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Bibliotheca Alexandrina

mercredi، 16 septembre 2009 12:00

Alexandrie fondée en 332-331 av. J.-C., par Alexandre le Grand , était dans l’antiquité le premier port d’Égypte et l’un des plus grands foyers culturels de la Méditerranée, sa bibliothèque superbe étant sans conteste l’un des principaux fondements de sa notoriété.

Ptolémée Ier, un des généraux d’Alexandre le Grand ayant reçu l’Égypte en partage à la mort de l’empereur, donna une forte impulsion intellectuelle et commerciale à la future grandeur d’Alexandrie.

En 288 av. J.-C., il fit construire un musée (museion: le palais des Muses) abritant une université, une académie et la bibliothèque (contenant 700 000 volumes à l’époque de Jules César). Puis il demanda de chaque pays de lui envoyer les œuvres de tous les auteurs, et les fit traduire en grec. Comme la ville était un port, il demanda aussi à tous les navires qui faisaient escale à Alexandrie de permettre que les livres contenus à bord soient recopiés et traduits. La copie était remise au navire, et l’original conservé dans la Bibliothèque !

Le Musée devint un centre académique de hautes recherches où les savants nommés par le prince trouvaient les instruments, les collections, les études sur les jardins zoologiques et botaniques nécessaires à leurs travaux.

La traduction en grec de tous ces ouvrages fut un travail colossal qui mobilisa la plupart des intellectuels et savants de chaque pays; il fallait que les traducteurs maîtrisent à la perfection leur propre langue ainsi que le grec. La bibliothèque fut dirigée par des érudits comme Zénodote d’Éphèse, puis Aristophane de Byzance, Aristarque de Samothrace et Apollonios de Rhodes.

On retiendra par exemple la Septante, un groupe d’érudits issus du courant philosophique du même nom, qui traduisirent l’Ancien Testament. Selon la légende de la Septante, 6 représentants de chaque tribu juive s’étaient enfermés sur l’île de Pharos pour faire cette traduction. Ils étaient donc 72 rabbins et ils avaient fait la traduction en 72 jours.

Destructions de la bibliothèque

En 47 av. J.-C., les troupes de Jules César incendièrent la flotte d’Alexandrie; le feu se serait propagé aux entrepôts et aurait détruit une partie de la bibliothèque. Reconstruite, elle fut à nouveau détruite cinq ou six fois, la dernière en 642 par le général ’Amr Ibn al-’As, sur l’ordre au calife Omar. Cet ordre a été cependant remis en cause, voire considéré comme propagande anti-islamique, la plupart des connaissances de l’antiquité ayant été transmises à l’Occident par les traductions arabes telles celles d’Averroès.

En effet, la première source qui relate cette histoire est celle d’un auteur chrétien. Reste que le contenu de la bibliothèque a bien disparu à cette époque, vraisemblablement pillée bien avant l’invasion arabe et, pour ce qui est des éléments les plus précieux, déménagée à Constantinople, la plupart des documents ayant été détruits par les Chrétiens eux mêmes, soit par les pillards incultes n’ayant aucune idée de leur valeur, soit grattés pour être recyclés par les moines copistes afin de remplacer leur contenu profane, par des textes religieux. Aujourd’hui encore l’analyse des parchemins à l’aide de la technologie des accélérateurs de particules, permet parfois de mettre en évidence les inscriptions initiales ainsi effacées.

Le fait que beaucoup d’écrits d’Aristote soient parvenus jusqu’à nous suggère en tout cas que si ordre de destruction a eu lieu, il y avait sur place quelques volontaires pour sauver clandestinement cette partie des documents, et ces volontaires eurent droit à la neutralité bienveillante des troupes d’occupation - à supposer qu’ils n’en aient pas fait partie. La tradition raconte que les textes d’Aristote échappèrent en partie à la destruction et que d’autres avaient été placés dans des centaines de chaudières des bains d’Alexandrie pour plusieurs mois.

En effet de nombreux ouvrages (Euclide, Ptolémée, Aristote, etc.) furent traduits puis commentés dans le monde islamique. Notons que le grand philosophe Al-Farabi était nommé le second maître, le premier étant Aristote. On se demande si la pensée grecque à travers les ouvrages contenus dans la bibliothèque d’Alexandrie a nourri et a été à la base de l’essor philosophique et mathématique qu’a connu le monde islamique par la suite. Il est couramment considéré que c’est grâce aux écrits d’Averroès (Ibn Rushd) considéré comme le Commentateur d’Aristote que la pensée philosophique grecque fit son entrée dans l’époque chrétienne.

La bibliothèque d’Alexandrie a probablement souffert de plusieurs événements destructifs, mais la destruction des temples païens d’Alexandrie vers la fin du IVe siècle par les Chrétiens fut probablement finale. Cette destruction est attestée par des sources sûres. L’invasion de César a pu très bien mener à la perte d’environ 40 000 à 70 000 rouleaux dans un entrepôt à côté du port (c’est ainsi que Luciano Canfora affirme que c’étaient probablement des copies produites par la bibliothèque destinée à l’exportation), mais il est peu probable qu’elle ait affecté la bibliothèque ou le musée, étant donné qu’il y a des preuves suffisantes que tous les deux ont existé ultérieurement .

• Parmi ses attributions, la Commission Nationale coordonne les actions menées par les différents ministères et les grands établissements en faveur du projet de la nouvelle " Bibliothèque d’Alexandrie", dont le bâtiment est achevé et qui a été inauguré le 23 Avril 2002 par l'ex-président.
• Beauté et fonctionnalité se conjuguent heureusement dans le projet. Ce vaste bâtiment de 70 000 m² qui se développe sur 10 niveaux de forme cylindrique tronquée en biais de 160 mètres de diamètre. Avec ses 3500 places consacrées à la lecture, son système d’information bi-alphabétique multilingue, elle se dresse comme la plus grande bibliothèque du Bassin méditerranéen.
• Impressionnée par la volonté égyptienne de mener à terme le projet, consciente de l’enjeu qu’il représente en une époque où il est plus que jamais essentiel de se former, et de s’informer, soucieuse d’aider à la réalisation de cet espace de liberté irremplaçable de la bibliothèque, l’Association des amis de la "Bibliothèque d’Alexandrie" a pris naissance en 1997.

 
 

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