Les autres sultans mamluks lui ont ajouté plusieurs madrasas, en 1309 (Madrasa al Taibarsiyya, à droite de l’entrée de la porte de Muzaynin), 1340 (madrasa Al- Aqbaghadiyya, à gauche de la porte de Muzaynin), 1440 (La Madrasa al- Jawhariyya,  coté nord-est). D’autres ont construit des minarets : un par Qâ’it Bay en 1468, deux autres par al- Ghurî ;  à deux lanternons, ils se distinguent par leur deux escaliers permettant la montée simultanée de deux personnes sans se voir. De nouveaux travaux eurent lieu à la période ottomane :  ‘Abd al-Rahmân Katakhûda entreprit en 1753 des travaux de restauration et d’importants ajouts, agrandissant la mosquée en lui ajoutant des nouvelles travées, après avoir détruit en partie le mur qiblî à gauche du mihrâb, laissé intact.  Il restaura également les madrasaTaybarsiyya et Aqbaghdiyya, et ajouta à la mosquée trois minarets, dont un a été détruit à l’époque du Khédive Abbas Hilmî II.

Actuellement, la principale université du Caire porte le nom d’al-Azhar.




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