09 décembre 2022 06:49

Les partis politiques

samedi، 26 octobre 2019 04:44

La vie partisane

Les partis politiques ont des racines profondément ancrées dans l’histoire de l’Egypte moderne. Les partis en Egypte ont été fondés et évolués parallèlement au développement du concept de l’Etat. Les premiers partis égyptiens ont été créés à la fin du 19ème siècle, puis ils ont pris des formes plus concrètes et fortes au cours du 20ème siècle et la première décennie du siècle courant, en réaction aux situations politiques, sociales, économiques et culturelles dominantes.

Les écrivains, les analystes et les historiens politiques ont unanimement convenu que la création et l’évolution des partis dans la vie politique en Egypte ont passé par des phases distinctes, comme suit:

          La phase de la création des partis avant la révolution de 1919.

          La phase du pluripartisme après 1919 et jusqu’à 1952.

          La phase du système à parti unique entre 1953 et 1976.

          La phase du pluripartisme limité, né avec la loi des partis politiques nº 40 pour l’an 1977 et maintenu jusqu’au déclenchement de la révolution du 25 janvier 2011.

          La phase de la création du véritable multipartisme après la révolution du 25 janvier 2011.

          La phase de l’après révolution du 30 juin 2013.

          Le rôle des partis et la nouvelle république 2022.

Premièrement :

      La Phase avant la révolution de 1919 :

Bien qu’il fût une entité consultative, le Sénat créé en 1866, avait joué un rôle dans l’évolution de la vie politique et préparé les conditions favorables à la création des partis. Certains historiens estiment que le parti national fondé par les partisans du leader Orabi en 1879, est le premier parti politique dans l’histoire de l’Egypte. D’autres historiens croient que cette entité n’était qu’un front qui manquait d’organisation et de moyens de contact avec la population et qui ne visait pas à prendre le pouvoir, un des éléments principaux de la définition d’un parti politique. Selon eux, ce parti était plutôt un moyen de résistance contre les puissances étrangères de l’occupation et avait pour objectif de sauver l’Egypte de la faillite et d’appeler à la réforme et à l’organisation de l’enseignement. L’existence de ce parti a effectivement pris fin avec l’exil des partisans du leader Orabi et la trahison de certains d’entre eux qui s’étaient alliés au Khédive Tawfiq. L’occupation britannique en 1882 a tourné la page de ce parti de l’histoire de la vie politique en Egypte.

 

Les historiens ont déclaré 1907 l’année de la création des partis en Egypte, vu qu’elle avait témoigné d’une vague de naissance des partis, ce qui lui méritait la première place grâce au nombre de partis créés pendant cette année. Cette place n’a rétrogradé qu’après la révolution du 25 janvier 2011, suivie de la fondation d’un nombre inédit de partis dans l’histoire de l’Egypte.

-              Le parti « Al-Oma » (la nation), né en 21 septembre 1907 par la transformation de trois courants politiques qui s’exprimaient via les journaux en un parti politique fondé par les grands propriétaires des terres agricoles, les doyens des familles et certains hommes politiques et de loi ainsi que par des journalistes. Figurent parmi ces leaders et intellectuels, Ahmed Lotfi el-Sayed, fondateur du journal “Al-Garida”, Mahmoud pacha Soleiman et Abdel-Aziz Fahmi bey. Ce parti adoptait les pensées libérales et estimait que l’amélioration de l’enseignement et la fondation de la démocratie basée sur un système constitutionnel était l’unique voie pour la réalisation du progrès et de l’indépendance de l’Egypte.

 

-              Le parti « Al-Islah » (la réforme) sur les principes constitutionnels : fondé le 9 décembre 1907 par le propriétaire et l’éditeur du journal “Al-Moayad”, cheikh Ali Youssef, ce parti était partisan du khédive Abbas Helmi II. Les activités du parti ont pris fin avec la mort de son fondateur en 1913.

 

-              Le parti national, fondé le 27 décembre 1907, par Mostafa Kamel propriétaire du journal « Al-Liwaa » nom donné au courant anticolonialiste avant la création du parti. Mostafa Kamel a fait de l’indépendance du pays sa cause prioritaire et a appelé, en outre, à la rédaction d’une constitution. Les positions du parti ont évolué après la mort de son fondateur le 10 février 1908. Le parti a commencé à adopter des objectifs sociaux sous la direction de son nouveau leader Mohamed Farid qui avait accordé une importance aux syndicats, aux associations de coopération, des écoles du peuple et d’autres projets. Mohamed Farid était obligé de quitter le pays vers son exil choisi entre la Turquie, la Suisse et l'Allemagne. Mais il est resté chef du parti jusqu’à son décès en novembre 1919.

 

-              Le Parti national libre fut créé le 26 juillet 1907, par Mohamed Wahid bey Al-Ayoubi.  Ce parti était partisan de l’occupation britannique et avait choisi le journal d’Al-Moukatam pour être le porte-parole des autorités de l’occupation en Egypte et pour y exposer son programme. Le parti a ensuite pris le nom d’Al-Ahrar et a publié un journal éponyme en 1908. Les activités du parti ont pris fin en août 1910 après la condamnation de son fondateur à deux mois d’emprisonnement pour gaspillage de fonds.

 

-              Le Parti national est fondé en 1907 par Hafez éfendi Awad qui avait publié son programme dans le journal « Al-Moayed » où il a travaillé pendant dix ans. Ledit programme appelait à la coopération avec les autorités de l’occupation britannique, en déclarant : ” Nous, les membres du parti national, estimons que les intérêts de l’Egypte et ceux de l’Angleterre sont identiques”. Resté sans activités réelles, ce parti avait adhéré en janvier 1908 au parti « Al-Islah (La réforme) sur les principes constitutionnels » après la fondation du véritable parti national par Mostafa Kamel.

 

-              En 1907, un petit parti portant le nom du « Parti républicain » a été créé par un groupe de journalistes et d’intellectuels. Il appelait à mettre terme au règne de la famille de Mohamed Ali et estimait que le système républicain était le moyen pour réaliser les principes de la justice et de l’équité. Ce parti n’avait pas survécu longtemps et avait disparu rapidement.

 

-  Dans les années suivantes, un nombre de partis a été créé. En septembre 1908, le Parti égyptien a été fondé par Akhnoukh Fanous qui avait publié dans le journal “Al-Moukatam”, son programme basé sur l’accession à l’indépendance via les relations amicales avec l’Angleterre et le gain de la confiance des autorités britanniques. Éclipsé vite, ce parti n’avait pas laissé aucune trace dans la vie politique en Egypte.

 

-              Parmi les partis qui avaient surgi mais n’avaient pas survécu longtemps dans les années précédant la première guerre mondiale, citons : le Parti des Travailleurs, fondé en 1908 par le journaliste Mohamed Ahmed, le Parti des Nobles créé en octobre 1908 et le Parti Socialiste Béni fondé en octobre 1909 et présidé par le docteur Hassan Fahmi Gamal Eddine qui appelait dans son programme à améliorer les conditions des paysans, à leur octroyer des pensions d’invalidité et d’allocations de maladie et à règlementer les relations entre les paysans et les grands propriétaires des terres agricoles.

 

-              En 1910, un nouveau parti allié aux autorités de l’occupation britannique et surnommé le Parti constitutionnel, a été fondé par Idriss Ragheb et a disparu en 1911.

 

-              Entre 1907 et 1918, le Parti national était le principal acteur sur la scène politique en Egypte et n’avait pas perdu sa puissance en dépit de la mort de son fondateur Mostafa Kamel, mais il a plutôt survécu et évolué sous la direction de Mohamed Farid. Ses activités ne s’étaient jamais arrêtées après l’exil de Farid mais elles s’étaient poursuivies à l'intérieur et à l’extérieur de l’Egypte. Après la fin de la première guerre mondiale, le parti national était le seul parti à préserver son nom, sa structure et son programme jusqu’à la dissolution des partis politiques en janvier 1953.

 

Deuxièmement :

       La phase du multipartisme 1919-1952 :

La constitution de 1923 a représenté un cadre constitutionnel et juridique pour la vie politique au cours de cette période en général et pour les partis et le parlement en particulier. Une atmosphère libérale a régné sur le pays, caractérisée par le respect des droits et des libertés civiles et politiques notamment la liberté d’expression et la formation des partis et des associations.

 

En dépit de la multitude des partis créés et la diversité de leurs orientations, leurs objectifs et leurs appartenances, le Parti Al-Wafd était le seul parti fort et jouissant d’une grande popularité qui avait dominé la scène au cours de cette période dans un contexte d’ingérence continue de la part du « Palais royal » qui appuyait la falsification des résultats des élections en faveur des partis minoritaires et la violation de la constitution. Ce qui a déclenché des conflits entre les partis et a causé une déstabilisation gouvernementale et politique. Certains analystes indiquent qu’un scénario général existait tout le long de cette période. Ce scénario est caractérisé par la victoire du Parti Al-Wafd aux élections puis le déclenchement de conflits avec le « Palais » ou avec les autorités de l'occupation britannique ou avec les deux parties à la fois, ce qui a mené le roi à limoger le cabinet ministériel, et à charger les partis minoritaires d’en former le nouveau gouvernement. Ce qui a reporté la tenue du parlement formé par majorité des membres du Parti Al Wafd et a mené le roi à dissoudre le parlement. De nouvelles élections ont, de nouveau, été falsifiées en faveur des partis minoritaires, ce qui poussa le Parti Al-Wafd à organiser des grèves populaires obligeant ainsi le roi à tenir des élections libres à la suite desquelles Al-Wafd a repris les rênes du gouvernement.

 Les partis politiques qui ont émergé au cours de cette période peuvent être classés en cinq groupes principaux :

Partis libéraux : Il s'agit du Parti El Wafd, ainsi que les partis nés de la scission de ce dernier, à savoir : les partis des Libéraux constitutionnels (1922), des Saadistes (1937) et celui du Bloc wafdiste (1942).

Le Parti El Wafd tire son nom du mot arabe « Wafd » désignant « délégation » faisant référence à la délégation égyptienne, qui a été formée en 1918 par un mandat populaire pour réclamer l'indépendance de l'Egypte,

Partis socialistes : Citons, entre autres, le Parti de la Jeune Egypte « Masr El Fatat » (1933), surnommé plus tard le Parti socialiste, ainsi qu’un nombre d'organisations de gauche telles que le Parti communiste des Travailleurs socialistes, le Parti Communiste égyptien (1922), le Parti du Paysan égyptien et le parti du Mouvement démocratique (1947).

Partis du Sérail "partis pro-roi" : le parti du Peuple, le 1er et le 2ème  parti de l'Union.

Partis féministes : le Parti politique Fille du Nil, le Parti National féministe et le Parti Féministe politique.

Partis et groupes religieux : Il s'agit des Frères musulmans, Hezb-Allah, la Fraternité et la Réforme islamique.

Troisièmement:

 Phase de la mono organisation politique de 1953 à 1976 :

Cette étape a commencé en septembre 1953, à l’issue des mesures prises par le Conseil du commandement de la révolution, telles que la dissolution des partis politiques existants et l'interdiction de la formation de nouveaux partis politiques. Ainsi, s'est terminée l’ère du multipartisme pour entamer une nouvelle, caractérisée par le recours à une organisation politique unique, où fut créé « l'Organisme de la rédaction » en janvier 1953. Or, cette organisation fut remplacée par « l’Union nationale » créée en 1956, puis par « l’Union arabe socialiste » en 1964, en tant qu’une nouvelle organisation politique populaire, basée sur l'alliance des forces populaires laborieuses.

Quatrièmement :

Phase du multipartisme restreint de 1977 au 25 janvier 2011 :

Suite à une période de règne d'une organisation politique unique de 1953 à 1976, la Constitution de 1971 et la loi n°40 promulguée en 1977, sur les partis politiques, et ses amendements successifs ont formé le cadre constitutionnel et juridique de cette étape. Les premières prémices en furent la décision du président Sadate en mars 1976 de relancer trois plates-formes partisanes, représentant la droite, le centre et la gauche, dans le contexte de l'Union socialiste. Ensuite, advint la décision de les transformer, le 22 novembre de la même année, en partis politiques, qui furent le premier noyau du multipartisme restreint en 1977.

Conformément aux amendements de 2005, de la loi n°40 de 1977, les conditions de la formation des partis étaient les suivantes :

- Les principes, les objectifs, les programmes, les politiques et les méthodes du parti dans l'exercice de ses activités ne doivent pas contredire la Constitution et les exigences de la préservation de l'unité nationale, de l’équité sociale et du système démocratique.

- Les principes, les programmes du parti, l'exercice de ses activités et le choix de ses dirigeants et ses membres, ne doivent se fonder sur une base religieuse, sectaire, géographique ou de stratification, ni sur l’exploitation des sentiments religieux ni sur la discrimination en raison du sexe, de l'origine ou de la croyance.

- Le parti ne doit pas être fondé comme branche d'un parti ou d'une organisation politique étrangère.

- Les mesures du parti ne doivent impliquer l'établissement d'aucune sorte de formations militaires ou paramilitaires.

- Les programmes, les buts, les méthodes et les organisations du parti ainsi que ses moyens et ses sources de financement doivent être publiquement déclarés.

- Les programmes du parti doivent constituer un ajout à la vie politique, selon des objectifs et des méthodes déterminés.

- Le parti doit porter un nom distinct de ceux des autres partis déjà existants.

Les amendements stipulaient l’obligation d’adresser un avis écrit de la création du parti au président du Comité des affaires des partis politiques, signé par, au moins, mille de ses membres fondateurs. Ces signatures doivent être officiellement certifiées. Conformément à l’article 7 de la loi 40 de 1977, modifiée par la loi n° 177 de 2005, le nombre des signataires doit forcément être au moins 50 parmi les citoyens originaires de 10 gouvernorats différents.

Conformément à l'amendement de l'article (8) de la loi n°40 de 1977 par la loi n°177 de 2005, le Comité des affaires des partis a été formé comme suit :

- Président du Conseil Consultatif (président).

- Ministre de l'Intérieur (membre).

- Ministre des Affaires de l'Assemblée du Peuple (membre).

- Trois des anciens présidents d'organismes judiciaires ou leurs adjoints non affiliés à aucun parti politique (membres).

- Trois personnalités publiques non affiliées à aucun parti politique (membres).

Au cours de cette phase, le Comité des affaires des partis jouissait d'un pouvoir presque absolu pour contrôler et dominer les partis existants, vu sa capacité de geler indéfiniment l'activité de tout parti, d'interdire son activité et même de l'annuler dans certains cas. Dès la promulgation de la loi en 1977, le Comité a rejeté plus de 70 demandes d’autorisation de création d’un parti politique, surtout ceux de l’opposition libérale.

La création des partis politiques a été soumise à des restrictions légales et procédurales inédites, vu que le Comité des affaires refusait instamment d’autoriser l'émergence de nouveaux partis tout en adressant des critiques continues à leur performance et à leurs positions. Il est à noter que le gouvernement de l'ancien régime, dominait la prise de décision. En dépit de cette conjoncture déplorable, le système judiciaire égyptien impartial constituait le dernier refuge pour la création des partis politiques.

Le nombre des partis politiques créés au cours de cette période a atteint 24 partis qui se distinguent selon la méthode de leur création (trois méthodes) :

- Transformation des plates-formes en partis, (3 partis), à savoir:

Parti Socialiste Arabe Egyptien.

 Parti des Socialistes Libéraux (1977)

 Parti National Progressiste Unioniste (1977 (

- Création par approbation du Comité des affaires des partis, (10 partis), à savoir: 

 Nouveau Parti Wafd (Parti Néo-Wafd) (1978).

 Parti National Démocratique (1978).

 Parti Socialiste du Travail (1978).

 Parti de la Conciliation Nationale (2000 ( .

 Parti Al-Ghad  (Parti de Demain) (2004 ( .

• Parti Constitutionnel Social Libre (2004).

• Parti de la Paix Démocratique (2005).

• Parti des Conservateurs (2006).

• Parti Républicain Libre (2006).

• Parti du Front Démocratique (2007).

- Création par décisions judiciaires, (11 partis), à savoir : 

• Parti de la Nation (1983).

• Parti de l'Union Démocratique (1990).

• Parti Vert d'Egypte (Hizb Al-khodr)  (1990).

• Nouveau Parti la Jeune Egypte (Hizb Misr El-Fatat) (1990).

• Parti Démocrate Populaire (1992).

• Parti Nassériste Arabe Démocratique (1992).

• Parti de la Justice Sociale (1993).

• Parti de la Solidarité Sociale (1995).

• Parti de l'Egypte 2000 (2001).

• Parti Démocrate de la Génération (Hizb El-Guil) (2002).

• Parti des Jeunes d'Egypte (2005).

Cinquièmement:

Phase de l’après-révolution du 25 janvier :

Après la révolution du 25 janvier 2011, le Conseil suprême des Forces armées a pris en charge la gestion des affaires de gouvernance, pendant la période de transition, en ayant recours aux déclarations constitutionnelles, aux décrets et aux résolutions. Par la suite, une révision globale du cadre constitutionnel et juridique, régissant la vie politique de l’Egypte, a été entreprise. Ladite révision visait à remédier aux déséquilibres qui avaient prédominé au cours de la phase précédente, à réaliser les aspirations des Égyptiens compatibles avec les objectifs de la révolution, à consolider la vie démocratique, et à établir le principe de la primauté du droit.

Dans le cadre des efforts déployés en vue d'activer le système des partis en Egypte et d'éliminer les restrictions qui avaient entravé cet objectif pendant des décennies, le Conseil suprême des Forces armées a publié, le 28 mars 2011, un décret-loi n°12 de 2011 modifiant certaines dispositions de la loi n°40 de 1977 sur les partis politiques :

Conformément à ces amendements et ces dispositions, les conditions de la formation des partis étaient comme suit :

- La création d’un comité judiciaire exclusif, chargé d’examiner les notifications de formation des partis politiques, conformément aux dispositions de la présente loi. Ce comité est formé sous la présidence du premier vice-président de la Cour de cassation, la plus haute juridiction civile en Egypte. Le comité est composé de deux vice-présidents du Conseil d’État, de deux vice-présidents de la Cour de cassation et de deux présidents de la Cour d’appel.

- Un parti politique est créé par simple notification officielle, à condition que cette-ci soit soumise au comité concerné. Le parti politique peut exercer ses activités après un délai de trente jours à compter de la notification du comité des partis sans s’y opposer.

La notification de création d'un parti politique doit être signée par 5 mille membres fondateurs appartenant au minimum à dix gouvernorats, avec au moins 300 membres de chaque gouvernorat.

Il est interdit de fonder un parti sur une base religieuse, sectaire, géographique ou de stratification. Les principes du parti, ses programmes, l'exercice de ses activités ne doivent pas contredire la Constitution ni les exigences de la préservation de l'unité nationale, de l’équité sociale et du système démocratique.

- Il est interdit aux partis politiques la création d’aucune sorte de formations militaires. Les principes, les organisations et les sources de financement du parti doivent être rendus publics.

- Abolition de plusieurs clauses et phrases vagues des textes de la loi n°40 de 1977, telles que l'exigence selon laquelle le programme du parti doit représenter un ajout aux partis existants et ne doit pas exploiter les sentiments religieux.

- Élimination du soutien financier fourni par l’État aux partis et réduction de la durée d'adhésion au parti pour les personnes naturalisées à cinq ans, au lieu de dix ans.

- Contrôle des partis politiques pour s’assurer de leur satisfaction aux exigences et aux obligations stipulées par la loi. Et, en cas de violation de ces obligations, ils pouvaient en être tenus pénalement responsables. Le Comité des Partis aurait ainsi le droit de dissoudre le parti et liquider ses fonds s’il s’est avéré, par des enquêtes judiciaires, que celui-ci se livre à une activité violant l'une des conditions stipulées par la loi.

- C’est au cours de cette étape que le Comité des affaires des partis au Conseil d'État a publié, le 19 février 2011, une décision approuvant la création du Nouveau parti « Al Wasat » et a annulé celle publiée par le précédent Comité des affaires des partis politiques rejetant la création dudit Parti. Jouissant d’une personnalité morale, le parti d’Al Wasat a obtenu le droit d’exercer son activité politique. Au cours de cette période, les deux partis « la Liberté et la Justice » et Al Nour ont été également crées.

Sixièmement :

 La phase postrévolutionnaire du 30 juin 2013 :

-          Le règne des Frères musulmans avait enveloppé l’avenir des partis ainsi que la vie politique en Egypte d’un immense état d’obscurité, de sorte que les forces partisanes ont commencé à sentir le danger de la présence de ce groupe en tête du pouvoir. Les rangs se sont donc unis malgré les différences idéologiques pour se débarrasser du règne de la Confrérie. Et c’est grâce à cette unification que les partis ont réussi à réaliser leur objectif et à renverser ce groupe terroriste hors du pouvoir.

Rôle primordial des partis politiques le 30 juin :

-          Ils ont contribué à exposer les mensonges et la tromperie de la Confrérie terroriste, et ont également révélé ses intentions terroristes malveillantes contre les Égyptiens et ses plans de régner pour toujours. Mais Dieu a sauvé l'Egypte.

-          Avant la révolution du 30 juin, tous les partis, quelles que soient leurs idéologies et leurs orientations, se sont rassemblés pour faire avancer l'intérêt de la nation, que la confrérie considérait comme une poignée de saleté. La révolution du 30 juin a réuni toutes les forces politiques et les partis d’idéologies différentes, car lorsque le danger se rapproche de l’Egypte, que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur, on retrouve une certaine cohésion entre les forces politiques. La période du pouvoir des Frères a été l’une des meilleures périodes où toutes les forces politiques de différentes orientations se sont regroupées et cristallisées en un seul front, le Front de Secours National. Nous avons donc trouvé les partis des Égyptiens libres avec Al Wafd, Al Dostour (la Constitution), Al Mo’tamar (la Conférence), l’Égyptien social-démocrate ainsi que d’autres partis et courants de différentes idéologies.

-          De différents partis ont été successivement créés en Egypte. L’an 2012 a été témoin de la création des partis Al Kenana, Al Dostour (la Constitution) et la Forte Egypte. En 2013, ont été également créés les partis de la Révolution Continue, les Protecteurs de la Patrie et les Chevaliers de l’Egypte. Et en 2014, le Parti démocratique de Sadate, le Parti de l’Avenir de la Patrie ainsi que le Parti du 30 juin en 2015. Jusqu’à l'année 2018, le nombre de partis politiques a atteint 104 partis, officiellement enregistrés au système de l’État et approuvés par le Comité des partis.

Septièmement :

 Le rôle des partis et la Nouvelle République – 2022 :

-          L’Egypte possède une vie partisane ancienne qui a connu un grand essor après la révolution du 30 juin. Les partis égyptiens auront une nouvelle opportunité de s’engager davantage dans un dialogue national inauguré par le président Abdel Fattah Al Sissi, le 26 avril 2022, pour déterminer les priorités de l’action nationale lors de l’étape actuelle, et ce, en partenariat avec tous les courants des jeunes, le fait qui met les partis dans une véritable épreuve exigeant une coordination conjointe entre les forces partisanes efficaces et influentes sur le terrain.

-          La carte des partis égyptiens a complètement différé après la formation des partis qui ont émergé du sein de la révolution du 30 juin, y compris les partis de l’Avenir d’une Patrie, des Protecteurs de la Patrie, du Peuple Républicain et d’autres partis qui sont actuellement en tête de la scène partisane, alors que les anciens partis continuent de lutter entre développement et anéantissement. Parmi les anciens partis qui tentent obstinément de se développer et de se réserver une place sur la carte des partis de la Nouvelle République se trouve le parti d’Al Wafd, tandis que la majorité des autres anciens partis maintiennent leur modèle de travail traditionnel sans développement notable, ce qui a affaibli leur performance politique et sociale dans la rue égyptienne. De plus de 100 partis, il existe seulement environ 20 partis qui sont représentés sous la coupole du Parlement. On dénombre 5 d’entre eux qui ont des organes parlementaires et le nombre de leurs députés est supérieur à 10.  Ceux sont les partis de l’Avenir de la Patrie, les Protecteurs de la Patrie, le Peuple Républicain, Al Wafd et l’Egypte Moderne. Il est devenu donc possible de voir la carte des partis de la Nouvelle République qui dépendra essentiellement de ces partis.

-          Les partis égyptiens sont actuellement dans un test politique important après que le président a dirigé un dialogue national visant à déterminer les priorités de travail au cours de la phase actuelle. Un test contre lequel se mesure la capacité des partis égyptiens à participer efficacement à la prise de décision égyptienne en dehors du cadre traditionnel lié au Parlement, et ce, à travers un nouvel espace de dialogue et de discussion fourni par le président dans l’intérêt du pays. Par conséquent, l’exploitation de cette opportunité par les parties doit être fondée sur l’importance de l’événement, en tenant compte de tous les changements régionaux et internationaux ainsi que des défis internes, afin que nous puissions assister à un dialogue organisé en termes de priorités qui soient cohérentes avec les objectifs de chaque partie et selon ce qui sert l’intérêt du pays.

-          Les partis politiques doivent examiner plusieurs axes sur la liste des priorités avant de procéder à des séances de dialogue, que ce soit au niveau politique, économique, social, culturel ou autre. Or, on peut dire que tout le monde s’accordera sur plusieurs priorités, dont l’importance de l’achèvement de projets nationaux décisifs dans l'histoire de l’Egypte, tel le projet de "Une Vie Décente". Il ne faut pas oublier la poursuite du travail sur les plans de développement et de réforme de l’État dans les domaines de l’économie, de la restructuration administrative, de la sécurité alimentaire et de cybersécurité, et de l’intérêt accordé intensivement à la couverture de la protection sociale et autres outils en vue de parvenir à relever les défis actuels imposés par la réalité. L’Egypte est le cœur du monde et le point géopolitique le plus important sur la carte mondiale. D’où, la priorisation de l’action à l’intérieur de l’Egypte doit être cohérente avec les changements internationaux et les défis internes, Aussi l’épreuve envisagée par les partis est-elle difficile. Toutefois, la qualité de la vie partisane aujourd'hui annonce des résultats positifs attendus des partis de la Nouvelle République.

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