28 juin 2022 02:01

El Sissi : Nous renforçons nos capacités militaires pour affronter le terrorisme

jeudi، 09 novembre 2017 - 11:14

Le président Abdel Fattah El-Sissi a jugé nécessaire de renforcer "nos capacités militaires" pour affronter le terrorisme et pour remédier au déséquilibre stratégique dû aux évènements survenus ces sept dernières années dans la région.

A chaque fois que des progrès sont réalisés sur le plan de la lutte contre Daech en Syrie, en Libye et en Irak, ses combattants se mobilisent vers l'occident et le Sinaï en Egypte, a indiqué M. El-Sissi, dans un meeting accordé à la presse en marge du Forum mondial de la Jeunesse (FMJ) tenu actuellement à Charm El-Cheikh.

Concernant le rôle de l'Egypte dans la cause palestinienne, le président a indiqué que l'Egypte avait travaillé pour trouver une solution réalisant la sécurité tant attendue par le citoyen palestinien.

La réconciliation inter-palestinienne est l'un des éléments nécessaires pour la relance du processus de paix qui exige le retour à la situation d'avant 2005, en d'autres termes, la reprise du contrôle de la Cisjordanie et de Gaza par l'Autorité palestinienne et la réouverture des postes frontaliers.

"La cause palestinienne ne peut être réglée au détriment de l'Egypte et je ne peux, ni moi ni personne d'autre, céder un mètre du territoire de l'Egypte. Celui qui pensera de la sorte devra quitter le pouvoir immédiatement. Les forces militaires sont là pour protéger le sol égyptien", a indiqué le président.

"J'estime qu'il y aura des initiatives pour régler la cause palestinienne dans les frontières du territoire palestinien, conformément aux références internationales et qu'il n'y aura aucun règlement aux dépens de l'Egypte ou d'un autre pays", a fait savoir M. El-Sissi.

Interrogé sur la coopération avec la Chine, M. El-Sissi a fait état d'un partenariat stratégique avec Pékin, ajoutant que l'Egypte entretenait des relations équilibrées avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie dans le cadre d'un partenariat stratégique intégral.

Le chef de l'Etat a évoqué le lancement de l'initiative de la route de la Soie et le dédoublement du Canal de Suez, pour accroître le mouvement du commerce.

L'Egypte est le portail naturel de l'Afrique, étant donné sa situation géographique, les accords de libre-échange conclus avec certains blocs de la région, ses infrastructures développées et le volume de la main-d'oeuvre capable de répondre aux besoins des industries importées de Chine tels la filature, le textile et l'énergie renouvelable.

L'Egypte considère la sécurité nationale de la nation arabe et des pays du Golfe comme partie intégrante de sa propre sécurité nationale et toute menace contre le Golfe est une menace contre l'Egypte, a expliqué M. El-Sissi.

''Tous doivent composer avec nous dans ce contexte et tous tenir à notre sécurité et à notre stabilité; nous refusons la poursuite de l'ingérence dans nos affaires et dans les affaires des pays du Golfe", a-t-il renchéri.

Prié de s'exprimer sur la vision de l'Egypte concernant les médias étrangers, M. El-Sissi a indiqué que le président de l'Organisme général de l'information avait pour rôle de contacter les agences de presse étrangères, vu la susceptibilité que le pays éprouve quant à la couverture incorrecte des évènements qui s'y produisent.

"Ce sera une nouvelle manière de composer avec ces agences pour éviter toute susceptibilité dans la couverture de nos affaires par les chaînes étrangères", a-t-il poursuivi.

La couverture de l'attentat d'El-Wahat El-Bahareya par les médias égyptiens, motivés par leur crainte pour le pays, n'était pas bonne et a dépassé le cadre professionnel, a-t-il noté.

"Notre rôle est de renforcer les contacts avec les médias étrangers et de publier des communiqués pour leur épargner de recourir à d'autres sources afin d'obtenir des informations", a-t-il précisé.

"Les professionnels des médias sont-ils prêts à assumer que l'Egypte se transforme en pays raté où sévit le chaos et où convergent les réfugiés de toute part. Ce qui s'est produit en Syrie et en Irak, ne peut en rien être comparable avec ce qui peut se passer en Egypte", a-t-il marteler.

"Le terrorisme est un fléau qui menace la sécurité et la stabilité de tous les pays. Le coût assumé (pour lutter contre le terrorisme) est plus important que le coût de la guerre régulière, étant donné la nécessité de sécuriser les aéroports, les frontières avec la Libye, les frontières du Sinaï et les frontières maritimes", a poursuivi le président.

"Nous avons détruit, jusqu'à présent, plus de 1200 véhicules destinés à des actes terroristes, l'opération la plus récente en date s'est déroulée mardi, où 10 véhicules de terroristes transportant des armes et des munitions ont été détruites, et quelques jours plus tôt et séparément, 10 et 16 autres véhicules. Tous se dirigeaient vers l'Egypte pour des opérations terroristes'', a-t-il repris.

Le chef de l'Etat a appelé les médias étrangers à prendre en considération que l'Egypte est en état de guerre contre le terrorisme, par procuration au nom du monde.

"Vous devez retransmettre, avec honnêteté, ce qui se passe en Egypte. Les droits de l'Homme ne sont pas seulement des droits politiques. Chaque citoyen en Egypte a le droit de dire ce qu'il veut; les chaînes et les journaux publient tout ce qu'ils veulent, abstraction faite de la précision des informations, mais ils doivent tenir compte des droits des familles des martyrs. (...) Nous tiendrons des meetings périodiques pour répondre aux questions des médias", a-t-il souligné.

A propos de la situation en Arabie saoudite, le chef de l'Etat a précisé qu'elle était rassurante et qu'il avait confiance en la direction saoudienne dans les mesures prises envers ses concitoyens, dans le cadre de l'Etat de droit qui leur permet d'être jugés en vertu de la loi.

Passant ensuite à l'attentat d'El-Wahate El-Bahareya, le président a fait savoir que les auteurs de ce crime avaient été liquidés, hormis un seul, un étranger, et que les résultats des enquêtes seront rendus publics après le FMJ.

Le nom de ce terroriste, ses aveux et sa nationalité seront communiqués à la presse, a-t-il dit.

De gros efforts sont déployés dans la zone occidentale, le long de la bande de frontalière de 1200 km de Salloum jusqu'au Soudan, et cette région est contrôlée par les forces de l'air, a-t-il expliqué.

La situation est bien meilleure au Sinaï où chaque opération menée dans le cadre de la campagne "Droit du martyr"réalise des succès, a indiqué M. El-Sissi.

"(...) Si nous doutons de la présence d'innocents (dans les zones d'opérations), nous nous abstenons d'attaquer les lieux. Nous tenons à ce que la lutte contre les terroristes au Sinaï ne se fasse pas au détriment des civils. Les choses s'améliorent de jour en jour et nous avons réalisé des progrès dans la région frontalière avec Gaza et à El-Arich", a-t-il dit.

Evoquant la présidentielle, M. El-Sissi a affirmé qu'il devait d'abord rendre compte de ses quatre années de mandat avant de décider de poser ou non sa candidature à la présidentielle.

"Les réalisations accomplies seront annoncées pendant les deux prochains mois et, en fonction de la réaction des citoyens, nous déciderons de briguer ou non un nouveau mandat", a-t-il fait savoir.

"Certains ont dit que des jeunes sont déçus, ma réponse est que j'avancerai les réalisations et que j'évaluerai la réaction des Egyptiens en vertu de laquelle j'annoncerai ma position", a-t-il renchéri.

En ce qui concerne les mesures économiques, le chef de l'Etat a souligné que le pays avançait bien dans le plan de réforme économique et que le peuple y avait réagi positivement et en avait assumé les difficultés.

Et d'ajouter: "Nous étions obligés d'adopter ces mesures pour sortir de l'impasse économique que connaissait le pays".

Parlant ensuite de la libéralisation des taux de change, M. El-Sissi a expliqué que ceci avait permis de répondre aux besoins en dollars sur le marché et que les réserves de change avaient atteint 37 milliards de dollars pendant l'année où cette décision avait pris effet.

"Nous avions un problème pour assurer les choses nécessaires à la production et à payer les dûs aux compagnies étrangères. Même si nous n'avons pas encore atteint un prix équitable, je prévois que le cours du dollar baissera dans la prochaine période", a-t-il poursuivi.

"L'Egypte était en révolution pendant sept ans, la production s'est arrêtée, nous avons lutter contre le terrorisme sans que le pays ait été obliger d'assumer l'état d'économie de guerre, comme en 1967", a-t-il détaillé.

"Nous sommes loin de là, nous connaissons un processus de développement et de construction. Nous travaillons à la production agricole en recourant aux serres pour répondre aux demandes des Egyptiens en produit de qualité à des prix modérés (...)", a-t-il repris.

Le président a fait état, dans ce même contexte, de projets de fermes piscicoles et de production animale qui seront inaugurés en novembre et en décembre, ce qui conduira à l'augmentation de l'offre et par conséquent à la réduction des prix.

Concernant l'affaire du chercheur italien Giulio Regeni, le président a indiqué que la direction et le peuple égyptiens tenaient aux relations distinguées avec l'Italie, premier pays ayant soutenu l'Egypte pendant la révolution du 30 juin.

"Nous tenons à faire le jour sur ce dossier et à en traduire les responsables devant la justice; nous coopérons pleinement avec l'Italie", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur le retour des touristes russes en Egypte, le chef de l'Etat a nié qu'il y ait un lien entre la reprise des flux touristiques russes et la signature de l'accord de Dabaa concernant la création de la centrale nucléaire, lequel a été effectivement conclu.

''Je comprends la position de la Russie à ce sujet et je n'insisterai jamais auprès des Russes pour la reprise du tourisme (...) Il appartient à la direction russe de décider du retour de ses touristes à point nommé et nous tenons à ce que notre pays soit stable et sûr", a-t-il dit, assurant que l'Egypte et ses aéroports étaient en sécurité.

Passant ensuite au barrage de la renaissance, M. El-Sissi a dit considérer positivement les exigences de développement des confrères éthiopiens, compte tenu de l'importance de l'eau pour l'Egypte, ''nous ne comptons pas sur le Soudan mais sur nous-même pour préserver notre sécurité nationale".

L'Egypte soutient le maréchal Khalifa Haftar mais non aux dépens du président libyen Fayez Sarraj, ''nous soutenons le dialogue et le règlement politique dans le cadre de l'accord de Skhirat", a-t-il fait savoir.

"Notre soutien à Khalifa Haftar s'inscrit dans le cadre du soutien d'un règlement politique à tout conflit et de la sauvegarde de l'unité de l'Etat libyen", a-t-il renchéri.

Le président a souligné son attachement à la complémentarité avec l'Arabie saoudite dans les projets profitables à tous, tels le projet de l'autoroute de Charm El-Cheikh qui sera inaugurée dans deux ou trois mois.

L'Egypte lancera prochainement une nouvelle chaîne d'informations, a-t-il repris, ajoutant qu'il avait tenu, depuis le début de son mandat, à ne pas commenter la performance des médias, abstraction faite de sa satisfaction ou non en ce sens.

L'opinion publique égyptienne a désormais la capacité de distinguer et les jeunes ne comptent plus sur les moyens traditionnels mais plutôt sur leur interaction pour fonder une opinion différente, à l'international, a-t-il fait remarquer.

Concernant le Soudan, le président a indiqué que la politique étrangère de l'Egypte était caractérisée par la patience et le calme et qu'il tenait à ce que les Egyptiens éprouvent le moins de préoccupations possibles, "nous tentons de régler les différends via le dialogue et la calme".

Pour de ce qui est du renouveau du discours religieux, M. El-Sissi a affirmé qu'il s'agissait d'abord de volonté et de conviction et non de mesures, assurant que les Egyptiens avaient réalisé, par expérience, le besoin de changer et de ne pas réagir aveuglément aux appels religieux erronés.

Le président a fait savoir que l'Egypte réclamerait la modification de la Déclaration universelle des droits de l'homme pour qu'elle inclut le droit de l'homme à la lutte contre le terrorisme.

 

Related Stories

Les plus visités

From To