16 octobre 2019 07:21

Le problème des mines en Egypte

mercredi، 16 septembre 2009 12:00

L’Egypte souffre du problème des mines terrestres anti-humaines et antichars, propagées dans de grandes superficies au Littoral-Nord et au Sina?. La seconde guerre mondiale a laissé dans la région d’Al-Alamein, au sud du Littoral-Nord et jusqu’aux frontières ouest d’Egypte, environ 17,5 millions de mines qui occupent une superficie évaluée à plus de 250 mille feddans arables.

Les guerres égypto -israéliennes ont également laissé environ 5,5 millions de mines au Sina? et dans le désert oriental. Selon les statistiques officielles, le nombre des mines en Egypte a baissé à 21,800 millions, après que les forces armées égyptiennes ont réussi, en 1995, à éliminer 1,200 millions de mines.

* Séquelles négatives des mines en Egypte : 
Ce nombre énorme de mines en Egypte entrave, sans aucun doute, le processus de développement, comme suit :

Le désert oriental : 
1- Empêchement de plusieurs projets de développement touristique sur les rives de la mer Rouge et du Sina?, et hausse des coûts des projets exécutés dans cette région comme conséquence de la hausse des coûts de leur épuration des mines. 
2- Empêchement du processus de développement industriel et de l’édification de nouvelles communautés urbaines. 
3- Empêchement du processus de développement agricole dans quelques régions de la plaine d’Al-Tineya, de Balouza et du Nord du Sina?. 
4- Empêchement de la prospection du pétrole. 
Le désert occidental : 
1- Empêchement de la culture d’énormes superficies arables dans des régions telles Al-Hammam et Al-Alamein. 
2- Empêchement des projets de développement dans le littoral Nord et quelques régions de Marsa Matrouh. 
3- Empêchement du projet géant de la production de l’énergie dans la dépression d’Al-Qattara, à cause des mines qui entravent le chemin vers le Canal. 
4- Empêchement de la prospection du pétrole.

* Problèmes et entraves de l’élimination des mines en Egypte : 
a- Multiplicité des genres de mines anti-humaines et antichars, semées dans le désert occidental d’Egypte au cours de la seconde guerre mondiale. 
b- Le mouvement des mines à cause des dunes et des changements climatiques pendant plus d’un demi siècle. 
c- Sensibilité des mines à l’explosion à cause de leur ancienneté ou des facteurs atmosphériques. 
d- Absence de cartes pour ces mines. 
e- Manque de routes aplanies pour parvenir aux régions minées. 
f- Manques d’équipements sophistiqués pour éliminer les mines. 
g- Hausse des coûts de l’élimination d’environ 23 millions de mines. 
h- Les grandes charges humaines reliées au processus de l’élimination des mines, et l’insuffisance du nombre d’experts. 
i- La non insertion de l’Egypte sur la carte de l’action internationale pour la lutte anti-mines.

Efforts déployés pour l’élimination des mines en Egypte : 
- Au cours de la Conférence du Désarmement tenue à Genève en 1996, l’Egypte a demandé aux Etats qui avaient semé les mines dans ses territoires d’assumer la responsabilité de leur élimination.

- Au cours de la rencontre tenue en mars 1998 entre le ministre égyptien de la défense et son homologue allemand, l’Allemagne s’est révélée prête à présenter l’aide technologique et financière pour éliminer les mines. L’Allemagne a accordé à l’Egypte, en octobre 1998, 110 appareils de détection de mines.

- Au cours des réunions de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, le délégué de l’Egypte auprès des Nations Unies a demandé aux Etats qui avaient semé les mines en Egypte d’assumer leur responsabilité et de présenter les cartes et les registres démontrant les sites des champs de mines.

- Le ministère de la défense a publié un livre intitulé "Iron Killers", qui constituait une sensibilisation mondiale du problème des mines en Egypte.

- Le question des mines en Egypte a été soulevée au cours des discussions du Comité de l’enseignement et de la recherche scientifique relevant de l’Assemblée du Peuple.

- Le ministère égyptien des affaires étrangères a déployé de grands efforts pour faire des contacts avec les Etats concernés et à leur tête la Bretagne et l’Allemagne, et leur demander de présenter des aides, des équipements et des stages dans le but d’éliminer les mines.

Centre de la lutte anti-mines en Egypte : 
Créé le 3 décembre 1997, il constitue une organisation non-gouvernementale et le premier centre en Egypte et dans le Moyen-Orient pour la lutte anti-mines, et vise à coopérer avec plusieurs organisations internationales et régionales et avec les autorités officielles œuvrant dans le domaine de la lutte contre les mines dans le monde. Il comprend une élite de professeurs universitaires, de journalistes, d’avocats, de médecins, d’ingénieurs et de chimistes. La référence du Centre repose sur les règles du droit humain international et les conventions internationales luttant contre les mines.

Objectifs les plus importants du Centre : 
- Observation géographique minutieuse des sites des mines, et leur détermination par des barrières et des signaux d’alarme. 
- Observation du nombre réel des victimes des mines, soit tués ou blessés, et leur classification. 
- Assurance des services juridiques et sanitaires aux victimes des mines, et habilitation des handicapés pour les intégrer au reste de la société. 
- Sensibilisation au danger des mines. 
- Purification des régions atteintes par les mines, en profitant des efforts internationaux, officiels et populaires locaux.

Dans le but de consolider son action, le Centre veillait à échanger avec les Etats et les organisations concernées, les données et les expertises dans le domaine de la lutte anti-mines. Les efforts déployés par le Centre ont débouché sur son adhésion au membership de la campagne internationale pour l’interdiction des mines, et à celui de la Coalition des organisations non-gouvernementales pour créer une cour pénale internationale. Le Centre a également lancé la campagne arabe pour la lutte anti-mines, composée de 13 organisations non-gouvernementales.

Position de l’Egypte vis-à-vis de la Convention d’Ottawa pour l’interdiction des mines :

Bien que l’Egypte n’aie pas signé la Convention d’Ottawa pour l’interdiction de l’usage, du transport, de l’emmagasinage et de la production des mines anti-humaines, conclue en décembre 1997, elle a accordé son appui de principe à l’objectif de cette Convention. L’Egypte avait également participé à toutes les étapes préparatoires de cette Convention.

Dans les réunions des experts pour discuter le projet de la convention, tenues à Oslo en septembre 1997, l’Egypte a demandé davantage de pression internationale pour inciter les Etats qui avaient participé aux combats de la seconde guerre mondiale déroulés sur la terre d’Egypte, à présenter les cartes des mines et le plus grand soutien pour les éliminer.

La position de l’Egypte de ne pas signer la Convention d’Ottawa, peut être exposée comme suit : 
- L’Egypte s’accorde complètement avec l’objectif humanitaire de la Convention.. Cependant son refus d’y adhérer revient au fait qu’elle entrave l’Egypte d’exercer son droit légitime d’autodéfense et de sauvegarder sa sécurité nationale, ainsi que d’exercer son droit d’obtenir les aides nécessaires à l’élimination des mines semées dans ses territoires.

- L’Egypte a demandé de prendre en considération sa nature géographique, car ses frontières vastes ne comprennent aucun obstacle entravant les opérations d’infiltration. La demande sécuritaire de l’Egypte consistait à obtenir une alternative économique appropriée des mines. 
- Afin que l’Egypte puisse profiter des diverses richesses des superficies minées, il est à assumer la responsabilité internationale pour éliminer les mines, ainsi que la responsabilité humaine qui exige le respect des droits légitimes de l’homme.

L’afflux des informations qui mettent en lumière le volume des dégâts humains découlant de l’usage de ces mines, a abouti à un intérêt international de large envergure accordé au problème des mines dans le monde et aux moyens de son affrontement. Cet intérêt est incarné par la campagne international pour l’interdiction des mines qui a commencé son activité en 1991, l’intervention des Nations Unies à partir de 1994 pour trouver des solutions radicales à ce problème, et la signature de 135 Etats sur une convention internationale interdisant l’usage des mines terrestres. Tout cela reflète le besoin urgent de la communauté internationale de conjuguer les efforts internationaux, régionaux et locaux pour faire face à ce danger.

Les Etats qui ont semé des mines dans les territoires des autres (tels l’Egypte et Afghanistan), doivent s’engager à éliminer et à épurer ces mines, pour les raisons suivantes :
- L’Assemblée générale des Nations Unies a soutenu les Etats endommagés par les restes des guerres y compris les mines, dans leur demande d’obtenir des indemnités payées par les Etats responsables (les résolutions 36/188 de l’an 1981 ; 39/139 de l’an 1984 ; 48/7 de l’an 1993 ; 49/215 de l’an 1994).

- Une des règles du droit international général ou martial impose à l’Etat qui a semé des mines d’une façon affectant la vie et la sûreté corporelle des civils, d’éliminer ces mines et d’en endurer les coûts. La convention d’Ottawa conclue en 1997, a également reconnu l’existence de ces règles relatives aux mines stipulées par le droit international. 
Examinant le problème des mines terrestres dans le monde, leur élimination doit être exécutée à travers : 
- La coopération entre les parties belligérantes qui ont semé ces mines, abstraction faite de la propriété de la terre qui contient les mines. 
- Activer la coopération internationale conformément aux règles du droit international et des conventions internationales. 
- Créer un mécanisme efficace qui se charge de la coordination et du suivi des opérations de l’élimination des mines, ainsi que du contrôle de leur plantation au cours des conflits et des guerres. 
- Animer et consolider le rôle des organisations internationales, régionales, locales et non-gouvernementales spécialisées. 


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