31 juillet 2021 11:55

Deal du Siècle

dimanche، 12 avril 2020 11:56

Le mardi 28 janvier 2019, après trois ans de gestation, le président américain Donald Trump a dévoilé, en présence du Premier ministre israélien, son plan de paix pour le Moyen-Orient, qu’il a appelé « le Deal du siècle ».

Le mardi 25 juin 2019 à Manama (Bahreïn), une conférence appelée "Atelier de la paix à la prospérité" a démarré avec une présentation effectuée par le Haut conseiller du président des États-Unis, Jared Kushner, qui a exhorté les Palestiniens à saisir « l'occasion du siècle ». Parmi les présents à Bahreïn, figuraient Christine Lagarde, DG du FMI et Tony Blair, ancien premier ministre britannique, alors que les principaux intéressés ont été absents.

Ce plan est un ensemble de propositions d'ordres politique et économique, présenté comme le chemin de la paix entre Israéliens et Palestiniens, et abordant les volets suivants :

Le volet politique

Selon le « Deal du siècle », les dirigeants palestiniens doivent reconnaître Israël comme un Etat juif .

Frontières

- Israël n'abandonnera pas ses colonies et en incorporera la grande majorité dans un territoire israélien. Grâce à des échanges de terres, l’Etat de Palestine aura la même superficie que la Cisjordanie et Gaza avant 1967. Les implantations isolées en territoire palestinien seront reliées par un système efficace de transports .

- La vallée du Jourdain passera sous souveraineté israélienne .

- Sous réserve d’un accord entre les parties concernées, dix villages arabes israéliens du « Triangle » comme Umm al-Fahm, à l’ouest de la Ligne verte, pourraient intégrer l'Etat de Palestine .

- Des territoires dans le Désert du Néguev à la frontière égyptienne sont promis à l'Etat de Palestine .

Jérusalem

- Jérusalem sera entièrement sous contrôle israélien .

- La capitale de la Palestine se situera dans la section de Jérusalem-Est dans toutes les zones situées à l’Est et au Nord de la barrière de séparation israélienne existante, avec notamment Kafr 'Aqab, la partie orientale de Shuafat et Abu Dis. Elle pourrait éventuellement être nommée Al-Qods.

La Cisjordanie :

Les États-Unis sont prêts à reconnaître sans délai l'annexion par Israël à son territoire des implantations, soit quelque 30% de la Cisjordanie, qui reviendrait ainsi officiellement à l'Etat hébreu .

Lieux saints

- Le statu quo des Lieux saints sera maintenu. Cependant, le plan demande que les fidèles de toutes confessions puissent prier sur le Mont du Temple, soit l’Esplanade des Mosquées .

Sécurité

- L'Etat de Palestine sera démilitarisé. Il mettra en place des forces de sécurité pour sa sécurité intérieure et pour empêcher les attentats terroristes en Palestine, en Israël, en Jordanie et en Égypte .

- L'Etat de Palestine renoncera également au contrôle de ses frontières, de son espace aérien. En retour, les Palestiniens auront accès à des facilités dans les ports israéliens .

Réfugiés

Les réfugiés palestiniens auront le choix entre vivre dans le futur Etat palestinien, s'intégrer dans les pays où ils résident actuellement, ou s'installer dans un pays tiers .

Le volet économique

Le « Deal du siècle » repose sur trois initiatives économiques, à savoir :

- Libérer le potentiel économique des Palestiniens.

- Permettre aux Palestiniens de réaliser leurs ambitions.

- Améliorer la gouvernance palestinienne.

Les États-Unis ont l'intention d'attirer des investissements à hauteur de 50 milliards de dollars sur dix ans, pour réaliser des projets, pratiquement réalisés dans tous les secteurs : économie, médecine, éducation, réformes dans le secteur public, sport et culture. Une grande partie - 6,5 milliards de dollars, soit 24% de l'ensemble du budget - permettra de financer des projets liés au transport et à la mobilité. En deuxième position figurent les réformes dans le secteur administratif (3,3 milliards de dollars, soit 12% du montant total), et en troisième position viennent les services numériques (2,6 milliards de dollars, soit 10% du montant total). Il est prévu d'allouer 7% du « budget palestinien » (1,8 milliard de dollars) au développement de l'éducation et 5% (1,4 milliard de dollars) au tourisme .

Le plan envisage la création d'un « fonds international » pour le financement des travaux d'infrastructure, de sécurité et de développement des territoires transférés aux Palestiniens. Ce fonds ne sera alimenté ni par l'Etat de Palestine ni par celui d'Israël. Les fonds internationaux pour Gaza ne seront alimentés que lorsque le territoire sera entièrement démilitarisé et qu'une gouvernance « fiable » y sera établie .

La position palestinienne

Depuis que Washington a reconnu Jérusalem en tant que capitale d'Israël, les autorités palestiniennes refusent de dialoguer avec les États-Unis. Avant même sa publication, elles avaient rejeté le « Deal du siècle » et a appelé tous les pays arabes à boycotter la conférence de Bahreïn. Malgré tous leurs différends, sur ce point les leaders de l'Organisation de libération de la Palestine (à Ramallah) et ceux du Hamas (dans la bande de Gaza) se rejoignent. Ainsi, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a-t-il déclaré que son peuple ne voulait pas vivre dans une « cage dorée ».

La Palestine insiste sur la création d'un État basé sur les frontières de 1967, comme le stipulent les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Alors que le plan américain prévoira certainement un échange de territoires .

Les membres de la Ligue arabe ont unanimement rejeté « le plan de paix » de Donald Trump, que certains d’entre eux avaient pourtant appelé à examiner, après sa présentation mardi à Washington .

 

 

 

 

 

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