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Discours d’ouverture de Monsieur le Président Abdel Fatah Al Sissi Au Sommet des Trois Communautés Economiques Charm el-Cheikh, 10 juin 2015

mercredi، 10 juin 2015 12:00

Son Excellence le Président de la République du Zimbabwe, Président des trois communautés économiques, Président de  la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et Président de l'Union africaine,

Son Excellence le Premier Ministre de l'Éthiopie,  Président du COMESA, et prochain Président des trois communautés  économiques,

Son Excellence le vice-président de la République de Tanzanie, dont le pays  préside  la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE),

Mesdames et Messieurs, chefs d'État et de gouvernement et chefs de délégations,

Son Excellence Monsieur le Secrétaire général du COMESA et  Coordonnateur général des trois communautés,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d'abord de vous souhaiter la bienvenue dans la ville de Charm el-Cheikh et d'exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Robert Mugabe, Président de la République du Zimbabwe, pour ses efforts louables et le succès de son leadership des trois communautés économiques avec sagacité et prévoyance au cours des dernières années.

Mes remerciements vont aussi aux Secrétaires généraux des trois communautés économiques, à savoir le COMESA,  la SADC et la CAE pour leurs efforts en ce qui concerne la préparation de tous les aspects techniques et organisationnels visant à  promouvoir l'intégration et  la coopération économiques entre les trois communautés.
L'Egypte, qui de tout temps a chéri son affiliation africaine, est fière  d'accueillir le lancement de la zone de libre-échange tripartite, dont nous signerons aujourd'hui, à Charm el-Cheikh, l'accord constitutif en vue de promouvoir les échanges bilatéraux entre nos Etats, en éliminant tous les obstacles tarifaires et non tarifaires pour atteindre une pleine intégration économique et commerciale entre nos pays .

Mesdames et Messieurs,
Ce que nous entreprenons aujourd'hui est un jalon important dans l'histoire de l'intégration économique de l'Afrique, vu que nous établissons une zone de libre-échange tripartite composée de vingt-six Etats, avec une population de 625 millions de personnes et un PIB de 1,2 trillion de dollars US, soit 57% de la population totale de l'Afrique, et plus de 60% du PIB de notre continent. Cette zone  s'étend de la ville d'Alexandrie, sur la Méditerranée, au Cap, sur l'Atlantique et l'océan Indien.

Par conséquent, ce que nous faisons aujourd'hui constitue une étape importante vers la mise en place de la Communauté économique de l'Afrique, selon le plan de Lagos de 1980, et le Traité d'Abuja de 1991, conformément à l'agenda de 2063, qui représente une vision collective du continent africain, et la carte d'avenir pour les cinquante prochaines années, afin que l'Afrique devienne une force active sur la scène internationale en l'an 2063, grâce à des programmes et  cadres ambitieux pour la mise en œuvre de cet agenda, en particulier la création d'une zone de libre-échange du continent africain d'ici 2017, reliant l'Afrique par le biais de projets d'infrastructure de calibre mondial dans les domaines du transport, de l'énergie et l'information et des communications, et la création  des institutions financières africaines dans les délais convenus .
Messieurs les Chefs d'Etat et de gouvernement,

Vous êtes bien conscients que la volonté politique nécessite des efforts acharnés pour lancer la zone de libre-échange tripartite visant la promotion de l'intégration économique régionale et un travail ardu à la poursuite du développement industriel et du renforcement de nos capacités de fabrication, par l'adoption de politiques nationales et régionales visant à accroître la valeur ajoutée des matières premières dont nous disposons et renforcer la compétitivité de nos produits. L'impact positif en sera l'augmentation de notre capacité à attirer davantage de flux d'investissements et de capitaux dans le domaine de la fabrication et des nouvelles technologies pour la production de biens de haute qualité, conduisant ainsi à doubler nos interfaces commerciales.  

Je saisis cette occasion pour saluer l'adoption par le dernier Sommet du COMESA, tenu à Addis-Abeba en mars dernier, ainsi que par le Sommet extraordinaire de la SADC, qui a eu lieu au Zimbabwe le mois dernier, de résolutions basées sur l'importance d'une industrialisation globale et durable dans la région, et du travail au développement   de l'infrastructure dans ses différents domaines et aspects.

Je tiens également à noter le souci de l'Egypte à soutenir toutes les initiatives de l'Union africaine et des projets régionaux visant le développement de l'infrastructure dans notre continent et la création d'un réseau de routes relevant du programme du développement des  infrastructures en Afrique (PIDA). Un programme qui vise à instaurer une coopération entre les Etats africains en vue de remédier à la détérioration de la situation des infrastructures en matière d'énergie, de transport, de communications et de gestion  des ressources en eau, et de mobiliser les fonds nécessaires pour le développement de ces secteurs pour parvenir au développement durable en Afrique.

L'Egypte et le Soudan ont procédé, le mois dernier, à l'ouverture de la route Qustul / Occhett qui relie par voie terrestre l'Egypte et le Soudan. Le second passage terrestre reliant l'Egypte au Soudan à Orgin  est en cours d'achèvement, dans le cadre de la route qui s'étendra du Caire au Cap, dont nous espérons voir l'ouverture dans un proche avenir.

Je tiens de même à souligner à cet égard  que l'Egypte déploie également de gros efforts pour Victoria et la Méditerranée dans le cadre des projets du NEPAD. L'Egypte  a accueilli, il y a quelques jours, la Réunion technique de l'initiative présidentielle pour le développement de l'infrastructure et y  a fourni un aperçu technique des études de faisabilité effectuées pour ce mégaprojet régional.

A l'heure actuelle, L'Égypte met en œuvre plusieurs mégaprojets nationaux afin de développer son infrastructure, ayant presque terminé le projet de creusement  du nouveau Canal de Suez visant à faciliter le commerce mondial et régional. D'autre part, il représentera une valeur ajoutée significative pour la région de l'Afrique orientale et australe en particulier, et pour notre continent africain en général. Par conséquent, je tiens à vous inviter tous à nous rejoindre lors de la cérémonie d'ouverture de ce nouveau canal en Août prochain, si Dieu le veut.

Mesdames et Messieurs,

L'Egypte ne ménagera aucun effort pour le transfert de son expertise  et son soutien à ses frères africains,  poursuivant le chemin qu'elle a adopté depuis son appui aux mouvements de libération nationale africaine et son refus d'exploiter la volonté des peuples du continent politiquement et économiquement. Notre destin est le même…nos objectifs communs sont les mêmes… Les bénéfices et progrès réalisés par l'Egypte auront les mêmes effets bénéfiques sur toute l'Afrique, et il en est de même des progrès et succès effectués par Les Etats africains dont l'Egypte bénéficiera à son tour... Les expériences communes depuis la fin des années cinquante et le début des années soixante et à ce jour ont prouvé cette vérité historique bien ancrée dans les différents domaines politique, économique, social et culturel.

Permettez-moi, dans ce contexte, d'affirmer que l'Egypte est  prête à fournir son expertise et ses capacités dans le cadre de ces efforts, ce qui permettra non seulement de soutenir nos intérêts nationaux, mais aussi pour servir les intérêts et les objectifs des peuples du continent africain. L'Egypte a, au cours de ces dernières années, fourni de nombreux experts dans différents domaines techniques à travers le Fonds égyptien pour la coopération technique avec l'Afrique, et son rôle est  actuellement poursuivi par l'Agence égyptienne de partenariat pour le développement, dont le lancement a été annoncé en Juin 2014,  lors du Sommet de l'Union africaine à Malabo, afin de contribuer efficacement à la création de cadres africains.

Mesdames et Messieurs,
Tous les mouvements des Etats africains visent à assurer l'avenir de nos générations futures et générer des chances  d'emploi décentes pour faire face aux problèmes que nous rencontrons tous, en particulier le taux de chômage, ce qui exige la volonté d'accorder l'intérêt au développement industriel et d'attirer davantage d'investissements qui offriraient plus d'opportunités d'emploi assurant la durabilité des nos efforts conjoints tant  dans l'avenir visible que lointain.

A cet égard, je voudrais souligner l'importance du rôle de la femme africaine comme  partenaire essentiel dans tous les efforts visant à parvenir à un développement durable et pour assurer la transformation du continent africain souhaitée. Dans le cadre du lancement de l'année  2015  comme année de l'autonomisation de la femme et du développement, en vue d'atteindre l'agenda de 2063 dans le cadre de l'Union africaine, je souligne que l'autonomisation des femmes, surtout des femmes pauvres et soutiens de famille, ainsi que le renforcement de son rôle dans la société à l'échelon économique et politique et la  revalorisation de son statut constituent un facteur critique dans l'éradication de la pauvreté, et maximisent leur contribution au développement.

Messieurs les Chefs d'Etat et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs,
L es énormes ressources humaines et économiques dont abonde notre région et qui dépassent les 625 millions de personnes, ainsi que les taux du PIB qui représentent plus de la moitié du PIB de l'Afrique, nous qualifient pour parvenir au développement souhaité sous toutes ses formes.

Vous conviendrez avec moi que la déstabilisation de la paix et de la sécurité dans la région  entraverait les efforts économiques et développementaux. Les deux domaines sont en mutuelles interaction et fusionnement. Sans la paix et la sécurité, la stabilité économique, la prospérité et le développement de nos peuples ne seraient pas atteints. Egalement, sans stabilité économique et sociale et sans répondre aux exigences du développement de nos peuples,  la stabilité, la sécurité et la paix dans notre région ne seraient pas atteints.

Par conséquent, nous renouvelons notre engagement à consentir plus d'efforts au niveau du continent africain et de notre Union africaine et au niveau sous-régional et national par le biais de la promotion de tous les arrangements et  initiatives relatifs aux blocs régionaux africains, visant à activer la structure de la paix et de la sécurité de l'Union africaine.

Pour conclure, je tiens à saluer chacun d'entre vous de la part du peuple égyptien, et vous invite à profiter de votre  participation au Sommet de Charm El-Cheikh pour prendre connaissance du progrès et de l'affluence des visiteurs que connaît  cette ville dans divers domaines, en sus de la richesse de ses paysages et de ses sites touristiques ensorcelants.

Avec la grâce de Dieu ainsi que par votre participation et vos efforts, l'Afrique se dirigera toujours vers davantage de progrès, de prospérité, de paix et de coopération mutuelle. 
Vive l'Egypte…Vive l'Egypte... Et vivent les peuples et les pays d'Afrique.

 

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