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Mohammad Abdou

mercredi، 16 septembre 2009 - 12:00

lmâm de la réforme et de la rénovation

L’un de plus célèbres pionniers de la réforme et de l’innovation de l’Al Azhar au xix S.

Son Message vise trois points :

La réforme de la religion ; la réforme de la langue et la littérature et la réforme politique. 
Mohammad Abdou est né dans un village de la Basse-Égypte en 1849. En février 1866, il adhéra à l’Université de l’Azhar.

En 1872, Gamâl Eddine El-Afghani arriva en Égypte. Il organisait des conférences qui rassemblaient de jeunes gens. Son auditeur le plus assidu fut le cheikh Abdou qui "le suivait comme son ombre".

Gamâl Eddine dirigea les conférences de son élève, à Mohammad Abdou qui lui offraient l’occasion d’exposer toutes les pensés qui l’agitaient, et les connaissances qu’il puisait dans les ouvrages arabes et occidentaux. 

En septembre 1879, cheikh Gamâl Eddine a été expulsé de l’Egypte, et Mohammad Abdou a été renvoyé à son village, avec défense d’en sortir et de s’adresser au public.

Abdou et le Journal officiel :

A l’avènement du Khédive Tewfiq, Abdou fut rappelé de son village, et de septembre 1880 à mai 1882, il fut nommé rédacteur en chef du Journal officiel (El- Waqa’ea El-Masreyah) qu’il publia en langue arabe seulement. Ses nouvelles fonctions lui permirent de traiter tous les problèmes qui occupaient les esprits avancés, et d’expliquer des notions comme le nationalisme, la liberté et la démocratie.

Cheikh Abdou était un réformiste qui ne croyait qu’aux réformes susceptibles d’être réalisées. Pour lui, le progrès ne pouvait être assuré que s’il commençait par une réforme de l’éducation morale et religieuse: "Celui qui veut le bien de son pays doit concentrer tous ses efforts sur l’amélioration de l’éducation, afin de pouvoir réaliser toutes les autres réformes, à condition qu’elles soient légitimes".

Il aspirait à une renaissance sociale par le biais de l’éducation, loin de l’imitation aveugle de l’Occident. Cette manière d’envisager le problème des réformes devait le ramener, petit-à-petit, vers les questions concernant l’islam, et ses relations avec le monde moderne.

Mohammad Abdou apprit la langue française, et deux ans après ses relations avec son Maitre. Il a écrit son premier livre, "le Traité des Inspirations Mystiques" (Rissalat Al-Waridat), où il démontrait qu’il n’y a qu’une seule existence réelle, celle de Dieu.

Le style et la forme de ses écrits étaient marqués par ses études à El-Azhar et par l’influence de Gamâl Eddine El-Afghani.

Son deuxième ouvrage, publié en 1876, et intitulé Exposé de la Foi par Adod (Aqai"d El-Adodyah). est un traité très court, mais substantiel, de la religion islamique. Il en déduit que la raison est le seul guide qui nous mène à la vraie foi.

Au début de 1879, Mohammad Abdou fut nommé professeur à l’École de Dar El-Ouloum, il prononça une conférence sur Ibn Khaldoun, le plus grand historien, et le seul penseur arabe ayant cherché d’édifier une philosophie de l’histoire basée sur l’expérience et la critique historique.

Mais, les événements allaient, encore une fois, interrompre le cours de ses travaux. Le 9 septembre 1881, la Révolte d’Orabi. et Abdou exerca une grande influence sur les esprits par ses articles autant que par ses discours.

Un an plus tard, Orabi était défait par les Anglais à Tell El-Kébir, et ses partisans jugés. Cheikh Abdou fut condamné à l’exil pour une période de 3 ans et 3 mois, avec défense de rentrer en Égypte sans permission spéciale des autorités. Il partit vers Beyrouth où il comptait y résider. 


Le lien indissoluble :

Gamâl Eddine El-Afghani, qui séjournait en Indes depuis son expulsion, avait entrepris un voyage en France. Au début de 1883, il écrivit à son ami l’invitant à le rejoindre.

Les deux amis se rencontrèrent à Paris au début de 1884. Ils se mirent aussitôt à l’œuvre en créant une société politique appelée le Lien Indissoluble (AI-Orwat AI- Wothqa), qui servit de trait d’union à tous les musulmans du monde pour lutter contre la domination étrangère et le despotisme intérieur. La société eut pour organe un journal du même nom dont la première édition, parue le 13 mars 1884, fut suspendue 8 mois plus tard.

Après cet échec, les deux amis se séparèrent de nouveau, et cheikh Abdou regagna Beyrouth au début de 1885. Il y passa trois ans et demi, s’adonnant surtout à des études sur l’islam. Sa maison devint le lieu de rencontre de tous les lettrés et savants.

C’est là qu’il rédige son chef-d’œuvre " le Traité de l’Unité de Dieu " (Rissalat Al-Tawhîd). 
En 1888, Mohammad Abdou rentra en Égypte, où il fut nommé juge auprès des tribunaux mixtes et, deux ans plus tard, conseiller à la Cour d’Appel.

Les 20 dernières années de sa vie représentent la période de sa grande activité, et de ses œuvres les plus importantes.

En 1892, à l’aide de ses disciples et amis Saad Zaghloul, Hassan Qasim et Ahmad Fathi Zaghloul, il supervisa la fondation de l’association de bienfaisance musulmane, dont il fut élu président en 1897. En 1899, le cheikh Abdou accéda au conseil législatif, et grâce à ses efforts et à son talent oratoire, il se dressa en véritable organe de contrôle du pouvoir exécutif.

Mohammad Abdou, Moufti d’Egypte

En 1899, cheikh Abdou fut nommé Moufti d’Égypte, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort, survenue le 11 juillet 1905. Ses fatwas sont toutes imprégnées du désir de concilier les règles fondamentales de l’islam aux exigences de la vie moderne.

L’œuvre de l’Imâm Abdou 
Son activité s’est manifestée dans divers domaines, sans cesser de poursuivre ses études et ses travaux littéraires. Il rédigea le cours de théologie qu’il professait à Beyrouth, et le publia en 1897, sous le titre de Traité de l’Unité de Dieu.

En 1902, il publia un recueil d’articles réunis, intitulé Rôle respectif du Christianisme et de l’Islam dans la science et la civilisation.

Le cheikh Mohammad Abdou a occupé une place particulière parmi les innovateurs de l’Égypte moderne. Il a été le premier à comprendre l’impossibilité de s’engager dans de nouvelles voies sans modifier la structure intérieure. Il a essayé de former une synthèse et des suces acquis en Occident avec les idées fondamentales de l’Islam. Il a été l’un des fondateurs de l’islam moderne.


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