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Le Rassemblement du Sahel et du Sahara

mercredi، 16 septembre 2009 - 12:00

La Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) qui a démarré le 4 février 1998 à Tripoli, à l'initiative du guide de la révolution libyenne, le Colonel Mouammar Kadhafi, se prépare à accueillir trois nouvelles adhésions, le Bénin, le Libéria et le Togo, lors de son 4è sommet prévu les 6 et 7 mars à Syrte (450 km à l'est de Tripoli). 
L'organisation qui a commencé ses activités avec six pays (Burkina Faso, Libye, Mali, Niger, Soudan et Tchad) compte aujourd'hui 16 membres. 
La première conférence au sommet de la CEN-SAD a été marquée en février 1999, à Syrte, par l'adhésion de la République centrafricaine et de l'Erythrée. 
Dans la capitale tchadienne qui a accueilli en février 2000 la 2è conférence au sommet, trois autres pays africains, le Sénégal, la Gambie et Djibouti ont rejoint le jeune rassemblement. 
Le 3è sommet à Khartoum en février 2001 a accueilli un groupe de cinq nouveaux membres, Egypte, Maroc, Tunisie, Nigeria et la Somalie. 
Depuis sa création en 1998 à l'initiative du Colonel Mouammar Kadhafi, la CEN-SAD s'est attachée à mettre en place un espace communautaire de progrès économique fondé sur la paix, la sécurité, la stabilité des Etats membres, la libre circulation des personnes et des biens, de même que le droit au travail et à la propriété. 
Pour atteindre ses objectifs, elle s'est dotée de cinq organismes qui sont la conférence des chefs d'Etat, un conseil exécutif, un secrétariat général, une banque de développement et un conseil économique, social et culturel. 
Soulignons que quatre comités ministériels spécialisés sont mis en place pour appuyer ces institutions. 
Ces structures ont tenu depuis lors plusieurs réunions dans différentes capitales des pays membres. 
Il s'agit des comités de la santé, de la sécurité, des finances et de l'économie. 
Depuis sa mise sur pied, le comité de la santé a organisé des caravanes et des équipes médicales spécialisées entre les pays membres de la CEN-SAD afin de lutter contre les maladies à potentiel épidémique. 
Le comité chargé de l'économie et des finances s'est penché sur la mise en oeuvre d'une politique communautaire de sécurité alimentaire et de protection de l'environnement, la protection des ressources énergétiques existantes, l'adoption d'une stratégie de croissance des échanges commerciaux intercommunautaires et le développement des moyens de transport et de communication entre les pays membres. 
Le comité ministériel qui porte sur la sécurité a veillé, lors de ses différentes réunions à Tripoli, à N'Djaména, à Khartoum et à Bamako, à l'application des décisions des chefs d'Etat pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens au sein de la communauté. 
A cet effet, et comme première étape, on a procédé à partir du 1er mars 2001 à la suppression généralisée des visas pour les titulaires de passeport diplomatique, de service et les chargés de mission officielle ponctuelle dans tous les pays membres de la communauté. 
Pour les passeports ordinaires, le projet de convention présenté par le Tchad lors du 2è sommet de N'Djaména se trouve toujours sur la table des chefs d'Etat. 
Le comité ministériel chargé des finances s'est attelé, depuis sa première réunion de Benghazi en novembre 1999, à chercher les voies et moyens pour rendre opérationnelle la Banque africaine pour le développement et le commerce (BADC). 
La banque, créée le 16 avril 1999 et lancée le 28 juin 2000 à Tripoli, a pour objectif de répondre aux attentes des projets de développement dans les 16 pays de la communauté. 
La BADC qui a augmenté son capital de 100 millions d'Euros à 250 millions d'Euros, se prépare à lancer ses premières succursales à Khartoum, Asmara et Bamako dans le courant de cette année, selon son PDG, le libyen Hedi Ourfalli. 
Le fameux projet de drainage des eaux de l'Oubangui vers le Lac Tchad et la jonction de la Bénoué au Chari dont les documents ont été examinés lors du sommet de N'Djaména (février 2000), n'a pas encore vu le jour. 
Le président centrafricain, Ange-Félix Patassé, éprouve jusqu'ici des difficultés à trouver, non seulement le financement nécessaire, mais également les lettres de non objection des deux Congo (Brazzaville et RD Congo), pays riverains de l'Oubangui, à l'exécution dudit projet. 
La CEN-SAD, lancée pour intégrer le Sahel et le Sahara, continue depuis le sommet de Khartoum (février 2001) d'intenses efforts pour créer les conditions de l'installation effective du conseil économique, social et culturel. 
La conférence de Khartoum a chargé le président en exercice de la CEN-SAD, le président soudanais Omar El Bechir, de la mise sur pied et de l'installation dudit conseil qui, selon des sources du secrétariat de la CEN-SAD, sera proclamé lors du sommet de Syrte les 6 et 7 mars. 
La CEN-SAD, depuis sa création, a accordé une grande importance au domaine économique et au développement. 
C'est ainsi que lors du sommet de Khartoum, les chefs d'Etat ont décidé de réaliser la sécurité alimentaire aux peuples des Etats membres de l'organisation à travers la promotion des projets agricoles dans certains pays membres. 
Le sommet de Syrte, selon des sources diplomatiques libyennes, devra s'atteler à l'intensification des efforts en vue de la lutte contre les maladies endémiques, les épidémies et la pollution, à travers notamment la création de projets communs en coopération avec les institutions internationales et les organisations de la communauté civile. 
Le sommet de Syrte devrait entre autres se pencher sur la crise en république centrafricaine. 
La rencontre examinera aussi un plan d'action sur l'énergie, les communications et l'environnement. 
Selon des sources diplomatiques à Tripoli, il s'agit, dans le domaine de l'énergie, d'entreprendre les mesures nécessaires pour faciliter les échanges d'électricité, de pétrole et de gaz. 
Des mesures techniques seront également prises pour faciliter les communications à travers les pays de la communauté qui s'étendent de la Corne de l'Afrique à l'océan atlantique en passant par la rive sud de la méditerranée. 
Comptant aujourd'hui 16 pays africains, la CEN-SAD est devenue en quelques années un rassemblement socio-politico-économique de taille dans un monde en pleine mutation et dont la carte du nouveau millénaire se dessine en fonction des grands blocs, de l'avis des observateurs. 

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