26 août 2019 02:48

L'Egypte...centre régional de production gazière

jeudi، 22 février 2018 11:04

L’Egypte pourrait devenir au cours des prochaines années un centre régional de production gazière. L'Egypte est le seul Etat de la Méditerranée qui dispose d'installations pouvant offrir des services pétroliers, il était donc nécessaire que l'Etat s'investit en ce sens en vue de recevoir le gaz en provenance de Chypre, du Liban ou d'Israël en prélude à sa liquéfaction en Egypte avant son exportation.

Le gouvernement a adopté un plan ambitieux pour la période de 2017 à 2021, basé sur l’intensification des explorations en matière de gaz naturel et de pétrole brut ainsi que sur l’accélération de l’exécution des projets existants. L’objectif est d’augmenter la production dans le domaine des ressources pétrolières, et ce, afin d’atteindre l’autosuffisance et ouvrir ainsi la porte à l’exportation

Chypre devrait conclure prochainement un accord pour sur l’exportation du gaz chypriote à l’Égypte selon les declarations du ministre chypriote de l’Énergie, Georgios Lakkotrypis, a l’agence Bloomberg. Il est à noter que la firme américaine Noble Energy a été la première à découvrir du gaz au large de Chypre dans le champ Aphrodite, dont les réserves sont estimées à 127,4 milliards de mètres cubes de gaz. Les gisements de gaz naturel chypriote sont situés près de l’endroit où l’Italien ENI a fait d’importantes découvertes offshore dans le champ gazier égyptien Zhor, qui pourrait abriter 850 milliards de mètres cubes. Le champ se trouve près d’un bloc chypriote déjà attribué à Total.

Le groupe énergétique israélien Delek a annoncé le 19 février  la signature d’un contrat avec la compagnie privée égyptienne Dolphinus, le montant du contrat devrait atteindre 15 milliards de dollars sur dix ans pour la fourniture de 64 milliards de mètres cubes extraits des champs offshore Leviathan et Tamar en Méditerranée.
Mais le gouvernement égyptien n’a reçu aucune demande officielle pour importer du gaz d’Israël. A ce stade, le gouvernement a approuvé de manière préliminaire l’importation de gaz depuis Israël une fois que trois conditions seront remplies ». Ces conditions sont l’approbation définitive de cette importation par le gouvernement, l’assurance qu’elle sera bénéfique à l’économie de l’Etat égyptien et la conclusion d’arbitrages qui sont en cours de discussion. L’Egypte possède l’infrastructure nécessaire pour devenir un pôle régional d’énergie, notamment grâce au pipeline pour le transfert du pétrole. De même, l’Egypte dispose de 8 raffineries pétrolières dotées d’une capacité de production de 38 millions de tonnes par an ainsi que d’une capacité de stockage du pétrole brut de 15 millions de tonnes »,
précise le ministre du Pétrole, ajoutant que les coûts du plan de modernisation de l’infrastructure s’élèvent à 8 milliards de dollars. Le plan prévoit, entre autres, la création de nouveaux entrepôts de stockage pour le gaz et les produits pétroliers. « Bien que nous possédions une capacité de stockage de 15 millions de tonnes pour le pétrole brut, nous prévoyons de créer plus d’entrepôts. Au cours des deux dernières années, nous avons remarqué que les producteurs de pétrole préféraient stocker le brut plutôt que de le vendre, à cause de la chute des prix sur le marché international.

Israël n’a pas d’installations de liquéfaction du gaz permettant d’expédier du GNL par bateau vers d’autres régions de consommation. L’Egypte si. Notamment à Damiette dans le delta du Nil, les installations qui s’étaient arrêtées faute de gaz au milieu des années 2000 redémarrent. Les projets d’unités flottantes de liquéfaction du gaz se multiplient. Avec le gisement géant de Zohr rapidement mis en production par l’Italien Eni, l’Egypte va non seulement redevenir une puissance gazière mais un véritable hub gazier, « elle pourra liquéfier du gaz égyptien et du gaz israélien et les expédier aux clients les plus offrants à l’autre bout du monde.
Forum du gaz de la Mediterranee orientale
Les ministres de l’énergie de sept pays de la Méditerranée orientale ont annoncé le 14 et 15 janvier 2019 au Caire la création du Forum du gaz de la Méditerranée orientale (EMGF), qui comprend l’Egypte, Chypre, la Grèce, l’Italie, Israël, la Jordanie et la Palestine, afin de stimuler le marché du gaz dans la région.

Les objectifs de l’EMGF

Les ministres ont invité les hauts responsables à faire leurs propositions sur la structure du forum, qui sera discuté par les ministres lors de la prochaine réunion, prévue en avril 2019.

Les ministres ont convenu que les principaux objectifs du Forum du gaz de la Méditerranée orientale seraient les suivants:

1. Établir un marché régional du gaz servant les intérêts des membres en fournissant des ressources, optimisant le développement des ressources, rationalisant le coût des infrastructures, proposant des prix compétitifs et améliorant les relations commerciales.

2. Assurer l’offre et la demande des membres tout en travaillant au développement optimal des ressources et à l’utilisation efficace des infrastructures existantes et nouvelles avec des prix compétitifs et de meilleures relations commerciales.

3. Renforcer la coopération en instaurant un dialogue systématique et en formulant des politiques régionales communes sur le gaz naturel.

4. Approfondir la prise de conscience de l’interdépendance et des avantages pouvant découler de la coopération et du dialogue entre les membres, conformément aux principes du droit international.

5. Les propriétaires actuels de réserves de gaz et les producteurs existants dans la région s’efforcent de capitaliser sur leurs réserves actuelles et futures en renforçant leur coopération avec les acteurs de la consommation et du transit dans la région, en tirant parti des infrastructures existantes et en développant davantage d’options d’infrastructures pour accueillir les découvertes actuelles et futures.

6. Aider les pays consommateurs à satisfaire leurs besoins et à permettre leur participation avec les pays de transit au développement des politiques du gaz dans la région, permettant ainsi l’établissement d’un partenariat durable entre les acteurs à tous les stades de l’industrie gazière.

7. Garantir la durabilité et les considérations environnementales dans les découvertes de gaz, la production et le transport de gaz, la construction d’infrastructures et l’amélioration de l’intégration du gaz et d’autres sources d’énergie, notamment les réseaux d’énergies renouvelables et d’électricité.

 

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