28 juin 2022 07:57

Ehab Badawy : «France et Égypte ont des intérêts communs»

samedi، 26 janvier 2019 - 11:37

L'ambassadeur d'Égypte en France souligne que son gouvernement combat le djihadisme et œuvre pour la défense des coptes. À l'occasion de la visite d'Emmanuel Macron au Caire, il appelle à renforcer le partenariat entre nos deux pays.

La visite officielle du président Emmanuel Macron au Caire s'inscrit dans le prolongement de celle effectuée à Paris en octobre 2017 par le président Abdel Fattah al-Sissi. Elle témoigne de la solidité du partenariat stratégique qui unit la France et l'Égypte. Une alliance qui plonge ses racines dans l'histoire d'une relation ancienne, solidement ancrée et en plein renouveau. Aujourd'hui, plus encore qu'hier, nos deux pays, confrontés aux mêmes défis, coopèrent étroitement et sont aux avant-postes de la lutte contre le fléau du terrorisme. Est-il besoin de rappeler qu'avant de frapper la France avec tant de cruauté en 2015, les groupes djihadistes affiliés à Daech avaient perpétré des attentats meurtriers en Égypte? Nous sommes déterminés à les combattre ensemble sans relâche.

Rempart contre le radicalisme religieux, l'Égypte s'implique activement dans la recherche d'une solution à la crise libyenne dont les risques sécuritaires menacent plusieurs États de la région. La paix et la sécurité du continent seront l'une des priorités

de la présidence de l'Union africaine, que notre pays assumera à partir du 10 février. Sur ce sujet, comme sur tant d'autres, la convergence de vues et d'intérêts avec la France est entière.

La défense résolue de la pluralité des religions, corollaire de la lutte contre l'obscurantisme, constitue un autre axe de rapprochement entre nos deux nations. L'Université d'al-Azhar, phare de l'islam sunnite, y contribue à travers la formation des imams et le renouvellement du discours religieux. Le gouvernement égyptien a tenu à ce que les deux premiers bâtiments de la nouvelle capitale administrative, inaugurés le 6 janvier 2019, soient une mosquée, la mosquée al-Fattah al-Alim, et une église, la cathédrale de la Nativité, la plus grande du Moyen-Orient, pouvant accueillir 8000 fidèles.

Dès 2016, l'Égypte est redevenue la première destination des investissements étrangers en Afrique, captant 40 % des flux continentaux.

En accédant à la magistrature suprême, en juin 2014, le président Abdel Fattah al-Sissi a hérité d'une situation plus que préoccupante. Son objectif premier a été de préserver la sécurité et l'intégrité de l'Égypte. La stabilité du Proche-Orient, mais aussi celle de l'Europe, était en jeu.

Un immense effort de redressement a été accompli depuis. Des réformes courageuses ont été menées. La remise à plat du système de subventions des produits de première nécessité et de l'énergie, intouchable depuis 60 ans, source de gaspillage et d'inégalités, est le symbole d'une transition économique audacieuse saluée par les institutions financières internationales. Les réserves de change, tombées à 15 milliards de dollars en 2013, atteignent aujourd'hui 45 milliards de dollars.

Dès 2016, l'Égypte est redevenue la première destination des investissements étrangers en Afrique, captant 40 % des flux continentaux. Les touristes, notamment français, sont de retour au pays des Pharaons.

La mise en place d'un système de santé viable, la réforme du système éducatif et la construction de nouveaux logements pour les plus démunis sont les priorités du gouvernement.

Tout en affrontant les défis sécuritaires, de grandes réalisations, comme le doublement du canal de Suez, la construction de la nouvelle capitale administrative et de 14 villes nouvelles ainsi que la réhabilitation de 630 mille hectares de terres agricoles contribuent à renforcer l'attractivité de l'Égypte.

La croissance sera supérieure à 5 % cette année et augmentera fortement durant la prochaine décennie

La croissance sera supérieure à 5 % cette année et augmentera fortement durant la prochaine décennie, selon les projections de l'université de Harvard et celles de la banque britannique Standard Chartered.

L'émergence économique de l'Égypte, son marché de plus de 100 millions d'habitants, ses ambitions et ses projets dans les domaines des infrastructures, des énergies renouvelables, de la santé notamment, ouvrent la voie à une présence accrue des entreprises françaises. Les échanges commerciaux entre la France et l'Égypte ont augmenté de 21,8 % en 2017, atteignant 2,5 milliards d'euros. La nouvelle rencontre entre le président Emmanuel Macron et le président Abdel Fattah al-Sissi sera, à n'en pas douter, l'occasion de donner encore davantage d'envergure à ce partenariat d'exception.

                                                                                       Le Figaro


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