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L'Égypte...Un centre régional de l’énergie en Méditerranée orientale

mardi، 24 janvier 2023 - 01:46
L'Égypte...Un centre régional de l’énergie en Méditerranée orientale

L'Égypte est devenue un centre régional pour le commerce du gaz en important le gaz brut découvert à Chypre, en Israël, au Liban et d’autres pays de la région et en le traitant dans ses stations de liquéfaction avant de le réexporter ou de l’utiliser dans les industries locales. L’Egypte pourra jouer un rôle important dans l’avenir du gaz dans la région de la Méditerranée orientale grâce à sa position stratégique, à ses infrastructures solides et à ses grandes nouvelles découvertes gazières. Elle est également la meilleure option stratégique, économique et technique pour exploiter les gisements du gaz dans la région.


L’Egypte adopte une politique ayant deux objectifs: le premier est d’atteindre une autosuffisance dans les approvisionnements locaux, alors que le deuxième est de réexporter le gaz importé des pays voisins à travers les installations et les gazoducs disponibles. Malgré les énormes réserves du champ de "Zohr", les approvisionnements locaux ne répondent pas aux besoins de l’Egypte, qui augmentent chaque année à des niveaux sans précédent. L’économie nationale égyptienne pourra profiter de cette politique en percevant les redevances de l'utilisation des installations gouvernementales comme les gazoducs, ou en l’introduisant dans des projets, qui lui apportent une valeur ajoutée, comme la production des pétrochimies.


Il existe plusieurs conditions de base, qui doivent être remplies par tous les pays pour devenir un centre régional de l’énergie. La première condition est d'être un pays producteur du gaz naturel en grandes quantités, ce qui s’applique actuellement sur l'Egypte. La deuxième condition est de pouvoir transporter et distribuer le gaz selon les dispositions du nouvel accord sur le gaz. La troisième condition est de disposer des stations de liquéfaction du gaz. La plupart des pays de la région ne disposent pas des stations de liquéfaction du gaz, alors que l'Égypte en dispose deux à Idku et à Damiette.


L’Egypte a cessé d’importer le gaz liquéfié de l’étranger depuis la fin du septembre 2018. La production quotidienne de gaz naturel en Égypte a augmenté de 6 milliards de pieds cubes en juillet 2018 à 6,6 milliards de pieds cubes en septembre 2018. La production égyptienne n'a pas cessé d'augmenter l'exploitation du champ gazier de "Zohr" en décembre 2017. L'Égypte a atteint l'autosuffisance en gaz naturel tout en travaillant à devenir un centre pour le commerce de l'énergie dans la région par la liquéfaction et la réexportation du gaz après plusieurs grandes découvertes.


Le Chypre est sur le point de signer un accord pour exporter le gaz naturel découvert dans le champ "Aphrodite" par le Groupe américain "Noble Energy" vers l’Egypte. Les réserves du champ gazier "Aphrodite" sont estimées à 4.5 trillions de pieds cubes, selon les déclarations du ministre chypriote de l'Énergie, George Lakkotrypis, à l'Agence de Bloomberg. Cet accord potentiel intervient après la signature par le groupe israélien Delek et le groupe américain Noble Energy de deux accords avec la Compagnie égyptienne Dolphinus pour exporter le gaz israélien vers l'Egypte pour une période de 10 ans. Le montant du contrat devrait atteindre 15 milliards de dollars.


L'Égypte et le Chypre ont signé, mercredi 19 septembre 2018, un accord portant création du premier pipeline maritime pour transporter le gaz naturel chypriote vers les stations de liquéfaction en Egypte pour le réexporter vers les différents marchés. Cet accord doit contribuer positivement à sécuriser l'approvisionnement de l’Union européenne en gaz.


Le taux de capacité des gazoducs est d'environ 700 millions de pieds cubes par an et il est prévu que le gaz chypriote commence à être pompé vers l'Égypte d'ici 2022. Une partie de ce gaz sera destinée à la consommation locale, alors que l'autre sera destinée à la réexportation via les stations de liquéfaction.


L'Initiative égyptienne pour établir le Forum du gaz de la Méditerranée orientale


En Octobre 2018, l'Égypte, la Grèce et Chypre ont convenu à établir le Forum du gaz de la Méditerranée orientale (FGME), dont le siège sera au Caire, pour coordonner les politiques de l’exploitation des gisements du gaz naturel et accélérer les processus d’évaluation des réserves actuelles et futures dans les pays du bassin méditerranéen. Les ministres de l’énergie de 7 pays de la Méditerranée orientale (l’Egypte, le Chypre, la Grèce, l’Italie, Israël, la Jordanie et la Palestine) se sont réunis les 14 et 15 janvier 2019 pour confirmer leur engagement à promouvoir la coopération et à commencer un dialogue systématique sur les politiques liées au gaz naturel dans la région de manière à développer les marchés nationaux du Gaz.


Ces ministres se sont mis d’accord sur les objectifs du FMGE, à savoir:


1. Établir un marché régional du gaz, qui sert les intérêts des pays membres, en sécurisant l’offre  et la demande,  en valorisant le développement des ressources d’une manière optimale, en rationalisant le coût des infrastructures, en proposant des prix compétitifs et en renforçant les relations commerciales.


2. Assurer les approvisionnements nécessaires aux pays membres tout en travaillant sur le développement optimal des ressources, l’utilisation efficace des infrastructures existantes et nouvelles avec des prix compétitifs, et la promotion des relations commerciales.


3. Promouvoir la coopération en instaurant un dialogue systématique et en formulant des politiques régionales communes sur le gaz naturel.


4. Approfondir la prise de conscience des avantages de la coopération et du dialogue entre les pays membres conformément aux principes du droit international.


5. Soutenir les propriétaires actuels des réserves du gaz et les producteurs existants dans la région dans leurs efforts visant à tirer profit de leurs réserves en renforçant la coopération avec les acteurs de la consommation et du transit dans la région et en développant les infrastructures existantes pour assimiler les découvertes actuelles et futures.


6. Aider les pays consommateurs à satisfaire leurs besoins et à participer avec les pays de transit au développement des politiques concernant le gaz naturel dans la région, permettant ainsi l’établissement d’un partenariat durable entre les acteurs ans toutes les phases de l’industrie gazière.


7. Garantir la durabilité et les considérations environnementales dans la production et le transport du gaz, la construction des infrastructures et l’intégration du gaz naturel avec les autres sources d’énergie, surtout les réseaux d’énergies renouvelables et de l’électricité.


Les ministres de l’Energie ont mis l’accent sur l’importance d'encourager la participation efficace des acteurs de l'industrie gazière et du secteur privé, qui comprend les investisseurs, les agences de financement et toutes les parties concernées.


La charte du FGME, qui représente non seulement un modèle à suivre dans la promotion de la coopération régionale et le maintien de la stabilité dans la région, mais également un cadre pour s'accorder sur les projets communs dans le domaine du gaz, a été signée pour maximiser l’utilisation des énormes richesses gazières dans la région de la Méditerranée orientale afin d'obtenir des avantages mutuels, tout en préservant à chaque pays ses droits souverains sur ces richesses.


Le mécanisme de la coopération tripartite, signé par l'Égypte, le Chypre et la Grèce, présente deux modèles réussis de délimitation des frontières maritimes conformément aux règles du Droit international et aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Ce mécanisme reflète la détermination politique de trois pays à profiter des réserves pétrolières et gazières prometteuses, à ouvrir des nouveaux horizons pour une plus grande coopération régionale dans le domaine de l'énergie, ainsi qu’à mettre en œuvre davantage de projets stratégiques du mécanisme de la coopération tripartite, surtout dans le domaine de l'énergie à l’instar du FGME.


Lors de la deuxième réunion ministérielle du FGME, qui a eu lieu le 25 juillet 2019, les participants ont salué l'ouverture des nouvelles perspectives de la coopération entre les pays de la région dans le domaine de l'énergie et du gaz afin de transformer les ressources potentielles de la région en des véritables opportunités d'investissement en faveur des peuples et des générations futures. Cette coopération constitue un prélude à la création d'un centre énergétique intégré à l'échelle régionale et internationale, ainsi qu’à la mise en place d’un marché régional du gaz, qui sert les intérêts des pays membres en sécurisant l'offre et la demande, en optimisant l'utilisation des ressources et en renforçant les relations inter-commerciales.


L'Egypte se charge d’apporter le soutien nécessaire au FGME et à son siège au Caire pour commencer ses activités et de soutenir le groupe du travail de haut niveau, qui a été créé pour promouvoir la coopération et les consultations techniques entre les pays du Forum.


La Charte du FGME en vigueur


Les ministres de l’énergie des pays membres du FGME ont annoncé le 1er mars 2021 que la Charte du Forum est entrée en vigueur. Cette annonce a été faite lors de la réunion au Caire des ministres de l’Energie des pays fondateurs du FGME, à savoir: l'Égypte, le Chypre, la Grèce, Israël, l'Italie, la Jordanie et la Palestine.


Les ministres de l’Energie des pays membres du FGME ont célébré la tenue de leur 1ère réunion ministérielle après l'entrée en vigueur de la Charte du Forum en tant qu'organisation intergouvernementale à part entière basée au Caire. Ils ont souligné que le forum servira de plateforme pour un dialogue systématique sur les politiques liées au gaz naturel, notant que le FGME contribuera au développement d'un marché régional durable pour le gaz.


Le Forum vise également à maximiser l'utilisation des ressources gazières dans la région de la Méditerranée orientale, en respectant les droits de ses membres sur leurs ressources naturelles, conformément au Droit international.


Selon le communiqué, la réunion a examiné plusieurs questions liées à l’organisation du FGME, dont la poursuite de la présidence égyptienne du Forum jusqu'à la fin de 2021. Le mandat de la première présidence doit commencer selon la Charte en janvier 2022 lorsque le Chypre deviendra la présidente selon l’ordre alphabétique. Le Sous-secrétaire du ministère égyptien du Pétrole pour les Affaires du bureau technique, Oussama Moubarez, a été nommé secrétaire général par intérim du Forum.


La réunion a également examiné les activités du Forum, y compris: l'élaboration d'une stratégie à long terme et le lancement de deux nouvelles initiatives sur la "décarbonisation du gaz" et le "gaz naturel liquéfié comme un carburant maritime", conformément aux tendances environnementales mondiales. Trois groupes de travail d'experts seront formés, dont le premier se charge d’élaborer la stratégie, alors que les deux autres se chargent des initiatives.


Les ministres ont approuvé le programme de travail du FMGE pour l'année 2021, qui comprend les étapes principales pour achever la préparation institutionnelle du Forum, parallèlement à ses activités, y compris: les études, les initiatives et les ateliers. Ils ont également approuvé la demande de la France de rejoindre le forum en tant que membre, et celle des États-Unis en tant qu'observateur.


La faisabilité d'importer du gaz d'Israël


Le 19 février 2018, la société israélienne Delek Drilling a annoncé la signature d'un contrat de 10 ans avec la Compagnie égyptienne Dolphinus pour exporter le gaz naturel vers l’Égypte. Le montant du contrat devrait atteindre 15 milliards de dollars. Ce contrat a été conclu malgré l'annonce par le ministère égyptien du Pétrole que l'Égypte a réalisé une autosuffisance en gaz naturel en 2018 et un excédent en 2019.


Bien que cet accord appartienne purement au secteur privé, le Gouvernement égyptien bénéficiera d’une manière indirecte de ses revenus économiques.


 Les principales raisons de cet accord peuvent être résumées comme suit :


1. La remise en oeuvre des unités égyptiennes de liquéfaction de gaz suspendues en raison de l'insuffisance du gaz égyptien pour l'exportation. L'Égypte possède deux usines de liquéfaction de gaz, dont la première est l’usine d’Idku, affiliée à la compagnie gazière publique égyptienne (2 unités de liquéfaction) et la deuxième est à Damiette, affiliée à une compagnie italo-espagnole (une seule unité). Le rôle de ces unités est de transformer le gaz naturel de l'état gazeux à l'état liquide, afin qu'il puisse être chargé sur les navires et exporté plutôt que d'être pompé dans les canalisations. Les unités ont cessé de fonctionner récemment en raison du manque de la production locale du gaz et l'Égypte est devenue un simple importateur de gaz afin de combler l'écart entre la production et la consommation. Malgré les dernières découvertes, auxquelles s'ajoute le champ de Zohr, la production locale est insuffisante pour remettre en service ces unités.


2. L'Égypte s’est transformée en un centre régional pour l'industrie du gaz conformément aux règles du marché, car elle dispose de plusieurs infrastructures extensibles sous forme de gazoducs et d'unités de liquéfaction du gaz. Sa position géographique distinguée et les dernières découvertes du gaz font de l'Égypte un pays pionnier capable de relier le gaz chypriote grec aux stations de liquéfaction pour l'exporter vers l'Europe jusqu'à ce que le gazoduc entre l'Égypte, le Chypre et la Grèce soit terminé. L’Egypte demeure le seul centre de déchargement du gaz de la Méditerranée orientale vers l'Europe et le monde jusqu’à la mise en œuvre de ce gazoduc.


3. Le prix bon marché du gaz israélien par rapport au gaz liquéfié permet au Gouvernement de fournir l'énergie aux centrales électriques et  d'assurer l'approvisionnement totale en énergie et en gaz des projets nationaux que l'État met actuellement en œuvre.

4. Le gouvernement égyptien gagne des revenus indirects lorsque les compagnies privées achètent du gaz, qu'elles soient israéliennes ou autres, en percevant des redevances pour l'utilisation du réseau national de gaz et des stations de liquéfaction égyptiennes.


5. Les affaires d'arbitrage international contre l'Égypte suite à l'arrêt de l'exportation du gaz vers Israël en 2012 seront réglées.


L’Egypte est un centre d’échange de l’énergie avec l’Europe


Le 14 octobre 2021, l'Égypte a signé un accord avec le Chypre, la Grèce et l’Arabie saoudite pour commencer la mise en œuvre des accords d'interconnexion électrique. Les câbles s'étendent à travers la Méditerranée entre l'Égypte, le Chypre et la Grèce. Les projets d'interconnexion entre l'Égypte et les pays voisins visent à concrétiser la vision politique de l'Égypte en tant que centre essentiel pour l’échange énergétique, vue sa position stratégique. L’Egypte a réalisé un boom majeur dans le secteur de l'électricité et a une importante réserve d'énergie électrique pour l'exportation, ce qui la rend un premier fournisseur d'énergie solaire vers l'Europe.

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