16 juillet 2019 08:34

Le rôle de l’Egypte pour contenir la crise soudanaise

mercredi، 18 avril 2012 12:00

Introduction

Il ne fait aucun doute que la situation entre le Nord et le Sud-Soudan avertit d’un danger imminent, non seulement pour la souveraineté du Soudan et son intégrité territoriale, mais aussi pour les intérêts nationaux et stratégiques des pays limitrophes, avec en tête l'Egypte.

Dans ce contexte, le ministre égyptien des Affaires étrangères (AE), Mohamed Kamel Amr a entamé le 15 avril courant une tournée de deux jours groupant la capitale nord-soudanaise Khartoum et celle du Sud-Soudan Juba dans le cadre des actions menées par l’Egypte pour établir une accalmie entre les deux pays suite a la prise de la région de Heglig par le Soudan du Sud.

A cette fin, M. Amr a tenu des entretiens avec les hauts responsables a Khartoum et Juba portant sur les moyens susceptibles de réaliser une accalmie entre le Nord-Soudan et le Sud et de désamorcer la crise secouant la localité Heglig qui assure environ la moitié de la production de pétrole du Nord-Soudan.

Les combats actuels que connaît la région Heglig sont les pires depuis l’annonce de la séparation du Sud-Soudan en juillet 2011 en vertu d’un accord de paix signé en 2005 mettant fin a des décennies de guerres civiles entre le Nord-Soudan et le Sud..

Avec cette sécession, le nord-Soudan a perdu 75% de sa production pétrolière (480 barils/jour) et des milliards de dollars de recettes.

Le rôle égyptien pour contenir la crise :

L’Egypte a œuvré pour contenir la crise entre Khartoum et Juba de manière a stopper l’escalade militaire entre les deux cotés et créer un climat propice a reprendre les négociations sur les questions en suspens pour conclure un accord entre les parties.

Alors, le maréchal Hussein Tantaoui, le chef du Conseil suprême des forces armées a tenu une conversation téléphonique le 14 courant avec le président soudanais Omar el-Béchir et le président du Soudan du Sud, Salva Kiir.

La crise actuelle entre les deux Etats, a tenu le haut du pave de cette conversation après laquelle le maréchal Tantaoui a ordonné de dépêcher le chef de la diplomatie égyptienne a Khartoum et Juba pour rapprocher leurs points de vues.

M. Amr s’est entretenu également au téléphone avec son homologue éthiopien, Hailemariam Desalegn de la situation actuelle sur les frontières nord et sud-soudanaises ainsi que de la coordination entre l’Egypte et

 l’Ethiopie pour parvenir a un règlement de cette crise et ce a la lumière de l’importance que représente ce dossier pour les deux pays.

Lors de son périple a Khartoum, le ministre égyptien des Affaires étrangères a transmis le 15 avril en cours un message du maréchal Tantaoui au président el-Béchir, dans lequel le premier a mis l’accent sur la disposition de l’Egypte a jouer un rôle quelconque afin de désamorcer la crise déclenchée entre Khartoum et Juba et a établir une coopération soit avec les pays membres de l’Union Africaine (UA) ou les pays limitrophes afin de trouver une issue a cette crise.

M. Tantaoui a également souligné dans le message que la sécurité et la stabilité du Soudan font partie de la sécurité nationale de l’Egypte et toute menace contre le Soudan affectera directement l’ensemble de la région .

Lors de sa rencontre avec la délégation égyptienne, le président soudanais a loué, de son coté, le rôle sérieux joué par l’Egypte afin de rétablir la paix au Soudan ainsi que ses contacts intensifs menés depuis l’amorce de la cris actuelle.

Le chef de la diplomatie éthiopienne a exprimé son appréciation des efforts égyptiens sachant que MM. Amr et Desalegn ont convenu de poursuivre la coordination bilatérale afin de contenir la crise Khartoum/Juba.

L’initiative égyptienne :

Le ministre des AE, Mohamed Amr a dévoilé l’élaboration d’une initiative égyptienne globale pour établir la paix juste et globale entre le Nord-Soudan et le Sud et ce a la lumière des résultats de sa visite actuelle au Soudan.

Cette initiative a pour objectif de mettre un terme a l’Exacerbation des tensions dont les deux pays ont témoigné cette semaine.

Les résultats des entretiens :

Les contacts menés par l’Egypte, depuis l’amorce de la crise jusqu'à la tournée de M. Amr au Soudan, ont traduit la volonté des parties du conflit de voir le Caire jouer un rôle efficace afin de combler la fossé entre les deux Etats vu les bonnes relations liant l’Egypte avec les deux pays.

Par ailleurs, les Nord-soudanais ont évoqué avec la délégation égyptienne a Khartoum trois questions principales a savoir : les préparatifs sécuritaires et le tracé des frontières, le partage des taxes a l’exportation de pétrole entre le Nord et le Sud prenant en considération la situation économique du Nord après la sécession et enfin la régularisation de la situation des Sud-soudanais dans le Nord et vice-versa.

 L’impact de la crise sur l’Egypte :

Les politiques ont mis en garde contre la guerre actuelle déclenchée entre le Nord et le Sud-soudan, soulignant que l’Egypte sera la plus touchée de cette guerre qui aura son impact négatif sur son quota en eau du Nil.

Ils ont indiqué, a cet égard, que Juba peut s’allier avec les pays de l’amont du bassin du Nil, tels l’Ethiopie et l’Ouganda, qui réclament toujours un partage plus équitable des eaux du Nil, négligeant ainsi le droits historiques de l’Egypte et du Nord-Soudan sur ce fleuve.

Le ministre égyptien des Ressources hydriques et de l’irrigation, Hicham Qandil a affirmé que l’Egypte c’est elle qui sera touchée de la guerre entre Khartoum et Juba ce qui incombe de n’épargner aucun effort pour désamorcer cette guerre dans le but d’éviter tout impact négatif sur le développement et l’investissement dans les pays du Bassin du Nil.

Par contre, le directeur de l'unité du Bassin du Nil au Centre d'Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d'Al-Ahram, Hani Raslan a indiqué qu’une telle guerre n’aurait aucun impact direct sur l’Egypte mais la présence d’un conflit dans cette région y affectera le processus de développement.

Il est à noter que le gouvernement kenyan a demandé mardi de reporter la visite de la ministre kenyane de l’Eau en Egypte suite au déclenchement de la nouvelle guerre entre les deux Etats soudanais

Cette visite aurait porté sur la coopération commune entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie afin de renforcer les capacités humaines au Kenya et les moyens servant de tirer profit de l’expérience égyptienne en matière de la construction des digues gérant les eaux pluviales, du creusement des puits des eaux souterraines pour subvenir aux besoins domestiques dans les contrées lointaines dans ce pays.

 

 

 

 

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