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L’Egypte et la crise somalienne

mercredi، 16 septembre 2009 - 12:00

Les crises politiques et les guerres civiles dont quelques Etats africains sont le théâtre, ont de multiples effets négatifs, non seulement sur le plan économique, social et humanitaire, mais également sur le plan économique, social et humain surtout quand il s’agit de violations des droits de l’homme.

La crise somalienne nous en donne le meilleur exemple. La propagation de l’anarchie sécuritaire, les actes de violence armée, les scissions entre les forces, les factions politiques et tribales et surtout le conflit entre l’Union des tribunaux islamiques et la coalition des « Seigneurs de la guerre «ont soulevé de multiples interrogations sur les conséquences de cette crise sur les droits de l’homme.

Cette situation bien qu’elle ait acquis l’intérêt de quelques organisations humanitaires n’a pas pu attirer l’attention et gagner l’intérêt des puissances actives de l’ordre international et surtout de l’UE qui prétendait veiller aux droits de l’homme comme l’une des priorités de sa politiques extérieure L’étude que nous vous présentons comprend trois parties : Premièrement : Le cadre juridique des droits de l’homme en Somalie .que nous signalons ici pour évaluer le degré de compatibilité de ce cadre avec la situation réelle des droits de l’homme en Somalie .

1 - Droits de l’homme dans la Constitution de la Somalie : On peut en général parler d’une certaine conformité entre les clauses de la constitution somalienne relatives aux droits et aux obligations des droits de l’individu et les principes de la Déclaration mondiale des droits de l’homme approuvés par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948.

Le deuxième chapitre de la Constitution accrédité en 1961 comprend un ensemble d’articles sur les droits et les devoirs essentiels du citoyen. Le troisième chapitre comprend les droits et les devoirs essentiels de l’homme représentés par le droit à la liberté, les droits sociaux, les garanties judiciaires et finalement les devoirs de l’individu à l’égard de l’Etat. Dans le cadre des efforts déployés pour régler les différends entre les factions somaliennes, une charte provisoire a été accréditée en février 2004 dans le but de promouvoir la conciliation et l’unité nationale ainsi que le bon pouvoir.

La 5ème partie qui porte sur la « protection des droits et des libertés essentiels du peuple « stipule l’égalité des citoyens devant la loi, le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité personnelle . le droit à un jugement juste, le droit de former des partis politiques [à l’exception des partis à caractère militaire ou tribal], le droit de créer des syndicats d’ouvrier et des organisations sociales dont les organisations des droits de l’homme. 2 – Institutions des droits de l’homme en Somalie : Il existe en Somalie plusieurs modèles d’institutions des droits de l’homme .Au niveau officiel , un ministère a été crée pour se consacrer aux affaires concernant les deux sexes et la famille dans le gouvernement transitoire formé en 2004 , spécialement concerné à l’amélioration des conditions de la femme .

De même une institution indépendante des droits de l’homme a été fondée ainsi qu’un comité parlementaire des droits de l’homme dans le Conseil des notables de la République de la « Terre de Somalie « Il existe quelques organisations non-gouvernementales œuvrant dans les domaines des droits de l’homme. 3- La Somalie et les chartes internationales des droits de l’homme : La Somalie a adhéré à 4 des 7 principales conventions approuvées par les Nations Unies concernant les droits de l’homme , au niveau international à savoir : Les 2 engagements internationaux relatifs aux droits civils politiques , économiques et culturels [1990].

La Convention qui mit fin à toutes les formes de discrimination raciste [1975] .La convention contre la torture et autres traitements inhumains ou humiliants [1990]. Elle a également signé l’accord des droits de l’enfant en 2002, sans toutefois le ratifier .Il est à noter que la Somalie n’a pas signé la Convention portant sur la création d’une Cour criminelle internationale et celle portant sur la femme et le protocole facultatif qui lui est annexé.

4 – La Somalie et les Chartes régionales des droits de l’homme : La Somalie a adhéré à la Charte des droits et des peuples [publiée en 1983] et la Déclaration du Caire des droits de l’homme dans l’Islam publiée en 1990 bien qu’elle n’ait été qu’une charte d’orientation qui n’avait pas besoin d’être ratifiée .Elle a approuvée la Charte arabe des droits de l’homme amendée puis accréditée par le Sommet arabe tenu en Tunisie en 2004 , sans qu’elle l’ait ratifié comme la majorité des Etats arabes .

Deuxièmement : Retombées de la crise sur les droits de l’homme : La lecture des rapports de 2005 et 2006 émis par quelques organisations internationales sur les droits de l’homme et surtout le rapport de l’organisation internationale de l’amnistie , nous permet de relever les formes les plus frappantes des violations des droits de l’homme en Somalie dans les deux dernières années ,comme suit : 1- Absence de tout aspect de la souveraineté de la loi ou celle de la magistrature : Les situations judiciaires en 2004 se sont caractérisées par l’absence presque totale de tout système efficace et compétent pour appliquer la justice et la loi et assurer la protection honnête des droits de l’homme dans les régions du centre et du sud de la Somalie .Il s’est avéré que le gouvernement national transitoire et les chefs des factions ont négligé la protection des citoyens et d’autre part les milices des factions se sont trouvées impliquées dans des actes de violation des droits de l’homme ,y compris le recrutement militaire des enfants , tout en s’échappant de toute sanction . 2- Violations contre les journalistes : En 2004, plus de 17 journalistes ont été arrêtés et détenus pour de courte durée..Quelques uns d’entre eux ont été frappés pour avoir critiqué les « Seigneurs de la guerre «, ou les autorités politiques.

En 2005, quelques uns d’entre eux ont été exposés en Somalie [y compris la terre de Pount ]et la république de la terre de Somalie , à des menaces ou à la détention . Deux d’entre eux ont été tués. 3- Violations contre les défenseurs des droits de l’homme : En dépit des menaces d’assassinat , les organisations des droits de l’homme ont recensé, en 2004 , des violations contre les droits de l’homme et ont lutté pour assurer plus de protection aux droits de l’homme et pour la création d’un comité international indépendant des droits de l’homme en Somalie et d’autres comités similaires dans la République de la terre de Somalie et dans l’Etat de la terre de Pount.

4- Violence contre la femme : Plusieurs organisations concernées aux droits de la femme ont poursuivi leur rôle dans les domaines de la conciliation entre les factions, du désarmement des milices , dans la protection des droits de l’enfant et dans les initiatives de développement .

Les organisations féministes dont celle de la République de la terre de la Somalie ont également lutté contre la violence exercée contre les femmes surtout les déplacées, et dans les milieux familiaux.

5- La discrimination sociale et les violations contre les minorités En dépit de quelques progrès réalisés dans la reconnaissance des droits des minorités en 2004 par la consécration de 31 sièges parlementaires aux communautés minoritaires , la discrimination sociale s’est perpétuée contre les fils des minorités par des membres des clans , et se poursuit en 2005 .

6 – Crise des réfugiés et des déplacés intérieurement : La fuite des réfugiés face aux débats qui se déroulent entre les factions, les kidnappings, les menaces aux droits de l’homme et les autres violations se sont continués Plus de 400 mille déplacés vers l’intérieur du pays ont souffert de la dégradation des conditions de vie .

Le 26 Avril 2008, L’Egypte suit de près, et avec inquiétude, l’escalade de la tension sécuritaire et les affrontements militaires armés en Somalie ayant coûté la vie à des dizaines de civils somaliens sans armes et en déplacé des centaines dans des différentes régions en Somalie. Dans des déclarations à la presse, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a appelé toutes les parties en combat en Somalie a faire preuve de retenue, éviter tout danger à l’encontre des civils et respecter les lieux saints et ceux des cultes. Le chef de la diplomatie égyptienne a appelé toutes les parties à donner libre cours aux efforts de règlement pacifique et à engager un dialogue avec le gouvernement transitoire et l’opposition dans un climat positif.

Le 19 Août 2008, Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, a accueilli favorablement la signature définitive à Djibouti de l’accord de paix entre le gouvernement de transition et l’opposition en Somalie. M. Aboul Gheit a espéré la stabilité de la situation sécuritaire en Somalie dans la phase à venir en prévision d’un dialogue regroupant toutes les parties pour examiner l’ensemble des questions politique et sécuritaire concernant l’avenir du pays. Le ministre égyptien des affaires étrangères a également confirmé le plein soutien de son pays à cet accord conclu en présence de représentants des Unions Européenne et Africaine, de la Ligue Arabe, de l’ONU et de l’Egypte ainsi que d’autres pays.

Le 17 Septembre 2008, Le porte-parole du Ministère égyptien des Affaires étrangères s’est félicitée de la convocation de la deuxième phase du dialogue entre les parties somaliennes qui ont signé l’accord de Djibouti, soulignant l’importance particulière de cette série en raison de la sécurité et les questions politiques de l’accord, comme une étape importante dans la mise en œuvre de l’accord, et soulignant la nécessité de fournir des efforts suffisants afin d’élargir la base de soutien à l’accord entre les Somaliens localement et à l’étranger et d’assurer l’universalité nécessaire pour le processus politique et la réconciliation nationale.

Le 13 Décembre 2008, Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit a déclaré que l’Egypte à pour but d’étaler sa vision quant aux moyens susceptibles d’appuyer les efforts de règlement politique dans le cadre de l’accord de Djibouti conclu en août dernier sous les auspices des Nations unies. M. Aboul Gheit a noté que la tenue d’une réunion aux Nations Unies sur ce sujet "important" à ce moment critique dans le processus de la réconciliation en Somalie traduisait l’intérêt accordé par la communauté internationale à la question somalienne. Comme il a indiqué que cette conférence reflétait de même la volonté de la communauté internationale à mettre fin à la situation sécuritaire et humanitaire détériorée en Somalie depuis longtemps. Le chef de la diplomatie égyptienne a fait part du plein soutien de l’Egypte à l’accord de Djibouti conclu entre le gouvernement transitoire et l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS) afin de déclarer le cessez-le-feu et d’élargir la base de participation au pouvoir et ce en prélude de la formation d’un gouvernement d’unité nationale qui assumerait la gestion des affaires du pays pendant la phase transitoire.

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